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Feuille d'Avis Officielle du 03.09.2004

Promenades genevoises au fil de l'eau


La série estivale de la FAO se termine

Fin de la période estivale oblige, nous abandonnons bocages enchanteurs, vieilles bâtisses de rêve, «villes neuves», animaux, plantes rares et autres rencontres furtives pour nous jeter dans le tourbillon de la rentrée automnale. Comme vous, sans doute, j’ai apprécié de cheminer au fil des nants, des ruisseaux, des rivières et des nombreux cours d’eau qui vous ont été présentés dans nos pages durant l’été.

La Versoix. Photo Chancellerie d'EtatMédaillon de Robert Hensler, chancelier d'EtatArve, Drize, Aire ou Rhône ont certes des liens de parenté et partagent parfois le même lit, il n’empêche que chaque cours d’eau a sa personnalité propre, tantôt féminine, tantôt masculine, avec des eaux glaciaires, torrentielles ou calmes…

Quel plaisir de voir défiler, Une après Une, des noms évocateurs de mondes étranges, comme le Nant-de-la-Folle, une des appellations de l’Aire avant qu’elle n’arrive en territoire genevois. D’apprendre au détour d’un bras de rivière qu’Hermance eut une source d’eau minérale, de découvrir de remarquables maisons rurales des XVIIème et XVIIIème siècles, des « villes neuves » créées entre le XIIIème et le XIVème siècle ou des animaux que l’on imagine vivre sous des cieux plus exotiques: les crapaud accoucheurs, lézards verts… sans oublier les castors, les muscardins, les cormorans de passage, les blaireaux ou les fameux sangliers, ma foi un peu trop nombreux dans le canton !

Les Voirons (à gauche) et le Môle. Photo Chancellerie d'EtatUn tel voyage estival nous invite à prendre conscience des beautés de la nature genevoise mais également de sa fragilité. Cette nature si précieuse a certes été malmenée: elle a subi les contrecoups d'une urbanisation croissante, sans parler des conséquences de désastres écologiques. Un souci largement atténué par la découverte des nombreuses actions déjà entreprises, et encore à entreprendre, qui vont permettre à ces ruisseaux, nants et rivières de continuer à se presser ou à se prélasser dans nos terres genevoises.

Le martin-pêcheur vit au bord de plusieurs cours d'eau genevois.N’étant pas du genre pessimiste, je ne désire pas conclure cette série estivale sur une note par trop nostalgique. Si la série estivale et toutes les promenades bucoliques auxquelles nous vous avons conviés sont terminées, cela ne signifie de loin pas que le temps de la découverte est révolu.

En effet, le plein été n’est pas forcément la meilleure saison pour découvrir nos cours d’eau, lesquels sont alors en période d’étiage et donc passablement asséchés. Au printemps, la nature se réveille et les premières fleurs s'offrent aux yeux du promeneur. En automne, les couleurs des feuillages sont un véritable feu d'artifice. En hiver, les traces des animaux qui vivent dans ces lieux marquent les rives enneigées des rivières et le randonneur peut y lire comme sur les pages d'un livre. Nous vous souhaitons beaucoup de plaisir et de belles découvertes tout au long de l'année au fil des cours d'eau genevois.

Robert Hensler
Chancelier d'Etat