A la découverte des maisons rurales de la campagne genevoise
La région de Compesières, sillonnée de voies historiques agréables à la promenade, a conservé un paysage caractéristique et rare à Genève, dominé par des vergers traditionnels à haute tige et des allées de vieux chênes. C’est là que trouve encore refuge le quart de la population suisse de chouettes chevêches, espèce malheureusement au seuil de l’extinction au niveau national. C’est pour protéger ce riche patrimoine que le réseau agro-environnemental de Compesières a été créé en 2002. Son objectif principal est le maintien et le développement des valeurs paysagères, naturelles et agricoles de la zone rurale des communes de Bardonnex et Plan-les-Ouates (environ huit km2) en tenant compte des besoins de la population résidente. Les principaux partenaires sont les agriculteurs, les deux communes concernées, le canton et diverses associations. Plusieurs actions ont ainsi été menées afin de renouveler et valoriser les vergers traditionnels caractéristiques de cette région.
Il est peut-être bon de rappeler que, jusqu’en 1851, Bardonnex et Plan-les-Ouates étaient réunis dans l’ancienne commune de Compesières ; historiquement, il s’agit de territoires savoyards rattachés à Genève par le traité de Turin en 1816.
A l’entrée
du village, une fontaine couverte composée de deux bassins (photo)
marque le début de la promenade. Située au-dessus de la
route de Saint-Julien, la maison forte d’Arare est l’une des
mieux conservées du canton ; elle a été classée
monument historique en 1957. C’est là que l’on emprunte
la route de Bardonnex, bordée sur 400 mètres environ de
poiriers hautes tiges, route classée à l’inventaire
des voies historiques d’importance nationale.
Arrivé
à Bardonnex, on peut admirer quelques belles maisons rurales, notamment
une ferme isolée qui tente de se protéger de la bise et
du vent par la saillie, sur la façade principale, de ses deux murs-pignons*
(photo). Il s’agit d’une caractéristique que l’on
peut observer à maintes reprises dans la région genevoise.
Remarquables aussi : les encadrements de fenêtres en roche calcaire,
reconnaissable à sa teinte très claire.
Un peu plus loin se trouve un bâtiment datant du 18e siècle récemment rénové qui illustre le type de la ferme du bassin genevois : habitation à l’étage accessible par un escalier droit en pierre, avant-toit porté par des bras de force, encadrements en molasse ou en roche, cour pavée de boulets.
On passe ensuite devant une maison avec un avant-corps et un balcon en bois dont l’architecture rappelle celle de la ville de Carouge, elle-même largement influencée par celle de Turin, ancienne capitale du royaume de Piémont-Sardaigne.
Située non loin de la combe de l’Arande, la maison forte
de Bardonnex. Ses dépendances ont été créées
en plusieurs étapes entre le 18e et le 19e siècle. On peut
remarquer les percements en demi-lune qui, à l’étage,
assuraient la ventilation du fenil (photo). La promenade se poursuit vers
Charrot que traverse la route (photo).
Au milieu du village, une fontaine couverte, légèrement en contrebas de la route, occupe le centre d’une petite place et propose une halte agréable avant de poursuivre en direction de Landecy.
A mi-chemin entre Charrot et Landecy, on passe devant une ferme isolée, typique de la région et couverte de tuiles plates qui ont peut-être été fabriquées à la tuilerie de Bardonnex.
Chancellerie d'Etat
En collaboration avec la Direction du patrimoine et des sites et les Archives
d’Etat
Photos: Chancellerie d’Etat
* Mur-pignon : façade du bâtiment située sous les versants du toit. Le pignon lui-même est la partie supérieure de ce mur, de forme triangulaire. A Genève, les pignons sont la plupart du temps aveugles, du moins jusqu’au 19e siècle. Le pignon se présente généralement face aux vents dominants.
La grande majorité des maisons dont il est question ici sont privées. Nous vous remercions donc de respecter la propriété privée et la tranquillité de leurs habitants tout en vous souhaitant de belles balades.
Pour en savoir plus: