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Ge.ch > Thèmes > Etat > FAO > Archives > 2010 > 28.07.2010

Feuille d'Avis Officielle du 28.07.2010

L'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) hôte d'honneur de la Vigne des Nations

La cérémonie de la Vigne des Nations a honoré, mardi 15 juin 2010 au Signal de Bernex, l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), membre du «Réseau Environnement de Genève». Dans le cadre de l'Année internationale de la biodiversité, qui fait l'objet de nombreux programmes d'information et de sensibilisation, Mme Michèle Künzler, conseillère d'Etat chargée du département de l'intérieur et de la mobilité (DIM), a dédié symboliquement le millésime 2009 de la Vigne des Nations à l'UICN, représentée par Mme Julia Marton-Lefèvre, directrice générale.

Madame Michèle Künzler, conseillère d'Etat chargée du département de l'intérieur et de la mobilité, entourée de l'huissier du Conseil d'Etat, des membres de l'Académie du Cep (à gauche) et de ceux de la Confrérie du Tire-bouchon, devant le panneau indiquant "Cette vigne, dédiée aux organisations internationales domiciliées à Genève, est le témoignage de l'attachement et de l'appui de la République et canton de Genève et aux idéaux des Nations Unies". Photo G. Chardonnens.Depuis la célébration du 50e anniversaire de l'Organisation des Nations Unies en 1995, il est de tradition d'honorer une organisation internationale ou non gouvernementale en lui dédiant une des vignes du domaine de la République et canton de Genève.

L’Union internationale pour la conservation de la nature fait partie du réseau de la «Genève internationale de l’environnement», qui rassemble les représentants des institutions onusiennes, non gouvernementales et environnementales. L'histoire de la Genève internationale est marquée par de grandes idées humanistes. La première de ces idées est celle d’Henry Dunant sur la neutralisation des blessés de guerre. Elle a conduit aux conventions de Genève, à la Croix-Rouge, et elle constitue la base de l'action humanitaire contemporaine.

En dédiant le produit de sa vigne à l’UICN, l’Etat de Genève marque sa reconnaissance pour les apports éminents de l’institution à la collectivité. La cérémonie est aussi l’occasion de découvrir le terroir genevois, un patrimoine unique en son genre.
C’est grâce au legs du pépiniériste bernésien Louis-Frédéric Eckert que l’Etat de Genève élève des vins depuis une quarantaine d’années. Le domaine de six hectares de la République et canton de Genève joue un rôle particulier dans la viticulture genevoise, en orientant ses activités vers la sélection des variétés et la promotion de méthodes de gestion intégrée respectueuses de l’environnement.

Trente ans exactement après la publication du «Rapport sur la stratégie mondiale de la conservation» qui proposa pour la première fois le concept de développement durable, son initiatrice historique, l'UICN, est ainsi remerciée pour ses apports à la collectivité. L'UICN connaît aussi une actualité particulière, avec l'inauguration récente de son nouveau siège. Il a été conçu selon les techniques les plus innovantes, avec le soutien de la Fondation des immeubles pour les organisations internationales (FIPOI). Ce bâtiment répond aux normes environnementales américaines et suisses les plus strictes. Il figure parmi les plus écologiques d’Europe.

L’UICN, qui se définit comme un réseau international de conservation unique, regroupant des Etats, des institutions gouvernementales, des organisations non gouvernementales, des scientifiques et des experts dans un partenariat planétaire, fait partie du «Réseau Environnement de Genève», hébergé par le bureau régional du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE).

Spécificités du vignoble genevois

Au premier plan, de gauche à droite: Madame Julia Marton-Lefèvre, directrice générale de l’Union internationale pour la conservation de la nature, et Madame Michèle Künzler; au second plan: Monsieur Guy Mettan, président du Grand Conseil, et Madame Anja Wyden Guelpa, chancelière d’Etat. Photo G. Chardonnens.Le vignoble genevois est un des plus riches de Suisse en matière de variétés. On y trouve vingt cépages européens blancs, quinze cépages européens rouges et deux hybrides rouges autorisés en AOC. A cela, il faut ajouter trente cépages rouges et blancs qui sont en expérimentation et bénéficient d'une convention d'essais.

Pour lutter contre l'érosion des sols, les deux tiers du vignoble genevois sont enherbés. Ainsi, au total, plus d'une centaine d'espèces de plantes spontanées ont été répertoriées dans ces prairies naturelles. S'il s'agit d'une flore assez courante, quelques plantes rares sont présentes, dont certaines sont considérées comme vulnérables en Suisse1.

Certains vignerons genevois cherchent à favoriser et à conserver dans leurs vignes des espèces rares et menacées, comme la tulipe sauvage.

La vigne et la biodiversité

Plus prosaïquement, en matière de protection de la nature et de biodiversité, il y a des signes qui ne trompent pas. Les vignerons sont d’authentiques amoureux de la nature, de la faune et de la flore. Cela se laisse assez bien percevoir dans les sujets qui illustrent les étiquettes ou les noms des vins: la salamandre, le sanglier, le chevreuil, la huppe, le chardonneret, la pie, le blaireau. C’est tout le bestiaire de notre campagne qui est représenté. Il faut préciser que le canton de Genève possède la dernière population sauvage de perdrix grises de Suisse (Rebhuhn en allemand, qui signifie littéralement «poule des vignes»). C’est un oiseau particulièrement attaché au vignoble.

Les relations entre la faune et la vigne sont très étroites, en particulier aussi avec le sanglier. Quand on le laisse pénétrer dans la vigne en fruits, il est capable de sélectionner les cépages en s'attaquant aux raisins les plus mûrs et sucrés. Toutefois, les viticulteurs ne semblent pas trop rancuniers, puisque c’est l’effigie d’un sanglier qui récompense chaque année les lauréats du concours des vins genevois!

A l’occasion de la cérémonie de la Vigne des Nations, Mme Künzler a salué les valeurs de l’UICN, qui défend «une bonne gestion des ressources naturelles pour atteindre un développement durable», affirmant qu’elles sont empreintes de l’humanisme qui constitue le fondement de la Genève internationale. Elles rejoignent la constante recherche de la paix entre communautés, de l’équilibre économique entre les nations et de la lutte contre la pauvreté, qui fédère les institutions partageant ces missions et ces valeurs.

Elles contribuent à donner tout son sens à la cérémonie de la Vigne des Nations.

Département de l'intérieur et de la mobilité

1 Muscaris, Souci des champs (Calendula arvensis), Picride fausse vipérine (Picris echioides).