
Le Département de l'instruction publique (DIP) a annoncé à la rentrée 2006 la création d'un réseau d'enseignement prioritaire (REP) pour encourager la qualité des écoles dans les quartiers populaires. Un projet pilote a été ainsi lancé à l'école primaire des Tattes/Gros-Chêne à Onex. A la rentrée 2011, dix-sept établissements scolaires font partie du REP.
«Les établissements sont volontaires, les équipes s'engagent sur la base de critères qu'elles remplissent et sous certaines conditions. C'est un point important. La logique d'une adhésion est primordiale pour la réussite de l'opération», a souligné, dès la création du REP, Charles Beer, conseiller d'Etat en charge du DIP.
Alors que Genève s'engage avec détermination vers l'harmonisation du système scolaire romand et suisse, la situation socio-économique cantonale est particulière. La population genevoise présente ainsi les caractéristiques d'une grande métropole avec notamment une forte croissance démographique et une augmentation des richesses, mais aussi un taux de chômage élevé et une progression du nombre de personnes recevant une assistance sociale.
Le REP fait partie intégrante de la réorganisation de l'enseignement primaire, tant par une allocation différenciée des moyens que par la révision de la gestion des établissements scolaires, le tout dans le cadre des 13 priorités présentées en janvier 2005 par le conseiller d'Etat, Charles Beer.
La création du REP vise à favoriser l'égalité des chances en matière de réussite scolaire partout dans le canton. De multiples études dans de nombreux pays occidentaux ont en effet mis en évidence une corrélation entre les résultats des élèves et l'environnement socio-économique. Le REP a pour but de donner de nouveaux moyens aux écoles pour que tous les élèves acquièrent les savoirs indispensables à leur vie future quel que soit leur milieu socio-économique.
Deux critères sont déterminants pour qu'une école puisse entrer dans le REP
Actuellement dix-sept établissements remplissent ces conditions. En 2006, un projet pilote a été lancé à l'école primaire des Tattes/Gros-Chêne à Onex. En 2007, le REP comptait un total de 7 établissements scolaires avec - en plus des Tattes/Gros-Chêne - Pâquis-Centre, Cité-Jonction et Plantaporrêts, Palettes et Bachet, Libellules, Châtelaine ainsi que de Meyrin-Bellavista. En 2008, les établissements suivant ont intégré le REP: Allobroges, Europe et Hugo-de-Senger en Ville de Genève, Promenades et Val d'Arve à Carouge, Avanchet-Salève, Le Lignon et Balexert (qui a rejoint l'école de Châtelaine pour former un établissement) à Vernier. A la rentrée 2009, l'établissement Livron-Golette à Meyrin a rejoint le REP. En 2010, deux établissements de plus sont entrés dans le REP à Vernier: Ranches 2 - Ranches 1 Village - Ranches 1 et Vernier Place - Poussy
Les expériences à l'étranger, et notamment en France, ont mis en évidence trois points essentiels à la réussite de tels projets:
Le lien avec les familles est déterminant dans le REP. Les enseignantes et enseignants organisent des rencontres avec les parents pour leur montrer les matières que leurs enfants travaillent et les objectifs qu'ils doivent atteindre. L'équipe indique ce qu'il est possible de faire dans une famille pour permettre à un enfant de mieux apprendre. En résumé, il s'agit d'expliquer le rôle et les objectifs de l'école ainsi que ses règles de fonctionnement.
Les actions conduites dans le cadre du REP se déclinent selon trois axes principaux:
La directrice ou le directeur est garant du bon fonctionnement de son établissement. Il ou elle assure la conduite du projet d'établissement en collaboration avec l'équipe enseignante et organise les moyens à disposition dans ce sens. La direction organise par exemple des études surveillées en fonction des besoins des élèves de la 1ère à la 6ème primaire. La directrice ou le directeur entretient par ailleurs des liens privilégiés avec la commune. Il ou elle préside le conseil d'établissement qui regroupe les enseignant-e-s, les parents ainsi que les partenaires de la commune et du Groupement intercommunal pour l'animation parascolaire (GIAP).
L'éducatrice ou l'éducateur social mène à bien deux missions principales:
Le nombre d'élèves par classe est plus faible au sein du REP que dans le reste des écoles genevoises. La moyenne d'élèves par classe est de 18,2 dans le REP et de 20,3 en moyenne dans l'ensemble du canton. En termes de taux d'encadrement, il existe en moyenne un poste d'enseignant pour 15 élèves dans le REP, alors que le taux moyen cantonal est d'un enseignant pour 17 élèves.
Le Service de la recherche en éducation (SRED) a publié trois rapports d'évaluation du REP entre juillet 2007 et novembre 2008:
L'étude publiée en novembre 2008 confirme que si les caractéristiques scolaires et sociales des élèves exercent bien une influence sur leurs performances à l'école, elles ne les déterminent que partiellement. Il reste donc une marge importante pour d'autres facteurs pour influencer la réussite scolaire des élèves, comme par exemple l'action des enseignants ou les interactions en classe.