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L'Inventaire des monuments d'art et d'histoire a
pour tâche d'identifier et de documenter l'ensemble des objets d'art et
d'architecture remarquables situés à Genève, depuis la
fin de l'Antiquité jusqu'à nos jours. Ce travail combine la prospection
et l'analyse approfondie des édifices sur le terrain avec l'étude
scientifique, aussi exhaustive que possible, des fonds et collections conservés
dans les centres d'archives, bibliothèques et musées.
Les résultats de l'inventaire scientifique sont mis à la disposition
des différents services de la protection du patrimoine. Ils sont publiés
à plusieurs milliers d'exemplaires dans la série dite des Monuments
d'art et d'histoire de la Suisse éditée par la Société
d'histoire de l'art en Suisse. Dans le cadre d'un contrat avec l'État
de Genève, celle-ci valide le projet (programme de publication, échéances),
garantit la qualité du travail (prescriptions, commission de rédaction)
et assure la diffusion des ouvrages auprès d'un large public.
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1. Les Inventaires scientifiques
L'idée d'un inventaire national du patrimoine architectural et artistique
est née en France, au début du XIXe siècle, en réaction
aux destructions et désaffectations occasionnées par la Révolution.
L'Allemagne, dès 1862, l'Autriche dès 1907, l'Angleterre dès
1911 ont à leur tour suivi le mouvement. En France, l'uvre fut reprise
en 1964 sous le nom d'Inventaire général des monuments et richesses
artistiques. Ces différentes entreprises, portées par les États
ou des sociétés privées, ont en commun la volonté
de mieux connaître et faire connaître les monuments hérités
du passé et considérés comme l'expression du génie
de chaque nation. Si aucun des inventaires nationaux n'est achevé, ils
ont suscité de nombreuses publications parallèles, amené
une prise de conscience des problèmes de conservation et conduit à
légiférer afin de sauvegarder les richesses patrimoniales des pays
concernés.
1.1. L'Inventaire des monuments d'art et d'histoire
de la Suisse
Dans notre pays, c'est la Société d'histoire de l'art en Suisse,
fondée en 1880, qui a pris en charge, dès 1927, la publication
de l'Inventaire des monuments d'art et d'histoire. Cette série, qui paraît
selon un découpage cantonal, respecte les limites chronologiques qui
vont de la fin de l'Antiquité aux années 1930. Si les termes de
monuments d'art et d'histoire subsistent dans le titre des ouvrages, ceux-ci
portent actuellement sur l'ensemble des biens culturels de l'environnement construit.
Outre l'architecture, son décor et le mobilier, ils comprennent également
l'évolution de l'urbanisme et de l'aménagement du territoire compris
dans leur contexte historique. La préparation de chaque volume nécessite
un dépouillement approfondi des sources d'archives et la réunion
d'une vaste iconographie. Elle donne l'occasion de réaliser des relevés
architecturaux, comme des plans de reconstitution de bâtiments et du tissu
urbain. Ces ouvrages fournissent une base solide aux professionnels de la protection
du patrimoine tout en intéressant les architectes mandatés pour
des réhabilitations ou des transformations, les chercheurs et un vaste
public d'amateurs (catalogue
des monuments d'art et d'histoire).
2. Les Monuments d'art et d'histoire du canton de
Genève
L'Inventaire des monuments d'art et d'histoire du canton de Genève (IMAHGe),
dernier à être mis sur pied en Suisse hormis le Jura, a été
préparé par la parution du guide "Ville et canton de Genève"
dans la série "Arts et Monuments" (SHAS). À la fin de
1985, l'État de Genève passe contrat avec la Société
d'histoire de l'art en Suisse pour la publication d'une série de 12 volumes.
Une équipe de recherche et de rédaction, composée d'historiens,
d'historiens de l'art et d'une architecte avec le concours ponctuel de photographes
est constituée. Elle s'est élargie et modifiée au cours du
temps. En 2001, l'IMAHGe a été intégré au sein de
l'Office du patrimoine et des sites.
Le programme initial de parution a été adapté à de
nouvelles options, régulièrement vérifiées et discutées
au sein du groupe de chercheurs. Les travaux sont supervisés par la Commission
scientifique cantonale formée de spécialistes des sujets et époques
traités et de représentants des institutions publiques concernées
(Université, archives, musées et Service d'archéologie).
Un expert, actuellement Livio Fornara, conservateur au Musée d'art et d'histoire,
suit les travaux.
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