Ecusson Site officiel de l'Etat de Genève Home l Recherche l Annuaires l Départements

 


Recrudescence du VIH-Sida : mythe ou réalité ? et les manifestations planifiées autour du 1er décembre

Intervenants:

  • Florian Hübner, groupe Sida Genève
  • Christopher Park, Dialogai
  • Pr Bernard Hirschel, Hôpital cantonal universitaire de Genève
  • Florian Hübner, groupe Sida Genève

Depuis l’arrivée des trithérapies, plusieurs journaux tant scientifiques que populaires, ont fait état d’un relâchement dans les précautions prises pour diminuer la transmission sexuelle. En septembre 2001, l’Office fédéral de la santé publique a publié une mise en garde concernant une recrudescence des nouvelles infections à VIH diagnostiquées en Suisse durant les premiers mois de l’année 2001.

Dans ces conditions, il nous a paru utile de réunir les données disponibles dans notre ville. Comment la situation se présente-t-elle au niveau des organisations qui luttent pour la prévention du VIH ? Que disent les statistiques sur la fréquence des maladies sexuellement transmises en général, et du VIH en particulier ?

Recrudescence du VIH/SIDA à Genève : mythe ou réalité ?

Hirschel, avec l'aide de du Dr P. Sudre (Service du médecin cantonal), B. Arzel et M. San Martin (cours de Santé communautaire)

La figure 1 montre le nombre de nouveaux cas de séropositivité VIH découverts à Genève. On voit une diminution importante au début des années 1990, puis une stabilisation depuis 1998.


Parmi les environ 100 cas découverts par an à Genève, la distribution géographique des patients change. Il y a une diminution relative des Suisses, dont la proportion passe de 64 à 45% entre 1990 et 2001, et une proportion augmentée des patients d’origine africaine avec transmission par voie hétérosexuelle (13,8% en 1990, 40,8% en 2001).
En cela, les nouveaux cas diagnostiqués à Genève reflètent l’épidémie mondiale, avec un contrôle relatif dans les pays riches, mais une augmentation des cas dans les pays au sud du Sahara.

La figure 3 montre la contribution relative des divers groupes de transmission. La transmission sexuelle (hétéro- et homosexuelle) est maintenant responsable de la presque totalité des cas, car la prévention de l’infection a été particulièrement efficace chez les toxicomanes.


Nous avons pris un soin particulier à comparer les premiers 9 mois des années 2000 et 2001, au vu de l’annonce de l’OFSP parlant d’une augmentation. Comme le montre la figure 3, ni le laboratoire central de virologie de l’Hôpital cantonal, ni l’OFSP ne démontrent une telle augmentation à Genève. Concernant le problème particulier des toxicomanes, signalé dans l’annonce de l’OFSP en septembre, il y a eu à Genève 4 nouveaux cas en 2000 et 3 en 2001.

Les infections nouvellement découvertes ne sont pas forcément des infections récentes ; un patient a très bien pu être infecté en 1990 et n’être dépisté qu’en 2001. Il existe cependant des cas d’infections aiguës à VIH, auxquels nous nous intéressons particulièrement à Genève.
Le nombre de ces patients, que nous avons inclus dans nos études de traitement, n’a pas non plus augmenté depuis 1997, comme le montre la figure 5.


Quant aux maladies sexuellement transmises, nous disposons de chiffres fiables pour la syphilis (Clinique de dermatologie) et la gonorrhée (statistiques tenues par l’Office fédéral de la santé publique). La figure 6 montre que ni l’une ni l’autre de ces maladies n’a récemment augmenté.


Il y a cependant une ombre à ce tableau globalement rassurant, qui est représentée par la figure 7 : on y voit le nombre de séjours de patients VIH-sida dans les cliniques de médecine des HUG. Ce nombre a d’abord fortement diminué, avec l’arrivée des trithérapies entre 1995 et 1997.



Depuis, il y a de nouveau une augmentation. Comme le montre la figure 8, le nombre de nouveaux patients hospitalisés n’a cependant pas augmenté.


Il faut en conclure que la plupart des hospitalisations sont celles de patients que nous connaissons depuis des années ; il ne s’agit donc pas de nouvelles infections.

Pourquoi cette augmentation des hospitalisations ?. Les raisons sont probablement multiples : certains patients souffrent d’autres maladies plus ou moins associées au VIH, par exemple des maladies du foie, telles que l’hépatite C ; chez d’autres encore, l’effet de la trithérapie s’estompe ou n’a jamais été parfaite.

En conclusion : nous ne voyons pas d'évidence, à l'heure actuelle, pour une recrudescence des infections VIH à Genève. Le nombre des infections nouvellement dépistées a diminué entre 1990 et 1997, puis s'est stabilisé.

En grande partie, les infections découvertes récemment se sont produites à l'étranger, hors de la portée de nos efforts de prévention. Pour ce qui est des infections indigènes, c’est toujours la population homosexuelle qui reste la plus touchée. C'est donc là que l’on devrait promouvoir des efforts supplémentaires de prévention.
Christopher Park, Dialogai

Bien que l'augmentation dont parle l'OFSP ne se traduit pas encore en chiffres à Genève, il n'y a pas non plus de raison de relâcher le message de prévention envers les hommes homosexuels multipartenaires.
L'accessibilité des préservatifs, la continuité du message "safer sex", le soutien et le conseil aux hommes gais face à leur santé feront, comme toujours, partie de l'offre faite par Dialogai à la communauté gaie de Genève.
Les chiffres concernant l'augmentation des hospitalisations en clinique de médecine démontrent que l'efficacité des thérapies anti-sida est limitée; une conscience plus grande de ce fait doit être suscitée dans les groupes vulnérables comme les hommes gais multipartenaires.

Des progrès historiques ont été réalisés cette année à Genève pour la reconnaissance des unions homosexuelles par l'intermédiaire du partenariat genevois.

Nous souhaitons que cela ne soit qu'un début et que disparaîssent peu à peu toutes les discriminations en fonction de l'orientation sexuelle.Mais beaucoup de gais perçoivent encore l'homophobie dans la société: à l'école, au travail, parfois même dans le cabinet du médecin et leur estime pour eux-mêmes en est affectée.

Nous croyons qu'il y a un rapport à développer entre ce manque d'estime de soi et le désir de se protéger du VIH et des IST.

Pour l'année à venir, nous espérons pouvoir améliorer notre travail de sensibilisation et de responsabilisation des hommes gais face à leur santé, mais aussi sensibiliser diverses professions, dont celles de la santé physique et mentale, aux besoins du patient gai.

Dialogai espère que ce travail en profondeur sur la santé et le mieux-être gai renforcera la vigilance et la solidarité de la communauté homosexuelle face au sida et aux autres maladies sexuellement transmises.

Pour plus d'informations sur le sujet : http://www.aids.ch/pdf/WATDossierfr.pdf

Pour les détails du programme de la journée du 1er décembre : http://www.hivnet.ch/gsg/



Home Recherche Annuaires Départements

Retour en haut de la page