A la découverte des maisons rurales de la campagne genevoise
L’industrie du papier était très présente le long de la Versoix et la rivière alimentait un très grand nombre de papeteries à Divonne, Grilly, Sauverny, à la Bâtie, où une papeterie a fonctionné jusqu’en 1880, à Saint-Loup et enfin à Versoix où la dernière fabrique de papier du canton a fermé ses portes en l’an 2000. Quant à l’utilisation énergétique de la rivière, elle perdure encore aujourd’hui : les centrales de la Vieille-Bâtie et de Richelien alimentent le réseau genevois en force électrique.
A
Sauverny*, d’abord un gué, puis un pont en bois, permettaient
de franchir la rivière. Un pont de pierre fut mis en service au
XIXe siècle, remplacé ensuite par un ouvrage en béton.
Côté suisse, un imposant corps de logis marque l’emplacement
du moulin de Sauverny, desservi par un long canal.
Au début du XIVe siècle, un moulin et un battoir existaient sur le cours de la Versoix au lieu-dit Cuchet, situé entre le moulin de Grilly, en France voisine, et les moulins de Sauverny. Le martinet* de Sauverny est également attesté en 1390. Il fut exploité jusqu’au début du XIXe siècle pour travailler le cuivre et fabriquer des chaudrons et des récipients de cuisine.
Au
lieu-dit La Vieille-Bâtie se dressait le château de la Bâtie-Beauregard,
ou Bâtie-Champion, élevé au début du XIIIe
siècle sur une butte sur la rive droite de la Versoix. Il fut détruit
à la fin du XVIe siècle et ses matériaux emportés.
Aujourd’hui, seul l’emplacement (la motte castrale) peut encore
être reconnu et la rampe raide qui, autrefois, ouvrait probablement
sur un gué, est encore en usage.
La Bâtie possède un passé industriel et artisanal. Au début du 19ème siècle, l’endroit portait encore le nom de Martinet, appellation qui a ensuite disparu. Aujourd’hui, les bâtiments existent encore, en partie transformés. Sur la rive droite de la rivière subsiste l’ancien bief* du moulin dont les dimensions donnent une idée de la puissance hydraulique transmise à la forge et à son lourd marteau. Quant au moulin de Richelien, il fut transformé en 1892 en usine électrique et est toujours en activité.

Long
de 5,4 kilomètres, le canal de la Versoix sort de la rivière
à La Bâtie ; inauguré en 1785 par la duchesse de Choiseul-Praslin,
il était destiné à Versoix-la-Ville* et devait irriguer
les jardins et fournir la force aux fabriques de la ville nouvelle. De
nos jours encore, les jardins situés le long du canal sont arrosés
avec son eau. Le canal de la Versoix a par ailleurs fait l’objet
d’aménagements piscicoles et on y trouve la truite. Un chemin
le longe sur presque toute sa longueur. La partie la plus pittoresque
se situe sous le Petit-Saint-Loup : à cet endroit, le chemin qui
longe le canal est bordé de vénérables platanes et,
à un embranchement, une allée de marronniers permet de descendre
vers la rivière. Un peu plus loin, un petit pont de pierre enjambe
le canal, donnant accès à la très romantique fontaine
des Amoureux (photo). Enfin, avant d’atteindre les Gravines, le
promeneur passe par le « fer à cheval » ainsi dénommé
en raison d’un coude du canal…
A
Versoix, depuis le chemin du Vieux-Moulin, on peut apercevoir par-dessus
une haie la roue d’un moulin qui existe encore en amont du pont
sur la Versoix, à l’entrée du bourg. Ce n’est
qu’un vestige d’une époque où les industries
étaient nombreuses. Au XVe siècle, il y avait un polisseur
de pierres précieuses sur le cours de la Petite-Versoix, un papetier
à Saint-Loup et autant de moulins... Au XIXe siècle, l’activité
industrielle et artisanale était florissante sur les biefs de la
rivière et aux abords de la voie ferrée : confiserie, chocolaterie,
papeterie, meunerie, taillerie de pierres fines, scieries et tourneurs
de bois, dont une partie existe aujourd’hui encore.
A
noter que les berges de la rivière, dans sa partie urbaine située
entre le pont CFF et la route de Suisse, sont actuellement en cours de
renaturation. Ce projet s’inscrit dans le programme de renaturation
des cours d’eau 2002-2005, ainsi que dans le plan de protection
de la Versoix. Il constitue enfin l’une des actions majeures du
contrat de rivières transfrontalier Pays de Gex-Léman.
Quittant la rivière au moment où elle va se jeter dans le lac, on passe plus loin près d’une fontaine (photo) qui marque l’intersection entre la route de Suisse et la rampe de la Gare et on arrive à Port-Choiseul, la seule partie véritablement réalisée de la ville nouvelle voulue par le duc de Choiseul, devenu un port de plaisance.
Chancellerie d'Etat
En collaboration avec la Direction du patrimoine et des sites et les Archives
d’Etat
* Après le Congrès de Vienne, dont l’acte final est
signé le 9 juin 1815, une grande partie du territoire de Sauverny,
sur la rive gauche de la Versoix, est rattachée au canton de Genève
et à la commune de Versoix.
* Martinet : il s’agit d’un autre type de moulin, plus rare,
qui fait partie d’une forge et n’actionne pas une meule, mais
un marteau (« martinet » ou battoir). Ainsi, sur certains
cours d’eau où la qualité de l’eau était
exceptionnelle, comme la Versoix, apparurent dès le XIVe siècle
des martinets de forge. Au XVIe siècle, de nombreux martinets se
transformèrent en papeteries.
* Bief : canal de dérivation qui conduit les eaux d’un cours
d’eau vers une machine hydraulique.
* A la fin du XVIIIe siècle, le ministre de Louis XV, Choiseul,
tente de fortifier Versoix et d’établir une ville et un port
sur le Léman, concurrents de Genève. Versoix-la-Ville est
mise en chantier dès 1768. Après la disgrâce du duc
de Choiseul à Versailles, le projet est repris en 1772 par l’ingénieur
Nicolas Céard, mais il n’aboutit pas et la construction de
la ville nouvelle est interrompue par la Révolution. En 1817, malgré
l’opposition de la France, la commune est réunie à
Genève et devient l’élément de soudure du nouveau
canton avec le reste de la Confédération.
La grande majorité des maisons dont il est question ici sont privées. Nous vous remercions donc de respecter la propriété privée et la tranquilité de leurs habitants tout en vous souhaitant de belles balades.
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