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Ge.ch > Thèmes > Etat > FAO > Archives > 2002 > 04.09.2002

Feuille d'Avis Officielle du 04.09.2002

Retrouvez la version électronique de la FAO sur www.ge-fao.ch.

Jeûne genevois

Dès le XVème siècle, la pratique des jeûnes est en vigueur dans les cantons suisses. " Déjà en 1480 et en 1483, la Diète se préoccupait d'organiser des journées de pénitence et d'action de grâces, mais laissait aux cantons la décision à cet égard : ainsi les " jeûnes " prenaient des formes diverses selon les lieux : pèlerinages, processions, litanies, jeûnes proprement dits " (1).

La plus ancienne vus de Genève par le peintre bernois Nicolas Manuel en 1548. Dessinée pour un ouvrage de géographie universelle, la Cosmographie de Sébastien Münster (Paris, 1572). Photo : Archives d'EtatL'usage de l'époque voulait en effet qu'à chaque événement grave (peste, guerre, famine…) soit consacré un jour extraordinaire de jeûne et de pénitence, sans toutefois l'inscrire officiellement au calendrier. Les cantons protestants de Bâle, Berne et Zurich ont en offert quelques exemples.

Ainsi, les pestes de Bâle en 1541 et de Berne en 1565 et 1577 furent-elles suivies de jours de jeûne. Il en fut de même pour la disette de Zurich en 1577. En faisant pénitence, on témoignait de son humilité envers Dieu et demandait sa clémence.

Il en va de même à Genève où l'origine du Jeûne genevois est souvent rattachée, à tort, à la Saint-Barthélemy. La nouvelle du massacre de plusieurs milliers de huguenots (protestants français) le 23 août 1572 à l'occasion des noces du roi de Navarre est arrivée à Genève par Lyon où des huguenots ont également été massacrés. En signe de solidarité, Genève observe un jeûne extraordinaire le 3 septembre 1572. Il s'agit toutefois d'un jeûne parmi d'autres ; les catastrophes et donc les raisons de jeûner étant malheureusement fort nombreuses à l'époque.

Le premier jeûne connu à Genève date du début du mois d'octobre 1567, à l'occasion d'une répression contre les protestants lyonnais. C'est sans doute à cet événement-là qu'il faut faire remonter l'origine du Jeûne genevois.

Le Temple de Saint-Pierre avant 1750.  P. Escuyer. Collection iconographique, Bibliothèque publique et universitaire, Genève.Dès 1640, le jeûne devient quasiment annuel à l'initiative des cantons réformés. C'est un acte moral et religieux, signe d'humilité et d'affliction face aux malheurs du monde.

La Révolution genevoise de 1792 ne porte pas atteinte au jeûne. Pendant la période française (1798-1813), le jeûne devient une fête patriotique. Il permet l'affirmation de l'identité genevoise et protestante. C'est d'ailleurs à cette époque que s'établit le faux lien avec le massacre de la Saint-Barthélemy.

Cette signification patriotique autant que religieuse du Jeûne genevois perdure durant la première moitié du XIXème siècle, lorsque les communes catholiques sardes et savoyardes rejoignent le territoire genevois.

Le Jeûne fédéral est instauré en 1831 par la Diète fédérale pour l'ensemble des cantons suisses, toutes confessions confondues. Le jeûne est d'abord fixé au 8 septembre puis au troisième dimanche de septembre. Les protestants genevois s'offusquèrent à l'époque contre cette décision œcuménique et décidèrent d'instaurer un Jeûne genevois, certes religieux, mais aussi patriotique.

Entre 1840 et 1869, le Jeûne genevois est officialisé, puis fêté de façon non officielle de 1869 à 1965. Il perd peu à peu sa signification religieuse.

La loi du 8 janvier 1966 déclare férié le jour du Jeûne genevois, plutôt que le 1er mai. Il est célébré le jeudi qui suit le premier dimanche de septembre.

Cette disposition légale réintroduit le Jeûne genevois dans la liste des jours fériés et le laïcise. Le Jeûne genevois est désormais, pour la plupart des Genevois, l'occasion de profiter des derniers rayons de soleil de l'été.

Chancellerie d'Etat
Information

(1) SANTSCHI Catherine, La mémoire des Suisses. Histoire des fêtes nationales du XIIIe au XXe siècle, Association de l'Encyclopédie de Genève, Genève, 1991, p. 43.


Sources :
  • FATIO Olivier, " Le Jeûne genevois, réalité et mythe " in BSHAG, t.14, 1971, p. 391-425.
  • CHAIX Benjamin, " Jeûne genevois. Souvenir et tarte aux fruits " in Tribune de Genève,
    5 septembre 2001.
  • SANTSCHI Catherine, La mémoire des Suisses. Histoire des fêtes nationales du XIIIe au XXe siècle, Association de l'Encyclopédie de Genève, Genève, 1991.