A la découverte des maisons rurales de la campagne genevoise
On ne rencontre pas de demeures bourgeoises genevoises dans cette région. Cette absence s’explique par le rattachement historique de l’ancienne commune de Bernex aux territoires savoyards, jusqu’au traité de Turin de 1816. Par contre, après avoir quitté Bernex et la zone suburbaine, on se promène dans les vignes qui recouvrent les contreforts du Signal de Bernex, avec une vue magnifique sur la plaine de l’Aire et ses cultures maraîchères.
La fontaine couverte de Vuillonnex, discrètement située
au bord de la route qui relie Bernex et Confignon, est composée
de deux bassins et son couvert est fermé côté bise
par un palissage de bois.
De là, on gagne Confignon et son église, classée
monument historique en 1921, qui est installée sur une terrasse
située au-dessus d’une forte rampe. C’est dans la cure
contiguë à l’église que Benoît de Pontverre,
curé de Confignon, accueillit en 1728 le jeune Jean-Jacques Rousseau
en fugue.
Quant à la rampe, elle donne accès au cœur du village et à son église : sa chaussée carrossable est enserrée par de hauts murs de pierre et un escalier offre au piéton un accès direct à une fontaine située en contrebas (photo), en face de la mairie.
A Lully, on passe devant l’ancienne laiterie du village, implantée
en bordure immédiate de la route. Le linteau* de la porte-fenêtre
du premier étage porte la date de 1838. Plus loin, à la
sortie du village, une ferme (photo), construite pour l’essentiel
après 1897, se caractérise par la séparation entre
les bâtiments consacrés à l’exploitation agricole
et ceux réservés à l’habitation. Cette dernière
s’inspire dans une large mesure du modèle de l’habitation
individuelle contemporaine et se prolonge par des jardins clos de murs.
De Lully, on gagne Sézenove, sur la hauteur du coteau. A remarquer,
une ferme datant vraisemblablement du 18e siècle qui a connu des
transformations ultérieures, notamment la création d’un
balcon. Mais surtout, arrêt au carrefour central du village marqué
par la présence d’une croix routière et d’une
fontaine couverte. Cette dernière est constituée de six
bassins – un record cantonal ! – disposés en double
enfilade. Les bassins de roche blanche ont été installés
en 1822, ceux de béton un siècle plus tard, en 1921.
La
croix (photo) est également unique en son genre à Genève
: il s’agit d’un imposant objet de fer, très travaillé,
dressé sur un socle de calcaire blanc. Les croix routières
placées comme à Sézenove à l’entrée
du village permettent d’identifier au premier coup d’œil
les communes réunies catholiques*. La majorité d’entre
elles datent des années 1840 à 1870, quand s’affirment
les revendications des communautés catholiques face au pouvoir
protestant. Dans la région de Bernex et de Confignon, leur nombre
et leur concentration témoignent de cette affirmation. S’agissant
de son emplacement, la croix est plus rarement placée en pleine
campagne et, dans ce cas, c’est vraisemblablement parce que le lieu
choisi, par exemple une position dominante, offre une opportunité
particulière d’exalter la foi catholique. C’est ainsi
que la croix du Signal de Bernex, qui marque le sommet du coteau, a affirmé
l’appartenance religieuse de la contrée alentour, relayée
par d’autres croix, comme celles de Confignon, Onex, Bernex, Laconnex
ou Sézenove, dont il est justement question ici.
Chancellerie d'Etat
En collaboration avec la Direction du patrimoine et des sites et les Archives
d’Etat
* Linteau : pièce horizontale (de bois, de pierre) placée
au-dessus d’une ouverture.
* A ce propos, il n’est peut-être pas inutile de rappeler
que le traité de Paris du 20 novembre 1815 apporta à Genève
six communes : Versoix, Collex-Bossy, Pregny, le Grand-Saconnex, Meyrin,
Vernier et une partie de Sauverny. Le traité de Turin du 16 mars
1816 donna quant à lui au canton de Genève tout ou partie
des territoires d’Avusy, Laconnex, Soral, Perly-Certoux, Plan-les-Ouates,
Bernex, Aire-la-Ville, Confignon, Onex, Lancy, Bardonnex, Compesières,
Troinex, Veyrier, Chêne- Thônex, Puplinge, Presinge, Choulex,
Meinier, Collonge-Bellerive, Corsier, Hermance, Anières et Carouge
(à ce sujet, voir les pages 106-107 du volume 1 : Le pays de Genève
de l’Encyclopédie de Genève, Genève, 1985.)
La grande majorité des maisons dont il est question ici sont privées. Nous vous remercions donc de respecter la propriété privée et la tranquillité de leurs habitants tout en vous souhaitant de belles balades.
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