Avec la pointe de la Jonction, le département du territoire, associé au département des constructions et des technologies de l'information, a souhaité donner à de jeunes architectes-urbanistes professionnels l'occasion d'étudier un lieu représentant des enjeux urbains et architecturaux importants et d’actualité.
Cette proposition se situe également dans le cadre de la réponse à la motion M 1370 du Grand Conseil, invitant le Conseil d'Etat à «proposer un aménagement de la pointe de la Jonction». Le programme du concours a porté sur un périmètre de forme triangulaire d'environ six hectares, situé entre le Rhône au nord et l'Arve au sud, divisé en deux secteurs:
Les berges et les promenades bordant l'Arve et le Rhône font aussi partie du périmètre d'étude.
Ce n’est pas la première fois que le canton ou la Ville de Genève proposent un site à EUROPAN. Cette démarche a déjà fait ses preuves en 1991 avec l’Ilot 13, en 1994 avec le cœur de la Cité nouvelle de Meyrin et en 1998-99 avec le site de la gare des Eaux-Vives.
Pour l’Ilot 13, les résultats ont été plus que profitables pour l'administration de la Ville de Genève et pour le canton. Un plan localisé de quartier largement inspiré du concours a pu être adopté en juillet 1994, et la Ville de Genève a invité les l
auréats à réaliser le bâtiment de logements étudiants à la rue de Montbrillant.
Les lauréats du concours EUROPAN 5, consacré au périmètre de la gare des Eaux-Vives, ont été invités par la suite à participer à un mandat d’étude qui a permis de mettre en place le projet de plan directeur de quartier issu du périmètre d'aménagement coordonné (PAC) CEVA-Gare des Eaux-Vives, aujourd’hui en phase de finalisation.
C’est en se basant sur ces expériences fructueuses que le site de la pointe de la Jonction a été proposé à la neuvième édition d'EUROPAN, organisée sur le thème «La ville durable et les nouveaux espaces publics».
Le site de la pointe de la Jonction présente plusieurs enjeux en matière d'aménagement. Dans sa réponse à la motion M 1370, le Conseil d'Etat précisait, en juillet 2006, les points à considérer:
L'avenir du dépôt des TPG constitue l'enjeu principal. Le transfert d’actifs entre l’Etat et les TPG rend aujourd'hui possible un plan d'aménagement. En transférant aux TPG les bâtiments et infrastructures nécessaires à leurs activités, l'Etat devient propriétaire des terrains. Un droit de superficie est accordé aux TPG pour une durée de 30 ans renouvelable, incluant une clause de résiliation anticipée.
A court terme, les efforts concernent surtout la finalisation des études du tram Cornavin-Onex-Bernex, permettant de requalifier la rue des Deux-Ponts afin d'atténuer la coupure entre la Ville et la Jonction. Le périmètre sera alors disponible pour accueillir de nouvelles réalisations. Pour la Ville de Genève aussi, il s'agit d'un des lieux importants de la transformation urbaine de ces prochaines années.
Les membres du jury international ont jugé que le projet lauréat baptisé «Natural transitions-CH 022», issu des réflexions des architectes Marcel Lok et Berry Beuving (Amsterdam), apportait une réponse cohérente en vue d'une densification du périmètre. Le projet propose en effet de bonnes solutions pour sauvegarder les qualités naturelles et paysagères de ce site exceptionnel, réservant en outre un grand potentiel d'accueil pour une mixité de fonctions, la création de logements ayant été retenue comme une des priorités, à côté d'ateliers d’artistes, d'un lieu culturel central et exemplaire, de locaux associatifs et d'équipements publics.
Pour l'heure, le projet lauréat et les autres projets retenus pour le périmètre vont être confrontés avec les propositions d'aménagement existantes, en concertation avec la Ville de Genève en particulier pour ce qui concerne le domaine public, en vue d'une utilisation éventuelle dans les prochaines étapes de planification.
Département du territoire