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Feuille d'Avis Officielle du 18.06.2008

Les paris sportifs sous la loupe

Présentation du programme intercantonal de lutte contre la dépendance au jeu

(De gauche à droite) Le professeur Christian Osiek, des Hôpitaux universitaires de Genève, Monsieur Jean-Félix Savary, secrétaire général du Groupement romand d'études des addictions (GREA), Monsieur Pierre-François Unger, conseiller d'Etat en charge du département de l'économie et de la santé, Madame Yaël Liebkind, coordinatrice de l'association «Rien ne va plus», et le d	octeur Yasser Khazaal, des Hôpitaux universitaires de Genève. Photo G. ChardonnensC'est avec grand plaisir que je m'exprime à l'occasion de cette conférence de presse destinée à vous présenter le programme intercantonal de lutte contre la dépendance au jeu. Pour coller à l'actualité, nous accorderons une place particulière à l'action menée au sujet des paris sportifs.

Les jeux d'argent et de hasard ont de plus en plus de succès. Actuellement, 19 casinos sont en activité en Suisse. Ces jeux font partie des divertissements auxquels a droit la société, et ils rapportent également des gains qui sont souvent redistribués en faveur de collectivités d'utilité publique.

Mais le revers de la médaille existe. Certaines personnes deviennent «accros», dépendantes aux jeux, ce qu'on appelle des «joueurs pathologiques». On estime qu'environ 50 000 personnes souffrent de cette addiction en Suisse. Or, cette forme de dépendance est mal connue dans la société et seuls 2% environ des personnes en proie à cette dépendance ont accès à une offre de traitement.

flyerLes cantons suisses sont tous conscients de ce problème. Dans le cadre d'une convention réglementant les loteries au niveau national, ils ont prévu l'attribution de montants importants pour prévenir cette addiction, soit 0,5% du revenu brut des jeux.

Côté romand, nous avons voulu faire encore un pas de plus. Ainsi, la Conférence latine des affaires sanitaires et sociales (CLASS), que je préside et qui réunit les ministres de la santé, a décidé de mettre en commun une partie de ses ressources par le biais d'un programme romand qui vous sera présenté tout à l'heure. Son pilotage a été attribué au Groupement romand d'études des addictions, le GREA.

Par le soutien que les cantons romands apportent à la prévention du jeu excessif, nous souhaitons tout à la fois assurer une meilleure information sur le thème d'une addiction comportementale encore mal connue et permettre une prise en charge adaptée à chaque situation de «jeu pathologique»: pour le bien de ceux qui sont atteints, souvent criblés de dettes en raison de leur addiction au jeu, et pour le bien aussi de leur entourage confronté douloureusement à cette réalité.

Le programme romand de lutte contre la dépendance au jeu est donc en phase de démarrage. Il me plaît de relever que Genève a déjà pris les devants en attribuant dès 2005 une aide financière à l'association «Rien ne va plus», représentée par sa coordinatrice, Madame Yaël Liebkind.

flyerDe plus, d'autres acteurs du réseau sanitaire et universitaire genevois sont actifs sur cette thématique depuis le début des années 2000. Je citerai, pour les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), le service d'abus de substances et le département de psychiatrie, représentés par le docteur Yasser Khazaal et le professeur Christian Osiek, et, pour la Fondation Phénix, la doctoresse Eva Sekera.

Vous le savez, les jeux d'argent peuvent prendre des formes multiples. Nous profitons de l'occasion qui nous est donnée par l'EURO 2008 pour adresser un petit clin d'œil à toutes celles et tous ceux qui s'adonnent aux paris sportifs.Cette actualité doit nous permettre de sensibiliser le public aux problèmes des dépendances liées aux jeux, en particulier aux paris sportifs qui connaissent un développement ultra-rapide sur Internet.

C'est pourquoi le docteur Yasser Khazaal vous démontrera tout à l'heure que, s'il est vrai que les paris sportifs constituent un jeu très amusant et excitant lors de grands événements du sport, il ne faut cependant pas compter sur eux pour s'enrichir. Même pour les spécialistes du football, prédire le résultat ne permet pas d’espérer gagner de l'argent. Penser l'inverse revient à tomber dans ce que les spécialistes appellent «l'illusion du contrôle», une des croyances qui se trouvent à la base des problèmes de jeux.

J'espère que cette conférence de presse contribuera à faire connaître et comprendre ces problèmes et les traitements qui existent pour celles et ceux qui sont malheureusement dépendants du jeu.

Pierre-François Unger
Conseiller d'Etat en charge du département de l'économie et de la santé

Intervention prononcée lors de la conférence de presse du 4 juin 2008 à l'Hôtel de Ville.


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