
Arve,
Drize, Aire ou Rhône ont certes des liens de parenté et partagent
parfois le même lit, il n’empêche que chaque cours d’eau
a sa personnalité propre, tantôt féminine, tantôt
masculine, avec des eaux glaciaires, torrentielles ou calmes…
Quel plaisir de voir défiler, Une après Une, des noms évocateurs de mondes étranges, comme le Nant-de-la-Folle, une des appellations de l’Aire avant qu’elle n’arrive en territoire genevois. D’apprendre au détour d’un bras de rivière qu’Hermance eut une source d’eau minérale, de découvrir de remarquables maisons rurales des XVIIème et XVIIIème siècles, des « villes neuves » créées entre le XIIIème et le XIVème siècle ou des animaux que l’on imagine vivre sous des cieux plus exotiques: les crapaud accoucheurs, lézards verts… sans oublier les castors, les muscardins, les cormorans de passage, les blaireaux ou les fameux sangliers, ma foi un peu trop nombreux dans le canton !
Un
tel voyage estival nous invite à prendre conscience des beautés
de la nature genevoise mais également de sa fragilité. Cette
nature si précieuse a certes été malmenée:
elle a subi les contrecoups d'une urbanisation croissante, sans parler
des conséquences de désastres écologiques. Un souci
largement atténué par la découverte des nombreuses
actions déjà entreprises, et encore à entreprendre,
qui vont permettre à ces ruisseaux, nants et rivières de
continuer à se presser ou à se prélasser dans nos
terres genevoises.
N’étant
pas du genre pessimiste, je ne désire pas conclure cette série
estivale sur une note par trop nostalgique. Si la série estivale
et toutes les promenades bucoliques auxquelles nous vous avons conviés
sont terminées, cela ne signifie de loin pas que le temps de la
découverte est révolu.
En effet, le plein été n’est pas forcément la meilleure saison pour découvrir nos cours d’eau, lesquels sont alors en période d’étiage et donc passablement asséchés. Au printemps, la nature se réveille et les premières fleurs s'offrent aux yeux du promeneur. En automne, les couleurs des feuillages sont un véritable feu d'artifice. En hiver, les traces des animaux qui vivent dans ces lieux marquent les rives enneigées des rivières et le randonneur peut y lire comme sur les pages d'un livre. Nous vous souhaitons beaucoup de plaisir et de belles découvertes tout au long de l'année au fil des cours d'eau genevois.
Robert Hensler
Chancelier d'Etat