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Feuille d'Avis Officielle du 29.01.2007

Du plomb dans les peintures ?

On associe généralement les peintures au plomb, qui peuvent être à l'origine du saturnisme, aux logements insalubres d'un lointain passé. Il est vrai que, fort heureusement, ces produits nocifs ont disparu du marché suisse bien avant leur interdiction officielle en 2006. Néanmoins, on peut encore observer la présence de revêtements muraux potentiellement toxiques dans notre parc immobilier.

Affiche "Du plomb dans les peintures ?"C'est ce que révèle une récente étude pilote réalisée par le Service cantonal de toxicologie industrielle et de protection contre les pollutions intérieures (STIPI) et l'Ecole d'ingénieur de Genève. Si cette recherche n'est pas suffisamment représentative pour déterminer précisément la proportion des constructions concernées dans le canton, elle permet de mettre en évidence une présence encore significative de plomb dans les peintures de certains bâtiments anciens.

Un métal à ne pas prendre à la légère

Le plomb est un toxique connu depuis longtemps. Absorbé, il peut se fixer dans l'organisme, en particulier lorsqu'il se présente sous la forme d'un composé - comme c'est le cas dans les peintures. A forte dose, il est alors à l'origine du saturnisme, une intoxication difficile à identifier, car ses symptômes sont peu spécifiques (maux de tête, insomnies, vertiges, etc.). C’est cependant pour les plus jeunes que les risques sont les plus élevés. En portant régulièrement des objets à leur bouche, les enfants en bas âge sont susceptibles d'avaler des fragments de peintures au plomb et ces ingestions, à forte dose, peuvent entraîner dans les cas les plus graves des conséquences irréversibles (retard du développement intellectuel, anémie).

La présence de peintures au plomb peut donc représenter un risque pour les occupants d'un logement - si elles sont en mauvais état - ainsi que pour les travailleurs du bâtiment susceptibles de les manipuler lors de rénovations ou transformations. Fort heureusement, ces revêtements sont aujourd'hui interdits et demeurent peu fréquents à Genève, en particulier dans les constructions récentes. De plus, le plomb ne produit ni émanation, ni vapeur toxique et il n'entraîne donc aucun danger dans la mesure où il n'est pas ingéré ou inhalé sous forme de poussières. Lorsque la présence de plomb est confirmée, ou lorsque des peintures sont visiblement anciennes - en particulier si elles s'écaillent - la bonne attitude consiste à suivre les recommandations préconisées (voir ci-après). Ces mesures simples à mettre en œuvre suffisent en effet pour écarter tout risque. Elles sont détaillées dans la brochure Du plomb dans les peintures ? conçue par l'Etat de Genève aussi bien pour le grand public que pour les professionnels et à commander gratuitement auprès de l'Info-Service du Département du territoire au tél. 022 327 47 11.

Affiche "Du plomb dans les peintures ?"Dans les années qui viennent, au gré des rénovations, les peintures au plomb vont progressivement disparaître de l'habitat. D'ici là, il est important de prendre conscience de l'existence du problème car l'information et la sensibilisation permettent dès aujourd'hui de côtoyer sans danger cet encombrant héritage du passé.

Les résultats de l'étude pilote

Au cours de l'automne 2005, une vingtaine de prélèvements ont été effectués dans chacun des 41 bâtiments du centre-ville de Genève inclus dans l'étude. Les résultats des analyses démontrent que les peintures au plomb n'ont pas encore complètement disparu de notre habitat. En effet, 20% des revêtements examinés contenaient une teneur élevée en plomb. Bien que certains lieux semblent être plus souvent contaminés que d'autres - en particulier les communs d'immeuble, moins souvent rénovés - c'est l'âge du bâtiment qui constitue le facteur de risque le plus significatif : ainsi, deux tiers des constructions de l'échantillon antérieures aux années 1950 comportent des peintures potentiellement toxiques.

Reconnaître une peinture au plomb

Affiche "Du plomb dans les peintures ?"Il n'est pas possible de reconnaître une peinture au plomb d'un simple coup d'oeil. En cas de doute (peinture ancienne, en mauvais état), autant en avoir le cœur net: prélever un échantillon qui pourra être examiné immédiatement par le Service de toxicologie industrielle et de pollution intérieure (STIPI). Afin d'encourager ces analyses, cette prestation sera gratuite pour les particuliers jusqu'à la fin de 2007. Le STIPI vous renseigne sur la question au tél. 022 327 80 00.

En cas de présence de peintures au plomb

  • Informer et surveiller les enfants pour éviter qu'ils n'avalent des écailles de peintures; placer éventuellement des obstacles pour les tenir éloignés des revêtements en mauvais état.
  • Se laver les mains avant de manger ou après avoir touché des revêtements abîmés.
  • Appliquer une nouvelle couche de peinture ou un revêtement provisoire pour réduire les poussières.
  • Ne pas poncer ou entreprendre individuellement des travaux susceptibles d'endommager le revêtement; faire appel à des professionnels afin que les précautions requises soient respectées.

Département du territoire
Service cantonal de toxicologie industrielle et de protection contre les pollutions intérieures


Pour consulter les résultats de l'étude : http://www.ge.ch/stipi

Pour obtenir gratuitement la brochure Du plomb dans les peintures ?,
composer le numéro de tél. Info-Service 022 327 47 11