Depuis mai 2002, la Suisse est dotée d'une Charte de la statistique publique que l'Office cantonal de la statistique (OCSTAT-Genève) s'est engagé à respecter avec près de quarante autres services ou organismes producteurs de statistiques.
La Charte se réfère aux Principes fondamentaux de la statistique officielle de la Commission économique pour l’Europe des Nations Unies (avril 1992) et à la Déclaration sur l’éthique professionnelle de l’Institut international de la statistique (août 1985). Sa teneur correspond dans ses grandes lignes au Code de bonnes pratiques de la statistique européenne (février 2005).
Cette Charte est un code de déontologie composé de cinq chapitres (information publique, indépendance, diffusion, qualité, protection de la personnalité), couvrant vingt principes fondamentaux et recommandations, et définissant des normes de comportement professionnel.
Sans avoir une portée juridique impérative, ces principes et recommandations déterminent l'activité concrète des services de statistique. Ils ont la portée d'une ordonnance administrative interne ou, en d'autres termes, d'un ordre de service, qui s'impose aux collaborateurs des services signataires en vertu du pouvoir hiérarchique conféré à leur direction.
La Charte étant signée avec l'accord des autorités, cette reconnaissance signifie que la Charte s'impose aussi aux directions des services de statistique, mais dans le respect des dispositions légales pertinentes.
Charte de la statistique publique de la Suisse (2e édition révisée en janvier 2008)Afin de contribuer à la promotion des principes fondamentaux de la Charte et d’aider à sa mise en œuvre, un Conseil d'éthique de la statistique publique de la Suisse est institué par la Section statistique publique de la Société suisse de statistique (SSS-O) sur mandat de l’Office fédéral de la statistique (OFS) et de la Conférence suisse des offices régionaux de statistique (CORSTAT).
Ce Conseil, qui renforce la crédibilité de la Charte, constitue une autorité morale indépendante, consultative et de surveillance.
Le Conseil d’éthique est formé de sept membres dont l’un assume la présidence et trois au moins sont affiliés à la Société suisse de statistique. En règle générale, deux membres représentent la CORSTAT et trois membres la statistique fédérale, dont deux l’OFS. En principe, la personne en charge de la présidence n’est pas membre de la SSS. Elle est choisie en fonction de sa notoriété et de ses qualités, hors de la statistique publique. Les sept membres du Conseil d’éthique sont élus par l’Assemblée générale de la SSS-O.
Chacun peut saisir le Conseil d'éthique pour une requête, sans risque de subir un quelconque préjudice, demander un conseil ou une expertise. En cas de requête visant un organisme de la statistique publique, celui-ci en est immédiatement informé par le Conseil d’éthique. Les personnes intéressées sont entendues. Si les délibérations du Conseil d’éthique ne sont pas publiques, ses conclusions le sont. Les constatations et recommandations du Conseil d’éthique sont portées à la connaissance de tous les organismes de la statistique publique auxquels la Charte est applicable, tout en veillant au respect de la personnalité. La description des cas soumis au Conseil d'éthique et ses recommandations figurent sur le site Internet du Conseil d'éthique.
Règlement du Conseil d'éthique de la statistique publique (2e édition révisée en janvier 2008)Les Principes fondamentaux de la statistique publique, promulgués en 1992 par la Commission économique pour l’Europe des Nations Unies pour guider la reconstruction des systèmes statistiques des pays de l’Est à la chute du Mur, et adoptés en 1994 par la Commission statistique des Nations Unies, sont un code de conduite et un standard universel pour la profession. Ils servent à la fois de lien vital et de césure nette entre la statistique et la formulation de politiques.
Ils garantissent une statistique publique au service du débat démocratique. Au niveau international, ils servent de référence de base pour la désignation de bonnes pratiques.
La Suisse a montré de 3 manières son attachement aux principes fondamentaux depuis leur promulgation : l’adoption d’une loi statistique en 1992, l’adoption d’une charte nationale, l’adoption du code de bonnes pratiques de l'UE.
Principes fondamentaux de la statistique officielle :