A la découverte des maisons rurales de la campagne genevoise
Caractéristique de ce parcours : la diversité certaine des paysages. Alors que la vigne est cultivée sur le coteau incliné vers le lac, on découvre ensuite une agriculture traditionnelle, avec des fermes réunissant sous un même toit l’habitation, la grange et l’écurie. A Chevrens et à Anières, plusieurs habitations rurales sont d’origine médiévale - le bourg d’Hermance n’est pas loin…
A Chevrens, le bâtiment le plus remarquable est la laiterie (photo) qui, à l’entrée du village en venant d’Hermance, constitue un témoignage de la vie rurale d’autrefois. Important point de rencontre, la laiterie du village jouait autrefois un rôle social très important, car c’est là que s’échangeaient les informations. Tous les membres de la communauté rurale s’y rencontraient, les uns venant y apporter leur lait, les autres y acheter les produits laitiers.
Bâti au
milieu du 19e siècle, ce petit bâtiment est typique des laiteries
ou fruitières de cette époque: toiture garnie de tuiles
plates, toit à deux pans, prolongé sur la façade
principale par un large avant-toit reposant sur des bras de force en bois,
fenêtres étroites (afin de conserver la fraîcheur à
l’intérieur du bâtiment) et portes rectangulaires,
encadrées de molasse. Dans la paroi nord s’ouvrent près
du sol des petits soupiraux rectangulaires, les « larmiers »,
typiques des fruitières, destinés à assurer le passage
de l’air.
De nombreuses fruitières sont construites entre 1820 et 1860 dans les villages genevois. La fruitière était un bâtiment simple qui comprenait une cuisine où l’on fabriquait le fromage, un laitier pour conserver le lait de la traite du soir, une cave pour affiner le fromage et, parfois, un logement pour le fromager ou « fruitier ». Après 1850, les fruitières sont de plus grande taille. Elles ont été en activité jusque dans les années 1960, période où les Laiteries Réunies de Genève ont commencé à collecter le lait directement en France et en Suisse.
De Chevrens, on arrive au village d’Anières qui abrite plusieurs constructions dont le type est proche de celui des maisons médiévales du bourg d’Hermance. Après avoir flâné à loisir dans le noyau historique du village, on poursuit son chemin en direction de Corsier. A l’entrée du village, l’attention est attirée par les dépendances du château de Corsier - actuellement occupées par un manège - en particulier le portail surmonté de boules de pierre et la façade côté route de l’habitation (photo).
De Corsier,
la promenade se poursuit sur Maisons-Neuves. Rien de particulier à
signaler, si ce n’est que, dans la seconde moitié du 19e
siècle, une ligne de tramway a été construite jusqu’à
Hermance : à cette époque, le village de Corsier a connu
une certaine extension de part et d’autre de la route cantonale
à la hauteur de l’arrêt de Maisons-Neuves. Arrivée
par la route de Bellebouche au domaine du même nom qui s’articule
autour d’une magnifique maison de maître (photo), complétée
au début du 20e siècle par plusieurs dépendances.
Dans Meinier, on passe devant l’ancienne laiterie et l’habitation attenante, à l’architecture modeste. Sur le mur côté nord, on remarque la présence des fentes de ventilation de la cave qui confirment la fonction d’origine du bâtiment.
La partie sud-ouest du village de Meinier est dominée par une imposante maison forte (photo) datant des années 1580, qui a été bâtie sur l’emplacement d’une ferme du 15e siècle. Les fondations de cette dernière ont été découvertes lors de travaux effectués en 1987. Dans la cour, on remarque un puits. Actuellement, la maison de la Tour – c’est son nom - abrite la mairie de Meinier. Juste en face, la terrasse d’un café... Ce sera là le terme de la promenade.
Chancellerie d'Etat
En collaboration avec la Direction du patrimoine et des sites et les Archives
d’Etat
La grande majorité des maisons dont il est question ici sont privées. Nous vous remercions donc de respecter la propriété privée et la tranquillité de leurs habitants tout en vous souhaitant de belles balades.
Pour en savoir plus: