Les données de base pour le calcul de l'équation des salaires sont fournies par l'enquête suisse sur la structure des salaires (LSE), qui est réalisée tous les 2 ans - années paires - par l'Office fédéral de la statistique (OFS). L'échantillon d'entreprises participant à l'enquête est élargi pour le canton de Genève afin de disposer de résultats représentatifs pour le secteur privé du canton.
A la différence d'une approche plus classique basée sur les écarts à la médiane, l’équation des salaires a l'avantage de prendre en compte tous les éléments entrant en jeu dans la fixation du salaire (niveau des qualifications requises pour le poste, formation, ancienneté, âge, etc.) qui sont disponibles dans la source statistique de référence (LSE). Cette équation des salaires résulte d'une analyse multivariée qui permet d'expliquer / exprimer les niveaux des salaires individuels observés. L'équation permet de mesurer l'effet de chacun de ces éléments. Il n'y a donc pas un salaire usuel qui s'appliquerait à une catégorie d'employés, mais un salaire personnalisé pour chaque salarié, compte tenu de ses caractéristiques propres, de celles du poste de travail et celles de l’entreprise.
Le calcul de l'équation se base uniquement sur les observations contenant une valeur pour toutes les caractéristiques y entrant. Les observations avec des valeurs manquantes sont donc écartées.
L’équation des salaires estime un paramètre pour chaque déterminant retenu. Ce paramètre peut être interprété comme une prime salariale moyenne, positive ou négative, associée à chacun des déterminants retenus. Il s’agit de la différence de salaire, exprimée en pourcentage, liée à un seul déterminant, le reste du profil demeurant inchangé. Cette différence est établie par rapport aux modalités de référence, définies comme les modalités les plus fréquentes pour chaque déterminant (le mode, en terme statistique). Par exemple, une formation universitaire se traduit par une prime salariale positive par rapport à la modalité de référence, l’apprentissage, qui, par définition, a un effet nul sur le salaire. A l’opposé, l’absence de formation professionnelle complète entraîne une prime salariale négative.
En sélectionnant toutes les modalités de référence, on obtient le salaire pour le profil de référence, qui correspond à la constante de l’équation. Cette valeur n'est ni un seuil, ni une moyenne ou une médiane, mais doit être considérée comme le centre de gravité autour duquel se distribuent les salaires.
Outre les déterminants individuels, l’équation du salaire tient compte de l'effet d'entreprise. Calculé pour chaque entreprise, l’effet d’entreprise détermine l'impact des caractéristiques propres à chaque entreprise sur le niveau des salaires qu'elle verse, quel que soit le profil individuel des salariés. Il caractérise donc la pratique salariale de cette entreprise par rapport à la moyenne de l'ensemble des entreprises de l'échantillon. Il dépend de la branche d'activité économique, de la taille de l'entreprise et, par rapport aux entreprises de la même branche et de la même taille, de la politique salariale de l'entreprise.
Les effets d’entreprise sont regroupés par branche économique. Dans le tableau 2 figurent la médiane ainsi que les premiers et troisièmes quartiles de la distribution, ce qui permet d’établir une fourchette salariale. Le pourcentage indique l’écart par rapport à la constante, les effets d'entreprises pouvant s'ajouter tout autant que se soustraire à ce montant, à l’instar des primes associées aux déterminants du salaire figurant dans le tableau 1.
L’enquête LSE 2010 utilise la Nomenclature générale des activités économiques 2008 (NOGA 2008) qui remplace l’ancienne nomenclature (NOGA 2002). Les branches présentes dans l’équation des salaires ont par conséquent été adaptées à cette nouvelle classification.
Salaire en usage individualisé =
Salaire « de base » correspondant aux modalités de référence (constante)
+ ou - « primes » relatives aux caractéristiques spécifiques du salarié
+ ou - « primes » relatives aux caractéristiques propres au poste de travail
+ ou - impact des effets d'entreprise
Comme le critère pour le choix du profil de référence a changé en 2006, (catégorie modale - celle qui groupe le plus d’observations - contre modalité la moins rémunératrice jusqu’en 2004), l’équation pour 2004 a été recalculée selon cette nouvelle définition afin de pouvoir comparer les résultats 2004 avec ceux de 2006. Il existe donc deux séries de résultats pour 2004. Pour les équations 2000 et 2002, seuls les résultats selon l’ancienne définition sont disponibles.