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Ge.ch > Thèmes > Etat > FAO > Archives > 2010 > 15.03.2010

Feuille d'Avis Officielle du 15.03.2010

Ouverture du 2e Sommet de Genève pour les droits de l’homme, la tolérance et la démocratie

Mme Isabel Rochat, conseillère d'Etat chargée du département de la sécurité, de la police et de l'environnement (DSPE). En arrière-plan: M. John Suárez, secrétaire international de l’organisation cubaine Directorio. Photos Jean-Patrick di Silvestro.Le 19 juin 2006 s’ouvrait à Genève la première session ordinaire du Conseil des droits de l’homme: l’occasion de rappeler la longue tradition d’une cité à vocation de paix ainsi que son rôle essentiel dans l’action humanitaire des Nations Unies. Ce que nous appelons fièrement l’«Esprit de Genève» se fonde en effet sur une riche et longue expérience de promotion de la paix et du droit humanitaire. Que cet «Esprit» règne donc sur ce 2e Sommet pour les droits de l’homme, la tolérance et la démocratie et qu’il présage de travaux constructifs et fructueux!

Au nom du gouvernement de la République et canton de Genève, je tiens à vous remercier de rester fidèle à notre ville et souhaite réaffirmer ici, devant vous, notre profond attachement à votre cause et notre ferme volonté d’y contribuer en offrant des conditions d’accueil et de dialogue à la hauteur de vos attentes.

Avec ce sommet, vous poursuivez une lutte qui doit être incessante, lutte contre l’indifférence, contre l’oubli, contre le cynisme, contre la lassitude de la lente politique des petits pas dans un domaine pourtant si fondamental. Souhaitons, grâce à la mobilisation des autorités politiques, des organisations internationales et de la société civile, grâce à votre mobilisation, contribuer à sortir nos démocraties occidentales de leur confort en leur rappelant leur responsabilité vis-à-vis des femmes et des hommes du monde entier dont les droits essentiels sont dramatiquement bafoués.

Genève est un lieu privilégié de la promotion des droits de l’homme, car de nombreux acteurs engagés dans ce domaine y sont présents et s’y réunissent: carrefour des organisations gouvernementales, ONG et autres défenseurs des droits humains, notre ville offre une tribune et une plateforme unique de dialogue qui permet à chacun de s’exprimer et de s’enrichir de l’expérience de l’autre, avec la volonté de tous de faire avancer cette cause sur le terrain. Et Genève continuera à déployer tous les efforts possibles pour rester digne de sa réputation de «capitale de la paix et des droits de l’homme». Elle s’en sent profondément responsable.

L’ouverture du Sommet a eu lieu au Centre international de conférences de Genève (CICG).En évoquant la violation des droits humains, nous sommes immédiatement assaillis par les images de dictatures sanglantes, de tortures, de pratiques ancestrales proches de la barbarie. Ces images correspondent encore trop à la triste réalité. Mais elles ne doivent pas occulter que la défense des droits humains commence devant sa porte, dans son propre pays, dans sa propre ville. Et je suis très consciente qu’il est malvenu de vouloir donner des leçons; je sais, en effet, que le racisme, l’intolérance, la violence domestique, l’inégalité entre hommes et femmes ne sont pas seulement l’apanage de contrées lointaines et de régimes dictatoriaux: nous les vivons aussi chez nous. Nos consciences de responsables politiques doivent rester vives et alertes face à ces atteintes à la dignité humaine, notre préoccupation permanente et notre action quotidienne. Par conviction profonde, par attachement à des valeurs inaliénables et pour être à la hauteur de l’engagement historique de notre cité dans ce domaine.

Les efforts des nombreux acteurs présents ou représentés aujourd’hui seraient pratiquement vains s’ils n’étaient inspirés par des hommes et des femmes qui, à travers leur expérience personnelle ou par leur autorité morale, témoignent et ont la force de s’élever au-dessus de leur sort personnel pour nous montrer le chemin de solutions pour les autres victimes, celles d’aujourd’hui. Pour que demain il y en ait moins, il n’y en ait plus! Dénoncer, témoigner, dialoguer, parfois pardonner, mais ne jamais oublier constitue en effet la meilleure réponse à l’indifférence. A toutes les victimes de violations des droits humains parmi nous aujourd’hui, qui ont eu le courage de se déplacer, de venir ici raconter leur histoire et de se confronter à leurs souffrances, à tous ces innocents, j’aimerais dire merci! De victimes de violation, vous devenez acteurs de la promotion des droits humains, symboles de la dignité et du respect de l’autre.

Avec vous et grâce à vous, nous avancerons sur la voie de plus d’humanité!

Isabel Rochat
Conseillère d’Etat chargée du département de la sécurité, de la police et de l’environnement.

Allocution prononcée le 8 mars 2010 au Centre international de conférences de Genève (CICG).