L'origine
de ce bâtiment remonte à une halle couverte du début
du XVe siècle érigée en face de la Maison de ville,
surélevée par la suite d'un grenier à blé.
La halle fut reconstruite une première fois en 1588 par Jean Bogueret.
Une nouvelle reconstruction intervint entre 1628 et 1634. En 1720, la
halle devint un dépôt d'armes, rôle qu'elle conserva
jusqu'en 1877, date de la construction de l'arsenal de Plainpalais. Elle
fut ensuite affectée jusqu'en 1910 au Musée historique genevois
et abrita des armures et des collections d'armes anciennes. En 1972, le
bâtiment fut restauré afin d'accueillir les Archives d'Etat
qui s'y trouvent encore actuellement.
C'est lors de sa reconstruction, entre 1628 et 1634, que ses fonctions d'origine - halle et grenier à blé - imposèrent au bâtiment sa forme actuelle: un volume quadrangulaire d'un seul étage sous une haute toiture, soutenu aux angles par de puissants piliers-contreforts en molasse. Le rez-de-chaussée est entièrement ouvert par une série d'arcades. A chacune des arcades correspond à l'étage une fenêtre à meneaux*. Le rez-de-chaussée de la halle forme un promenoir dont le sol est pavé de galets, les mêmes que l'on retrouve dans la rampe de l'Hôtel de Ville.
Le mur du fond est décoré de trois mosaïques d'Alexandre Cingria: 58 av. J.-C.: l'arrivée de Jules César à Genève; Moyen Age, le comte de Genevois et les foires de la ville; XVIe siècle, l'accueil des réfugiés huguenots chassés de France après la révocation de l'Edit de Nantes.
Quant aux canons abrités en ces lieux, au nombre de cinq, ils ont toute une histoire. Quatre d'entre eux avaient été pris comme butin de guerre par l'armée autrichienne en 1814 et furent restitués par la suite à la République de Genève. Le cinquième n'a jamais quitté Genève car il avait été dissimulé par les Genevois lors de la réquisition autrichienne… Des motifs d'animaux - loups, lions, dogues, singes, dauphins - ornent les canons. Essentiellement décoratifs, ces motifs évoquent, du moins pour les trois premiers, la force et la vigilance.
Depuis
la rue, il suffit de lever les yeux pour admirer la frise qui court sous
l'avant-toit. Peinte en 1893 par Gustave de Beaumont et entièrement
refaite, suite à un incendie, par Benoît de Dardel en 1972,
elle représente les principaux épisodes de l'histoire genevoise,
notamment l'époque des Allobroges, la domination romaine, l'époque
burgonde, le Moyen Age, la Réforme, l'Escalade, l'entrée
de Genève dans la Confédération et l'ère de
la démocratie avec les votations populaires. Les armes de Genève,
sculptées en relief et peintes, et un cadran solaire, ornent en
outre l'une des façades du bâtiment.
Ce lieu, parce qu'il est couvert, est utilisé comme extension de la cour de l'Hôtel de Ville lors de réceptions officielles, comme celles qui suivent les prestations de serment ou lors des festivités de l'Escalade.
Chancellerie d'Etat
En collaboration avec la Direction du patrimoine et des sites et les Archives
d'Etat
* Meneau : élément vertical qui subdivise une baie et peut être en pierre, en bois ou, plus rarement, en brique (fenêtre à meneaux).
On y croise aussi bien des historiens chevronnés, des étudiants en quête de sujets de mémoire, des généalogistes privés ou professionnels que des amateurs d'histoire locale. En période estivale, il arrive aussi que des touristes d'outre-Atlantique viennent rechercher dans les archives les traces de leurs lointains ancêtres genevois. En outre, les expositions temporaires organisées dans nos murs s'adressent à un large public. Actuellement, sous le titre "Un songe de Genève, projet de ville - projet de vie", les Archives d'Etat exposent une sélection de projets de sculpture, d'architecture et d'urbanisme qu'a connus Genève du XVIIIe au XXe siècles.
En principe, nous prenons des mesures avant que ce ne soit le cas, puisque les pièces conservées sont presque toutes uniques et irremplaçables. Nous faisons appel à des restaurateurs professionnels qui travaillent dans un atelier mis à leur disposition au sein même des Archives d'Etat. La restauration concerne des registres, des plans, voire des sceaux. On tente alors de rester au plus proche de l'état originel du document et pour atteindre cet objectif, les relieurs utilisent à peu près les mêmes outils que leurs prédécesseurs de plusieurs siècles leurs aînés.
A l'évidence, les registres du Conseil dans lesquels sont inscrits les décisions prises par le gouvernement de la République appartiennent à cette catégorie. Le plus ancien remonte à 1409 et la série continue aujourd'hui encore! Au début du XXe siècle, une équipe a entrepris d'éditer les plus anciens. Après une interruption de près de quarante ans, nous avons repris le témoin et édité les registres de 1537 à 1539; enfin, la transcription de celui de 1540 progresse. D'autre part, les volumes de l'Ancien Régime sont en cours de numérisation et leurs images sont disponibles sur des écrans dans la salle de lecture de l'Ancien Arsenal.