Deux étés de suite, des déambulations urbaines le
long des rues ont permis de découvrir des bribes de la vie de personnalités,
célèbres ou moins illustres, qui leur ont donné leur
nom et du même coup de rendre hommage aux rares femmes dont le patronyme
est inscrit en blanc sur fond bleu.
L’an dernier, la FAO a quitté le charme des rues, des quartiers, de la ville qui pulse et les personnages de Calvin, Emilie Gourd, Emile-Jaques Dalcroze, Henri Dunant ou Amélie Munier-Romilly pour vous emmener dans la campagne genevoise à la découverte des 196 nants, canaux, ruisseaux, rivières et autres fleuves qui parcourent le canton, constituant un réseau hydrographique de 300 kilomètres. L’occasion de présenter l’énorme travail de réhabilitation effectué dans le cadre d’une politique environnementale qui dépasse largement les frontières genevoises - la nature et les cours d’eau se souciant à vrai dire assez peu des limites officielles entre les pays - et d’évoquer la faune et la flore alentour.
Cette année, je vous propose de lier la gerbe entre l’homme et la nature puisque la FAO va poursuivre son exploration de la campagne genevoise mais en y incluant la découverte d’une partie de notre patrimoine bâti, les maisons rurales, laiteries, fermes - rénovées ou non - maisons fortes, châteaux, fontaines et autres lavoirs. L’occasion de donner à voir et à savoir tout en ne visant nullement à l’exhaustivité.
Le premier rendez-vous se situe dans la région d’Anières et de Corsier. Les autres itinéraires proposés vous feront ensuite découvrir, notamment, un temple à Jussy, une capite de vigne près de Compesières, une chapelle à Malval, des moulins à Versoix, des fermes et des habitations rurales à Bernex, le village de Dardagny, sans oublier les grands domaines de la région de Vandoeuvres, des parcs avec maisons de maîtres à Pregny-Chambésy et de magnifiques fontaines un peu partout dans le canton. Autant de curiosités et de trésors à dénicher de la Champagne au Mandement, de la rive droite à la rive gauche du lac.
Toutes les beautés que vous allez appréhender avec la FAO ne doivent pas occulter la réalité de celles et ceux qui n’ont pas de toit. Car chaque être humain doit pouvoir en avoir un, il en va de sa dignité et de son intégration dans notre société. C’est une des bases de la pensée de l’Abbé Pierre, ce qui me donne envie de vous parler d’une vieille bâtisse d’Emmaüs qui me tient à cœur. Peinte de jaune, elle évoque la vie, le soleil, la chaleur. Et de chaleur… humaine, les quinze femmes, avec ou sans enfants, accueillies par la communauté d’Emmaüs qui pourront l’habiter dès l’automne en ont bien besoin. En effet, cet ancien dépôt de la quincaillerie Tagini au cœur de Carouge a été rénové grâce à des fonds publics et privés. Les travaux ont débuté au mois d’août 2004 et la maison jaune sera inaugurée le jeudi 29 septembre 2005.
Voilà. Je vous souhaite beaucoup de plaisir au fil de ces balades que vous pouvez effectuer à pied, en vélo, en bus ou autres moyens de transports publics ou privés.
Robert Hensler
Chancelier d’Etat