Le test de vote par Internet réalisé du 3 au 21 décembre à la demande de la Chancellerie d'Etat a montré un fort désir de voir ce mode de scrutin introduit à Genève. La convivialité de l'interface, qui était au centre du test, a été jugée bonne et son maniement simple. Genève a été choisie par la Confédération pour une expérience de vote par Internet, dans la perspective de son introduction au plan national, à titre de possibilité supplémentaire aux modalités actuelles, vote par correspondance et bureau de vote. L'analyse détaillée du test sera disponible en mars 2002.
Quelque 500 personnes venues renouveler leurs documents d'identité au Service des passeports, et à ce titre représentatives des citoyens genevois, ont accepté de se prêter au test de vote par Internet et de répondre aux questions posées par des enquêteurs placés sous la responsabilité du Centre d'études et de documentation sur la démocratie directe (C2D) de la Faculté de droit de l'université, mandaté par la Chancellerie pour conduire ce test. Seuls les utilisateurs d'Internet ont été retenus pour composer l'échantillon. Les résultats préliminaires du dépouillement des questionnaires standardisés seront connus en janvier 2002 déjà, et l'analyse détaillée de ce corpus sera disponible en mars.
Une première tendance fait cependant apparaître que l'introduction du vote par Internet correspond à une attente et à un désir du public. La grande majorité des utilisateurs d'Internet est très favorable ou plutôt favorable à l'introduction du vote électronique, avant d'avoir testé le système. Après l'avoir testé, on constate un renforcement significatif d'opinions très favorables envers le vote électronique. L'interface a été jugé facile et clair.
La majorité des personnes participant au test a exprimé le souhait que le site Internet sur lequel s'effectuera le vote possède des hyperliens conduisant aux sites des partis politiques et des pouvoirs publics. En outre, une majorité des sondés désire l'instauration de forums de discussion et de possibilités de contacter les autorités et de dialoguer avec elles, notamment par courrier électronique.
Cette demande accrue de mise à disposition d'informations relatives à la vie publique est importante en ce sens qu'elle indique que, outre une éventuelle hausse quantitative de la participation, le vote par Internet pourrait aussi accroître la qualité de la participation électorale. Cette demande va dans le sens d'un élargissement de l'espace public, en l'étendant à Internet, qui acquerrait ainsi une dimension de forum public. Après le forum romain, après la Landsgemeinde, les internautes qui ont testé le vote en ligne souhaitent un forum virtuel.
Par ailleurs, la Chancellerie d'Etat mettra
demain en ligne, à l'adresse Internet www.ge.ch/evoting,
un rapport du C2D intitulé "Voter
par Internet ? Le projet e-voting dans le canton de Genève
dans une perspective socio-politique et juridique". Ce rapport, commandé par la chancellerie, examine
la faisabilité juridique et la désirabilité
sociale du vote par Internet.