A la découverte des maisons rurales de la campagne genevoise
Genève est le troisième plus grand canton viticole de Suisse et si la Genève vigneronne date de plusieurs siècles, le domaine de l’Etat, situé au Signal de Bernex, est en revanche relativement récent. Il doit sa création, en 1971, à une donation de Louis-Frédéric Eckert comprenant un vignoble de plusieurs hectares situé entièrement sur la commune de Bernex. Une parcelle du domaine, située au sud-est du Signal, a été dédiée à la Genève internationale et baptisée Vigne des Nations.
La
tradition veut que la cuvée de la Vigne des Nations soit offerte
chaque année à une organisation internationale. L’Organisation
des Nations Unies, qui fête cette année ses 60 ans, a été,
en 1995, la première institution internationale mise ainsi à
l’honneur. Cette année, c’est au Comité international
olympique (CIO) qu’a été dédiée la cuvée
spéciale de la Vigne des Nations lors d’une cérémonie
(photo) qui a traditionnellement lieu en juin – période des
effeuilles.
Jusqu’à la fin du 18e siècle, les mas de maisons formaient le long de l’actuelle route de Bernex des hameaux distincts. Au 19e siècle, de grandes fermes se sont développées entre les ensembles anciens, dessinant la continuité de l’actuel village-rue*. Par opposition, Cartigny ou Veyrier appartiennent à la catégorie, plus rare en région genevoise, du village aggloméré. Jussy, quant à lui, appartient à celle du village dispersé.
La
traversée du village permet de retrouver un peu de l’image
ancienne de Bernex. Une ferme du 17e -18e siècle (photo), implantée
en bordure de la route, a, en dépit de toute une série de
transformations de détail, conservé l’essentiel de
ses éléments d’origine : porte de grange avec un linteau
cintré en bois, encadrements en molasse et en roche, escalier extérieur…
Un
peu plus loin, une terrasse semi-circulaire ornée d’une croix
de pierre blanche et soutenue par un puissant mur de pierre est située
en contrebas de l’église, construite entre 1864 et 1865.
On découvre, un peu cachée en contrebas de la route, la
fontaine-lavoir de Bernex, couverte en 1837 et classée en 1959
(photo). Ses trois bassins rectangulaires de pierre du Jura, placés
en enfilade, sont prolongés par des murs sur trois côtés.
Plus
loin, une ferme implantée un peu en retrait de la route comporte
un « dôme » (terminologie locale) ou porte haute facilitant
l’engrangement du foin grâce à un monte-charge (photo).
Cet élément architectural constitue, face à la route,
un pignon* secondaire, appelé également « pignon transversal
».
Le long de la route, une rangée de fermes et d’habitations rurales caractérisée par des décrochements multiples aussi bien en plan qu’en hauteur, a été constituée pour l’essentiel entre le 18e et le milieu du 19e siècle. Cette rangée, d’une grande homogénéité, contribue à la conservation de l’image rurale d’origine du village.
Chancellerie d'Etat
En collaboration avec la Direction du patrimoine et des sites et les Archives
d’Etat
* Il existe différents types de villages genevois. On distingue
le village-rue, le village aggloméré, le village dispersé,
le village-carrefour… A noter que le type qui domine dans la campagne
genevoise, ce sont les maisons implantées parallèlement
le long d’une rue, rectiligne ou non, avec une orientation nord-est/sud-ouest.
Il y a plusieurs raisons à cela, la première étant
que le modèle prédominant de la ferme genevoise, tripartite,
juxtaposant sous un même toit et dans un volume commun l’habitation,
la grange et l’écurie, constitue déjà à
elle seule une amorce de rangée, qui ne demande qu’à
se prolonger.
Une deuxième raison est liée au climat de la région
genevoise : afin de se protéger des vents dominants - la bise,
qui souffle du nord-est, et le vent, qui vient du sud-ouest - les maisons
sont le plus souvent disposées en rangées contiguës
et la direction de ces vents puissants détermine celle des bâtiments
qui leur présentent leurs murs-pignons, souvent aveugles.
Enfin, ce type d’agglomération centrée sur une rue
s’impose pour des villages ou des hameaux de taille réduite,
ce qui est généralement le cas dans la région genevoise.
* Pignon : un mur-pignon est la façade du bâtiment située sous les versants du toit, le pignon étant la partie supérieure de ce mur, de forme triangulaire. A Genève, les pignons sont la plupart du temps aveugles, du moins jusqu’au XIXe siècle.
La grande majorité des maisons dont il est question ici sont privées. Nous vous remercions donc de respecter la propriété privée et la tranquilité de leurs habitants tout en vous souhaitant de belles balades.
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