Depuis la rentrée 2007, des élèves de 1ère, 2e, 3e et 4e primaire (4 à 8 ans) participent à l'opération «Sacs d'histoires». Ils et elles ont ainsi la possibilité de lire ou d'écouter, chez eux et avec leurs parents, une histoire en français et dans les langues de la famille. Objectifs: faire aimer les livres aux enfants et ainsi renforcer leur motivation à savoir les lire.


A tour de rôle, pendant 3 ou 4 jours, les élèves des classes concernées amènent à la maison un sac qui contient:
En savoir plus: Le contenu des sacs d'histoires sous la loupe
«Les enfants ont besoin de sentir qu'ils sont soutenus à la maison, que les parents s'intéressent à ce qu'ils font à l'école. Le Sac d'histoires est un bon moyen de faire le lien entre la famille et l'école. L'enfant et ses parents font quelque chose ensemble à la maison qui vient de l'école», témoigne une enseignante dans le film consacré aux «Sacs d'histoires».
«En enrichissant la langue maternelle, les élèves enrichissent aussi le français», souligne une autre enseignante. Lorsqu'un enfant et sa famille sentent que leur langue première est reconnue, l'enfant a plus d'intérêt pour le français et ses parents se sentent plus proches de l'école. En comparant les langues, en faisant des aller et retour entre la langue familiale et le français, les élèves, avec leurs parents, s'habituent à réfléchir aux différences entre les langues et à s'appuyer sur les ressemblances.

Les enfants s'engagent plus facilement dans l'apprentissage de la lecture quand ils ont des modèles de lecteurs, quand ils rencontrent des adultes qui, parfois, ne savent pas lire - dans leur langue maternelle ou dans la langue du pays d'accueil - mais qui s'intéressent à ce que l'écrit peut leur apporter.
Le projet Sac d'histoires est préalablement expliqué aux parents, par exemple lors de la réunion de rentrée ou au cours d'une soirée spéciale. Les parents peuvent revenir à l'école pour préparer les jeux et surprises des nouveaux sacs. Ils peuvent également compléter les enregistrements et traductions des histoires.
Les enseignant-e-s de Cours de langue et de culture d'origine (ELCO) participent activement au projet. Certains traduisent les livres et enregistrent les textes dans leur langue. Certains vont également raconter dans les classes les livres des sacs, offrant aux enfants la possibilité d'entendre d'autres sonorités et de construire le sens de l'histoire en utilisant tous les indices, linguistiques ou non.
Les Sacs d'histoires passent dans les familles une fois par trimestre. Pour entretenir et développer ses objectifs, d'autres activités sont prévues:
Dans le sac que les élèves emportent chez eux à tour de rôle, le livre bilingue constitue l'élément central. Chacune et chacun reçoit en principe celui qui correspond à la langue parlée en famille. Les enfants monolingues ont la possibilité de découvrir le livre bilingue de leur choix.
Le CD, avec l'histoire du livre enregistrée en 8 langues et en français, permet à toutes et à tous de découvrir d'autres sonorités, des mots qui se répètent ou se ressemblent, etc. Des enseignant-e-s exploitent l'enregistrement en allemand pour sensibiliser les élèves à cette langue avant qu'ils ne l'apprennent quelques années plus tard.

Le jeu complète le Sac d'histoires en permettant à toute la famille de se réunir autour d'une activité ludique en lien avec le livre. «Tous les parents n'ont pas l'habitude de jouer avec leurs enfants et n'ont pas saisi l'importance du jeu dans le développement intellectuel», relève une enseignante.
Pour chaque livre, 6 à 8 mots -clefs de l'histoire sont présentés avec leur illustration sur une fiche: le glossaire. La légende est écrite en français sous chacune d'elles. Une ligne supplémentaire permet aux parents de les traduire dans leur langue. Les glossaires sont affichés au mur de la classe ou des couloirs, témoignant de la diversité linguistique des élèves grâce à l'apport de leurs parents.
En classe, les élèves observent les caractéristiques des langues: sens de l'écriture, utilisation de l'alphabet latin, d'un autre alphabet ou système d'écriture, présence ou pas de déterminants, accents particuliers, mots qui se ressemblent, etc.
La surprise (peluche, objet ou jouet spécifique) toujours en lien avec l'histoire est cachée dans un petit sac de tissu. Elle accentue l'intérêt pour le Sac d'histoires. Elle passe, comme un objet transitionnel, de l'école à la maison et de la maison à l'école. Les élèves ont reçu la consigne de ne pas la révéler. Elle doit être une surprise pour toutes et pour tous. Les élèves apprennent à ménager le plaisir de l'autre.