A
l'heure des balades dans les rues, le long des quais, des pauses sur les
terrasses des bistrots genevois, des concerts dans les parcs, la Chancellerie
d'Etat vous propose à nouveau une flânerie, sans prétention
de nature scientifique, à la découverte de Genevois grappillés
sur les plaques des rues. Des personnes qui ont contribué, dans
leur domaine, à façonner ou à faire rayonner l'Esprit
de Genève.
Afin d'obtenir un bon équilibre avec les " découvertes " de l'an dernier, la série 2003 renoue avec les grands classiques, de Jean Calvin à Ernest Ansermet en passant par Jean-Jacques Rousseau, Henry Dunant, Rodolphe Toepffer et Emile Jaques-Dalcroze.
Mais une chose est sûre, tout le monde n'a pas droit à son nom sur une plaque. Encore faut-il avoir joué un rôle dans la cité et avoir été désigné par le Conseil d'Etat sur proposition de la commune intéressée et préavis de la commission cantonale de nomenclature.
En
nous suivant FAO après FAO et surtout nom après nom, avez-vous
noté un trait d'union inhabituel sur les fameuses plaques ? Particularité
genevoise ? Peut-être. Paris ne l'a pas utilisé pour le nom
de ses rues.
Le fait est qu'il été adopté par la Commission de
nomenclature et qu'il est soumis, ce petit trait d'union, à des
règles bien précises. Mais ne vous perdez pas en route,
l'explication de son utilisation arrive : le trait d'union lie un nom
composé, comme pour le chemin de la Vieille-Bâtie ou le rue
de l'Hôtel-de-Ville, siège de la Chancellerie, avec majuscule
ou minuscule, selon la nature du mot. Quant aux noms des personnes que
vous rencontrerez au fil de vos lectures estivales, ils sont toujours
écrits comme suit : Henry-DUNANT, soit prénom en minuscules
et nom de famille en majuscules.
Et puis, d'Emilie-Gourd à Jaques-Dalcroze, vous verrez que ces
plaques se ressemblent et vous feront voir la ville en bleu
marine.
A cause d'une règle incontournable ! Les plaques sur lesquelles
sont inscrits les fameux noms doivent être en fonte d'aluminium,
sur fond bleu ultramarin. La dimension pour une ligne est de 170 x 500
mm. Les lettres, d'une épaisseur de 5 mm, sont en aluminium naturel.
Quant au modèle rencontré en Ville de Genève - tôle
bombée avec lettre blanche et caractère égyptien
gras en négatif - il est accepté
à titre transitoire.
Pour en savoir plus, cliquez sur http://www.ge.ch/legislation/rsg/f/rsg_l1_10p06.html,
et consultez le texte suivant : L 1 10.06°: Règlement sur la
désignation des artères et la numérotation des bâtiments.
La série de l'an dernier avait permis de connaître la destinée de Charles Pictet de Rochemont (1755-1824, homme politique et diplomate), Jean-Jacques de Sellon (1782-1839, philanthrope, pacifiste et homme politique), James Pradier (1790-1852, sculpteur), James Fazy (1794-1878, homme politique), Carl Vogt (1817-1895, scientifique, recteur de l'Université et homme politique), Gustave Ador (1845-1928, homme politique et président du Comité international de la Croix-Rouge), Robert de Traz (1884-1951, homme de lettres).
Cette série avait également fait découvrir les rares
femmes, six au total, à avoir prêté leur nom à
une rue: la Mère Royaume, Amélie Munier-Romilly (1788-1875,
dessinatrice et portraitiste) Marguerite Champendal (1870-1928, doctoresse
et fondatrice du Bon Secours), Isabelle Eberhardt (1877-1904, reporter
et voyageuse), Emilie Gourd (1879-1946, féministe et journaliste),
Emma Kammacher (1904-1981, avocate, première présidente
du Grand Conseil).
Vous retrouverez les personnages de l'an dernier, et ceux de la série de l'été 2003, dans un tiré à part** au printemps 2004. Si vous ne pouvez attendre cette brochure, vous trouvez les personnalités précitées sur le site de l'Etat : www.geneve.ch/fao/welcome.asp
Pour ma part, je vous souhaite une agréable lecture et de belles promenades, le nez au vent et un exemplaire de la FAO sous le bras !
Robert Hensler* In Claude Reichler, Roland Ruffieux : le Voyage en Suisse, Bouquins,
Robert Laffont, 1998.
**Le tiré à part de l'été 2001 : " Genève,
son histoire et ses institutions " est en vente au Centre d'information,
de documentation et de publications (CIDP) de la Chancellerie d'Etat,
2 rue de l'Hôtel-de-Ville, au prix de 10 francs.