Promenades genevoises au fil de l'eau
A
l’origine, la plaine de la Seymaz était constituée
de vastes étendues marécageuses, particulièrement
riches quant à la flore et à la faune. Dès la fin
du 19ème siècle, ces marais ont été asséchés
pour gagner en terres cultivables. Cette conquête, décisive
pour une population cherchant à assurer sa subsistance, n’en
a pas moins été désastreuse sur le plan écologique.
Canalisés, emprisonnés dans une gangue de béton ou enterrés par endroits, la Seymaz et ses affluents ont subi un net appauvrissement au niveau écologique. Ainsi corsetée et en l’absence des marais d’antan, qui faisaient office de régulateurs de son débit, la Seymaz a donné lieu à d’importantes crues, allant jusqu’à inonder les zones urbanisées de Chêne-Bourg, Chêne-Bougeries et Villette.
Une rivière est un milieu vivant et dynamique, fragile aussi, qui
a besoin d’espace et de berges naturelles pour développer
une flore et une faune riches et diversifiées.
Depuis plusieurs années, la Seymaz fait l’objet d’un important projet de renaturation dont l’objectif principal est de rendre à la rivière un environnement plus naturel. S’appuyant sur deux lois votées par le Grand Conseil en 1998 et en 2002, de nombreux travaux ont été entrepris : la source du cours d’eau, à Rouëlbeau, a été remise à ciel ouvert, plus d'espace a été donné à la rivière dans sa traversée urbaine afin d'éviter les inondations (avenue Mirany) et une zone inondable a été recréée au niveau de la Haute Seymaz, sur le site des anciens marais.
Le promeneur peut déjà constater le fruit de ces aménagements : les zones humides accueillent une grande diversité d’espèces d’oiseaux et constituent désormais un site d’importance nationale pour les oiseaux migrateurs tels les cigognes, chevaliers combattants, barges et autres busards, qui y font escale durant l’hiver. En dépit d’une qualité d’eau plutôt mauvaise, la Seymaz héberge également une importante variété de poissons, surtout dans sa partie aval non canalisée. C’est notamment le seul cours d’eau genevois où l’on peut encore apercevoir le spirlin. Enfin, plusieurs variétés de libellules, dont certaines en voie de disparition, ont pris leur essor depuis les travaux de renaturation.
Le cours de la Seymaz peut être parcouru sur toute sa longueur.
Il offre des possibilités de promenades très agréables,
sans difficultés et aisément accessibles par les transports
publics ou privés. En partant de Chêne-Bourg, on privilégiera
le bas de son cours, là où la Seymaz est restée la
plus naturelle, pour pénétrer dans un paysage bucolique,
aux proches abords de la ville. A l’opposé, pour une longue
balade dans la campagne genevoise, le point de départ se situe
à Chevrier, à côté du village de Choulex. Le
chemin qui longe la rivière, ici encore canalisée, permet
de découvrir les zones inondables et de se livrer à l’observation
ornithologique. La promenade dans ce secteur offre en outre, par ciel
dégagé, un panorama magnifique: ce sont en effet le massif
du Mont-Blanc, le Salève et les Voirons qui lui servent de toile
de fond.
Chancellerie d'Etat
En collaboration avec le Service du programme de renaturation des cours
d'eau et des rives