Le nom de Pradier a été donné à une rue et à un square de Genève. Située perpendiculairement à la rue du Mont-Blanc et à la rue des Alpes, la rue Pradier est une petite rue discrète entourée de grandes artères. Le square Pradier est quant à lui entouré des rues Chaponnière, Mont-Blanc, Alpes et Pradier.
Jean-Jacques Pradier est né à Genève en 1790. Il
se fait tôt appeler James Pradier suivant une anglomanie fréquente
à l'époque. Doué pour le dessin, il entre à
l'âge de 14 ans à l'Ecole publique de dessin où il
se familiarise avec les métiers d'art. En 1807, il rejoint à
Paris son frère, le graveur Charles-Simon Pradier. Le jeune James
travaille dans l'atelier du sculpteur Frédéric Lemot avant
d'entrer dans la classe de celui-ci à l'Ecole des beaux-arts.
Il
concourt au Prix de Rome qu'il remporte en 1813 avec le bas-relief Néoptolème
empêche Philoctète de percer Ulysse de ses flèches.
Pensionnaire de l'Académie de France à Rome de 1814 à
1818, il sculpte beaucoup et visite les nombreux musées romains,
si riches en uvres antiques.
Dès 1819, Pradier expose au Salon du Louvre où se tient
chaque année une grande exposition présentant de jeunes
artistes.
Ami d'Alfred de Musset, Victor Hugo et Théophile Gautier, Pradier
fréquente le Tout-Paris qui se presse dans son atelier. En 1825,
il débute une liaison avec Juliette Drouet dont il aura une fille,
Claire. Leur liaison se termine en 1833 lorsque Juliette Drouet s'éprend
de Victor Hugo.La même année, Pradier épouse Louise
Darcet dont il aura trois enfants. Ils divorceront en 1844.
En 1827, James Pradier est nommé membre de l'Académie des
beaux-arts et professeur de sculpture à l'Ecole des beaux-arts.
A Paris, le gouvernement français lui confie la réalisation
d'uvres monumentales comme le décor de l'Arc de Triomphe
(1829 et 1834), de la Chambre des députés (1832), de l'église
de la Madeleine (1836), de la place de la Concorde (1838), du Palais du
Luxembourg (1841), de la Fontaine Molière (1841-1844) et du tombeau
de Napoléon (1843-1852).
Le
sculpteur genevois réalisera aussi des monuments funéraires,
bustes de souverains français, ainsi qu'une Vierge pour la cathédrale
d'Avignon (1838), un Saint-Louis à Aigues-Mortes et le décor
de la fontaine de l'Esplanade à Nîmes (1851).
Artiste reconnu à Paris où il est considéré
comme le plus grand sculpteur de son temps, James Pradier n'en conserve
pas moins des liens étroits avec sa ville natale. La Société
des Arts lui commande les bustes de Rousseau (1821), du botaniste Charles
Bonet (1822), du physicien Marc-Auguste Pictet et du général
Simon Rath (1825). En 1830, Pradier reçoit la commande de la statue
en bronze de Jean-Jacques Rousseau sur l'Ile des Barques (aujourd'hui
Ile Rousseau) qui sera inaugurée en 1835. C'est son uvre
majeure à Genève. On ajoutera également la réalisation
du buste du botaniste Augustin-Pyramus de Candolle (1845) et d'autres
portraits tel celui du général Guillaume-Henri Dufour (1849).
James
Pradier meurt le 4 juin 1852 d'une apoplexie. Le 9 juin, il est inhumé
au cimetière parisien du Père-Lachaise.
Au lendemain de sa mort, les autorités genevoises font l'acquisition
de douze plâtres originaux et d'une centaine de dessins. Cet ensemble
sera complété en 1904 par l'achat de trente-cinq modèles
de statuettes. Des acquisitions postérieures et autres dons font
du Musée d'art et d'histoire de Genève la plus grande collection
publique d'uvres de James Pradier.
Contrairement à la plupart de ses contemporains, Pradier taillait
lui-même ses marbres ou du moins en assurait personnellement la
finition. Sculpteur adulé de son vivant, il tomba cependant dans
l'oubli après sa mort.
Voici ce que Gustave Flaubert disait de lui en 1846: " C'est un grand
artiste, un vrai Grec, le plus ancien de tous les modernes ; un homme
qui ne se préoccupe de rien, ni de la politique, ni du socialisme
et qui, comme le bon ouvrier, les bras retroussés, est là
à faire sa tâche du matin au soir avec l'envie de la bien
faire et l'amour de son art ."
Chancellerie d'Etat
Information
Réalisé avec la précieuse collaboration du Musée d'art et d'histoire de la Ville de Genève