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Feuille d'Avis Officielle du 24.10.2003

Lutter contre le stress au travail

Le 26 septembre dernier, plus de 250 personnes représentatives du monde du travail étaient réunies au Bureau International du Travail (BIT) pour une Journée d'échanges sur le thème "Stress et travail" organisée par le département de l'économie, de l'emploi et des affaires extérieures (DEEE), le département de l'action sociale et de la santé (DASS) et l'Organisation Internationale du Travail (OIT).

Messieurs Pierre-François Unger, conseiller d'Etat, en charge du département de l'action sociale et de la santé (à gauche), et David Gold, coordinateur du projet SOLVE (programme santé-travail du BIT), lors de la journée d'échanges du 26 septembre 2003 au BIT. Photo M. Crozet/ILOL'impact des problèmes psychosociaux dans le monde du travail touche tous les acteurs de l'entreprise : les employeurs, par l'absentéisme et le turn-over du personnel, les travailleurs, à travers les atteintes à leur santé. Tout le monde s'accorde pour attribuer au travail un rôle majeur dans la construction et le maintien de la santé et de la santé mentale en particulier. Il est donc pertinent de faire du lieu du travail non seulement un espace protégé contre les accidents et maladies professionnels, mais aussi un espace de promotion de la santé.

Les coûts financiers du stress au travail se répercutent sur les entreprises, les travailleurs, les assurés et la société en général. Ces coûts ont fait l'objet, en 1998, d'une étude mandatée par le Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco). Ce phénomène était appréhendé à la fois dans sa dimension subjective et celle liée à l'organisation du travail (charge de travail, latitude de décision et soutien professionnel). Les coûts du stress ont été estimés pour la Suisse à 4,2 milliards de francs, soit 1,2% du PIB, comprenant les frais médicaux, les frais d'automédication ainsi que les frais liés aux absences et pertes de production.

Les interventions sur l'organisation du travail dans les entreprises ont fait la preuve de leur efficacité pour protéger la santé et le bien-être des collaborateurs. Une abondante littérature montre l'efficacité de ces approches centrées sur l'organisation du travail. A contrario, les approches individualisées de " gestion du stress " n'ont pas fait preuve de ce même niveau d'efficacité. La traduction individuelle de ce problème collectif (aider le travailleur à s'adapter à une certaine organisation du travail génératrice de stress plutôt qu'à améliorer cette organisation) en faisant porter la responsabilité des problèmes, tels que l'alcoolisme, le tabagisme et la violence, aux seuls individus, est beaucoup moins efficace qu'une approche managériale intégrée qui va aux véritables causes du problème.

"En plus de sa mission de contrôle, l'Office cantonal de l'inspection et des relations du travail développe une politique active de sensibilisation, de formation et de promotion de la santé" a déclaré Monsieur Carlo Lamprecht, conseiller d'Etat, en charge du département de l'économie, de l'emploi et des affaires extérieures. Photo M. Crozet/ILOL'OIT, avec son rôle moteur dans le domaine de la santé et de la sécurité au travail, occupe une position unique pour développer et appuyer des activités qui traduisent les concepts en politiques et celles-ci en mesures pratiques au niveau des pays et des entreprises. L'un des objectifs du programme SafeWork de l'OIT consiste à développer les capacités nationales, celles des entreprises et des institutions, afin de réduire l'impact négatif des problèmes psychosociaux au travail. Grâce à des conditions de travail améliorées, les travailleurs sont en meilleure santé, ont plus de motivation et les employeurs voient la productivité s'améliorer.

En Suisse, les inspections cantonales du travail ont pour mission la surveillance de l'application des dispositions de protection des travailleurs prévues par la loi fédérale sur le travail (LTr) et la loi sur l'assurance-accidents (LAA). L'employeur a le devoir de protéger la santé physique et psychique des travailleurs. L'ordonnance 3 de la LTr contient depuis 1993 des dispositions relatives à l'organisation du travail. A Genève, l'Office cantonal de l'inspection et des relations du travail (DEEE) assure un important travail auprès des entreprises.

A Genève, le projet Stress et Travail de la direction générale de la santé du DASS est un des axes forts de la politique de santé mentale. Initié en 1999 et mis en œuvre pour le compte du DASS par l'association Actions en Santé Publique (ASP), ce projet a pour objectif d'aider des entreprises à analyser les relations entre leur organisation du travail et la santé de leurs collaborateurs afin d'engager des processus de changement favorables à la promotion de la santé. Trois des entreprises privées et publiques genevoises qui ont adhéré à ce projet (la Fondation des services d'aide et de soins à domicile, les Transports Publics Genevois et le Centre d'impression d'Edipresse), ont accepté de partager leur expérience lors de cette journée.

Le colloque du 26 septembre, fruit d'une étroite collaboration entre l'OIT, le DEEE et le DASS, a confirmé que la réponse à la problématique du stress au travail doit être globale, systémique et paritaire, et adaptée aux caractéristiques, à la culture et à la demande de l'entreprise. Ainsi, l'entreprise devient promotrice de santé.

Département de l'économie, de l'emploi et des affaires extérieures
Département de l'action sociale et de la santé