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Feuille d'Avis Officielle du 11.07.2001

Version allemande

Genève, son histoire et ses institutions
La FAO innove avec une série spéciale

En cette année 2001, la Feuille d'Avis Officielle innove durant la période estivale. La Chancellerie d'Etat vous propose une série spéciale consacrée aux institutions genevoises.

Notre objectif est de donner aux lectrices et lecteurs l'occasion de redécouvrir quelques éléments marquants de l'histoire des institutions de notre canton.

Quoi de plus naturel que de rappeler la genèse et le fonctionnement des institutions démocratiques genevoises en cette année qui verra se dérouler à l'automne les élections au Grand Conseil d'une part, au Conseil d'Etat d'autre part.

Chaque citoyen a un rôle actif à jouer dans une démocratie. En remplissant son devoir électoral, il participe à la bonne marche des affaires publiques. Si le vote est un droit démocratique qui peut sembler aujourd'hui banal et allant de soi, le suffrage universel n'a été introduit à Genève que tardivement, en 1847. Conquête récente, la démocratie est un bien précieux qui requiert un soin constant.

La Tour Baudet.

Genève, c'est aussi et surtout un canton au service de la communauté internationale dont lavocationremonte à la création en 1830 de la Société Universelle de la Paix, qui fut la première organisation internationale de l'histoire du monde. Ce sera ensuite lacréation de la Croix-Rouge, en 1863, suivie un an plus tard de la signature de la première convention de Genève, puis la tenue du Tribunal arbitral de l'Alabama qui, en 1872, trancha un important litige opposant la Grande-Bretagne aux Etats-Unis, affirmant ainsi de manière éclatante la primauté du droit sur la force dans les relations internationales. Enfin, avec l'implantation du siège européen des Nations Unies, Genève perpétue sa vocation de carrefour de la diplomatie multilatérale mondiale, consacrant ainsi le rayonnement de la cité et du canton.

Ainsi, pour la population genevoise et nos hôtes étrangers, connaître le passé permet de mieux appréhender le présent. La riche histoire genevoise nous offre en effet de nombreux enseignements.

Ainsi que l'a rappelé Louis Binz dans sa Brève histoire de Genève, publiée par la Chancellerie : "Les découvertes archéologiques prouvent la prospérité de Genève durant la longue paix qui règne de l'Empire romain jusqu'à la fin du IIIème siècle après Jésus-Christ. Des ports à la Fusterie et à Longemalle servent au transit des marchandises. La ville dépasse les limites du bourg allobroge ; dans ces temps tranquilles, les villes n'ont pas besoin de fortifications. Le centre administratif était la Cour Saint-Pierre. Il y restera un millénaire et demi. Le palais burgonde, puis celui de l'évêque, seigneur de Genève au Moyen-Âge, succéderont aux bureaux romains. " (p.4)

La Tour Baudet que l'on rencontre en haut de la rampe de la Treille, est l'un des plus anciens monuments de Genève. Elle abrite notamment la Salle du Conseil d'Etat où siège encore le gouvernement cantonal de nos jours.Les premiers textes que nous avons choisis de vous présenter au cours des semaines à venir sont consacrés à l'histoire genevoise, de l'époque romaine à nos jours. Nous verrons comment la Genève romaine a vécu, sous les royaumes Burgonde et Franc, puis sous la présence des évêques durant près de cinq siècles.
Ensuite comment Genève a acquis une aura internationale grâce à La Réforme au XVIème siècle. Devenue une République indépendante, Genève fut ensuite soumise à la convoitise des Ducs de Savoie. Nous connaissons tous l'épisode célèbre de la nuit de l'Escalade. En 1602, c'est la diversité multiculturelle de Genève qui a fait sa richesse, ceux qui ont donné leur vie pour notre cité étant originaires d'endroits aussi divers que Turin, Messine, Dijon, Lille et Septmoncel.
La marche vers la démocratie s'accélère au XVIIIème siècle avec une succession de troubles sociaux générés par l'aspiration d'une partie de la population genevoise à pouvoir participer plus activement à la " chose publique ". L'affaire Rousseau est restée un exemple célèbre de cette période. Genève a su, au cours des siècles, gagner sa liberté et protéger ses institutions. C'est d'ailleurs Rousseau qui constatait : " La liberté est un bon suc, mais de forte digestion ; il faut des estomacs bien sains pour le digérer. " (Jean-Jacques Rousseau, Considérations sur le gouvernement de Pologne, édition originale posthume publiée en 1782)

La démocratie actuelle prend forme en 1847 avec une nouvelle constitution, initiée par James Fazy, qui marque la réalisation des principes démocratiques fondamentaux que sont la souveraineté populaire et la stricte séparation des pouvoirs et établit les institutions politiques que nous connaissons aujourd'hui.
" La mise à mort du régime conservateur s'opéra en deux phases. En novembre 1841, une émeute tumultueuse autour de l'Hôtel de Ville a pour conséquence l'agonie du régime instauré en 1814 et l'élection d'une assemblée constituante. La constitution de 1842 adopte le suffrage universel masculin, rétablissant, dira Fazy, " la souveraineté du peuple ", et réalise des réformes substantielles ". (Louis Binz, Brève histoire de Genève, 2000, p.56)

La seconde série de textes concerne plus précisément l'histoire des institutions actuelles: le pouvoir exécutif (Conseil d'Etat), législatif (Grand Conseil) et judiciaire.

Cette série se terminera par un survol des différents départements de l'administration cantonale.

Ces textes n'ont aucune prétention de nature scientifique, leur objectif étant de susciter l'intérêt d'un large public. Je souhaite que cette opération permette de répondre à certaines interrogations. En souhaitant que cette série d'été vous satisfasse, je vous souhaite une bonne lecture !

Robert Hensler
Chancelier d'Etat

Cette série n'aurait jamais pu voir le jour sans l'aimable collaboration des Archives d'Etat et, en particulier, de Madame Catherine Santschi, archiviste d'Etat.


Bibliographie :
  • BINZ Louis, Brève histoire de Genève, Chancellerie d'Etat, 3ème édition, Genève 2000, p.4 et p. 56