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Ge.ch > Thèmes > Etat > FAO > Archives > 2010 > 01.09.2010

Feuille d'Avis Officielle du 01.09.2010

Le Haut-Commissariat aux droits de l'homme protège et promeut les droits humains dans le monde

Siège du HCDH, le Palais Wilson, ainsi nommé en hommage au président américain T. Woodrow Wilson, a notamment accueilli le secrétariat général de la Société des Nations entre 1920 et 1936. Photo Chancellerie d'EtatLe 10 décembre 1948, l'Assemblée générale des Nations Unies adoptait la Déclaration universelle des droits de l'homme. Depuis lors, les activités des Nations Unies dans ce domaine n'ont cessé de se développer. Lors de la Conférence mondiale sur les droits de l'homme de Vienne, tenue sous l'égide de l'ONU en 1993, la communauté internationale décide de leur conférer une base institutionnelle plus solide en proposant notamment la création d'un Haut-Commissariat aux droits de l'homme (HCDH). Sa naissance est entérinée le 20 décembre de la même année par l'Assemblée générale des Nations Unies et l'institution nouvellement créée établit son siège à Genève.

Le mandat confié au HCDH est vaste, puisqu'il s'agit de protéger et de promouvoir les droits de l'homme à travers le monde. Forum principal des Nations Unies permettant d'identifier, de dénoncer et de réagir aux problèmes et violations dans le domaine des droits de l'homme, il est également aux avant-postes de la recherche, de l'éducation et de l'information en la matière.

Une part importante de son activité est orientée vers le système onusien lui-même. Il s'agit en effet d'incorporer les problématiques des droits humains dans l'ensemble des actions entreprises par les différentes institutions, organisations ou entités de l'ONU, de manière à ce que cette perspective soit associée à tous les programmes des Nations Unies. A cette fin, le HCDH tisse des collaborations avec de multiples partenaires, qu'il s'agisse des gouvernements, des représentants de la société civile, des institutions nationales des droits de l'homme, des entités des Nations Unies et des organisations internationales, ou encore du secteur privé. Il offre un soutien technique et une expertise théorique, en particulier juridique, en matière d'élaboration et d'application des normes internationales des droits de l'homme (administration de la justice, réformes législatives ou processus électoral) et assure un important rôle de formation et de conseil.

Il fait également fonction de secrétariat pour le Conseil des droits de l'homme, qui a remplacé en 2006 la Commission des droits de l'homme. Alors que le Conseil est un organe politique composé de représentants des Etats, dépendant de ce fait de l'Assemblée des Nations Unies, le HCDH est quant à lui un organe subsidiaire de l'ONU. A ce titre, il fait partie du secrétariat de l'organisation et dépend directement de son secrétaire général. Il offre soutien technique, administratif et expertise aux rapporteurs spéciaux, experts indépendants et autres groupes de travail mandatés par le Conseil pour superviser les droits de l'homme dans certains pays.

Outre ces activités normatives et de supervision, un volet fondamental de la mission du HCDH concerne la mise en œuvre concrète, sur le terrain, du droit international et des différents traités relatifs aux droits de l'homme.

Une présence active sur le terrain

C'est ainsi que, au fil des ans, le HCDH a considérablement renforcé sa présence sur le terrain de par le monde. Aujourd'hui, onze bureaux nationaux et huit bureaux régionaux lui permettent d'aider et de soutenir les intervenants nationaux dans la mise en œuvre des principes des droits humains, auxquels il convient d'ajouter les nombreuses sections des droits de l'homme que le HCDH gère au sein des missions de paix de l'ONU. Enfin, depuis 2006, le HCDH dispose également d'une unité d'intervention rapide qui lui permet d'envoyer des missions ou des commissions d'enquête afin d'anticiper, de réagir et d'examiner les allégations graves de violations des droits humains. A ce jour, le Timor oriental, le Sahara occidental, le Libéria, le Liban et les territoires occupés de Palestine ont bénéficié de l'envoi de telles missions.

L'ensemble de ces activités est placé sous la responsabilité du Haut-Commissaire aux droits de l'homme. Depuis le 1er septembre 2008, c'est la sud-africaine Navanethem Pillay qui assume cette fonction. Mme Pillay a succédé à Louise Arbour, et, avant elle, à Sergio Vieira de Mello, dont la mémoire est chère à Genève. M. de Mello avait en effet tissé des liens personnels avec notre canton, et c'est au cimetière des Rois qu'il repose suite à son tragique décès dû à un attentat en Irak en 2003, où il assumait la fonction de représentant spécial du secrétaire général de l'ONU. La République et canton de Genève lui a par ailleurs conféré la bourgeoisie d'honneur à titre posthume. C'est également à Genève que sa famille et ses proches ont créé la fondation qui porte son nom.

Un palais pour siège

Le Haut-Commissariat a pour siège un bâtiment bien connu des Genevois, le Palais Wilson, du nom du président américain Woodrow Wilson, initiateur de la Société des Nations et prix Nobel de la paix. Ce bâtiment, fièrement installé sur la rive droite du lac, a connu bien des péripéties avant d'abriter les quelque 500 fonctionnaires du HCDH. D'abord hôtel de luxe, sa vocation première, il a par la suite abrité le secrétariat général de la Société des Nations nouvellement créée, avant d'accueillir diverses administrations cantonales. Deux incendies, en 1985 et en 1987, endommagent sérieusement le bâtiment. Il est entièrement restauré entre 1993 et 1998, date à laquelle le HCDH s'installe dans ses nouveaux locaux.

Chancellerie d'Etat, en collaboration avec le Haut-Commissariat aux droits de l'homme



Trois questions à Mme Navanethem Pillay, Haut-Commissaire aux droits de l'homme

Quel est l'avantage pour votre organisation d'avoir son siège à Genève?

Mme Navanethem Pillay, Haut-Commissaire aux droits de l'homme. Photo HCDHGenève est le centre des droits de l'homme ainsi que des agences internationales et des organismes humanitaires. C'est assez commode de les avoir ensemble dans la même ville, parce que les problématiques sont assez souvent liées les unes aux autres, et c'est pratique pour des diplomates qui assistent au Conseil des droits de l'homme ainsi que pour les autres qui siègent aux conseils d'administration des agences de l'ONU. De même, des ONG clés qui traitent des droits de l'homme, telles qu'Amnesty International, la FIDH et Human Rights Watch, peuvent nous contacter facilement. Et bien sûr, il y a le CICR, gardien des Conventions de Genève, qui sont tellement importantes notamment pour protéger les droits de l'homme pendant les conflits armés.

Que signifie pour vous l'Esprit de Genève?

Genève est une ville internationale par excellence. Il y a tant de gens intéressants, de nationalités diverses, qui vivent ici, travaillent ici et profitent de la vie. Ceci, mais également son histoire symbolique en tant que centre de la paix internationale et du monde humanitaire, donne à Genève son caractère unique. Mais elle a conservé une identité suisse forte, ce qui est très important. Les autorités nous connaissent bien à l'ONU et nous aident beaucoup. Je pense que nous nous estimons mutuellement. Il y a aussi les alentours... Vous n'avez qu'à regarder le paysage magique qui va du lac Léman aux Alpes et jusqu'au Jura pour vous sentir inspiré.

Quels sont les défis que votre organisation, actuellement, est amenée à relever?

Par où commencer?! En ce moment, nous sommes surtout centrés sur six priorités qui sont à la base des problèmes des droits de l'homme dans le monde aujourd'hui: l'impunité, la discrimination, la pauvreté, les situations de conflits, les problèmes liés aux flux migratoires et la nécessité de renforcer le droit humanitaire international et les mécanismes qui le soutiennent.