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Service cantonal de la culture

Fonds cantonal d'art contemporain - FCAC

Éclairage du mois, une œuvre de la collection


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Pierre-Philippe Freymond
Chimère 2 (d'après Ambroise Paré), 2004
animal taxidermisé
73 x 33 x 97 cm
n° inv. 2979
crédit photo : Pierre-Philippe Freymond

> tous les éclairages du mois


Pierre-Philippe Freymond (1961, Morges, Suisse)
Vit à Genève

L'originalité de Pierre-Philippe Freymond dans le paysage artistique genevois tient, notamment, à sa formation de biologiste. En effet, celle-ci nourrit chez lui un imaginaire particulier, où le vivant, avec sa fantastique capacité de développement et de transformation, est central ; mais si le vivant l'inspire, c'est tel qu'il est vu et analysé par les moyens technologiques d'aujourd'hui. On reconnaît dans ses œuvres les thèmes de l'expérience scientifique, de l'investigation microscopique (bactéries, virus, phéromones), de la mutation génétique, de la monstruosité. On y reconnaît également des protocoles de recherche et des modes de présentation utilisés en biologie : textes explicatifs, photographies ou vidéos documentaires, coupes, tests, éprouvettes, incubatrices ou plantations expérimentales. Le spectateur se trouve ainsi confronté à des objets inattendus dans le champ de l'art et, fasciné par les pouvoirs et l'autorité de la science, il cherche quel type de lecture adopter, quelle distance critique conserver ; pris entre les volontés démiurgiques de l'artiste et de l'homme de science, il est projeté dans un milieu ambigu, à la limite du connu, voire du possible.

Dans Chimère II (d'après Ambroise Paré), Freymond présente le corps d'un sanglier taxidermisé butant contre le mur, dans lequel il semble s'être enfoncé jusqu'aux épaules. Ce corps tronqué, comme saisi en pleine marche, reste porteur d'une énergie communicative. Peut-être grâce aux trophées de chasse, on imagine la tête du sanglier de l'autre côté du mur ; curieux de découvrir ce qu'il y a au-delà de cette frontière, on s'identifie sans peine à ce corps animal, pourvu qu'il nous entraîne de l'autre côté (du mur, du miroir, ou de la mort…). Et voilà qu'en un coup de baguette magique, Freymond nous surprend, corps de sanglier à tête humaine, à ressembler à l'une des chimères dessinées par Ambroise Paré, parmi ses Monstres et prodiges
Travail sur la frontière - entre la vie et la mort, le réel et l'imaginaire, la nature et l’artefact, l’art et la science -, fascination pour la transformation, voire la transmutation, l'œuvre de Freymond rejoint et nourrit les interrogations d'un monde contemporain qui cherche ses repères. (ABLB)

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