NON
À LA MODIFICATION DE LA LDTR
LOYERS AU METRE CARRE = LOYERS
GONFLES!
NON AU MÉPRIS DE LA VOLONTÉ POPULAIRE
Une provocation contre les
locataires
Le 8 février 2004, le peuple genevois,
à la suite d’un référendum
de l’ASLOCA, a rejeté massivement la
loi fédérale visant à introduire
une spirale de hausses des loyers. Le même
jour, les électrices et électeurs
genevois ont également refusé une
modification de la loi cantonale sur les démolitions,
transformations, rénovations de maisons d’habitation
(LDTR) qui avait pour but de réintroduire
les «congés-ventes» dans notre
canton, c’est-à-dire la menace de mettre
les locataires devant le dilemme d’acheter
leur appartement ou de partir.
Cinq jours plus tard (!), le 13 février
2004, la majorité du Grand Conseil a voté
une nouvelle modification de la LDTR visant cette
fois-ci à majorer plus facilement
les loyers.
C’est une provocation, un incroyable mépris
de la volonté populaire.
Loyers au m2 de plancher:
une machine à majorer les loyers
La nouvelle astuce concoctée par la majorité
du parlement cantonal, laquelle obéit aux
régies et aux promoteurs immobiliers, consiste
à calculer les hausses de loyer, après
travaux, en fonction des mètres carrés
de surface des logements (et non plus seulement
en fonction du nombre de pièces).
Des hausses de loyer de 25%
et plus
Ainsi, lorsque la surface d’un logement dépasse
de 10 % ou plus la surface moyenne des logements
du canton, le loyer pourra alors subir une hausse
supplémentaire.
Cette majoration de loyer supplémentaire
pourra atteindre 25% et même davantage, selon
les calculs effectués par l’administration
cantonale.
Une moyenne statistique?
Non, une moyenne pifométrique!
Comment va-t-on calculer la surface moyenne des
appartements et des pièces? La
nouvelle loi ne fixe aucune règle,
mais on peut être certain que l’intégralité
des surfaces de plancher, y compris l’épaisseur
des murs, sera prise en compte, c’est-à-dire
chaque recoin, ainsi que les surfaces non
habitables, comme les couloirs, halls, espaces
sanitaires. De plus, il n’existe aucune statistique
sérieuse et fiable à Genève
permettant de déterminer la surface moyenne
des pièces des logements. La surface des
pièces a été estimée
«de manière empirique» (en langage
courant «pifométrique » !). On
sait d’avance que le calcul des m2 des logements
conduira à des abus.
Baisse des loyers: une tromperie!
Les auteurs de la nouvelle loi nous disent que,
lorsque la surface des pièces d’un
logement sera inférieure à la moyenne
empirique, il y aura alors une majoration de loyer
moins importante. Une fois de plus, on se moque
des locataires! Toute l’histoire de la défense
des locataires démontre que les régisseurs
appliquent systématiquement les règles
légales pour augmenter les loyers et que
les baisses de loyers sont exceptionnelles et insignifiantes.
Il s’agit donc d’un leurre. Du reste,
chacun sait que les propriétaires n’ont
jamais baissé d’eux-mêmes les
loyers, tout particulièrement lorsque le
taux des intérêts hypothécaires
a baissé, alors qu’ils ont augmenté
les loyers chaque fois que ce taux a été
majoré. Les milieux immobiliers tentent de
minimiser les effets de la loi Les milieux immobiliers
tentent comme d’habitude de minimiser les
effets de leur nouvelle méthode de calculer
(c’est-à-dire d’augmenter) les
loyers. Ils font valoir que cette «nouveauté»
ne s’appliquera qu’en cas de hausses
de loyer résultant de travaux.
Autant dire qu’un jour ou l’autre chacun
verra son loyer calculé en fonction des m2
de surface de plancher de son logement, car il y
a toujours des travaux à faire dans un immeuble!
D’autre part, la stratégie des milieux
immobiliers est claire. Une fois le principe de
ce mode de calcul inscrit dans la loi, celui-ci
sera, dans un deuxième temps, étendu
à tous les appartements au fur et à
mesure du renouvellement des contrats de bail.
Non à une politique
revancharde contre une loi indispensable
La LDTR est une excellente loi. Elle modère
les majorations de loyers en cas de travaux de rénovation
; elle a stoppé les démolitions d’immeubles
et la transformation de logements en bureaux; elle
a mis un terme à la vague des congés-ventes.
Cette loi a permis de supprimer
de nombreux abus, c’est pourquoi les
milieux immobiliers ne la supportent pas. Ils n’ont
de cesse de vouloir l’affaiblir et multiplient
à cet effet les projets visant à la
modifier.
Votez NON à cette loi
injuste
Le référendum mis en votation est
soutenu par les diverses organisations de défense
des locataires. Il est le troisième
en deux ans; dans les deux votations précédentes,
les atteintes aux droits des locataires ont été
refusées par le peuple. Les
milieux immobiliers profitent d’énormes
bénéfices. Au moment où nos
revenus stagnent, alors que les charges augmentent,
des hausses de loyer injustifiées sont inacceptables.
Cette fois encore, il faut que nous défendions
la LDTR et que nous empêchions la mise en
route d’une machine à majorer les loyers
en votant NON à cette loi injuste.
Le Comité référendaire est
formé de: Christian Grobet (Député,
ancien Président de la Fédération
Suisse des Locataires), Christian Ferrazino (Conseiller
administratif-Ville de Genève), Marie-Paule
Blanchard-Queloz (MPF-Députée), Rémy
Pagani (FAQH-Député), Jeannine de
Haller (Conseillère administrative), Jean
Blanchard (MPF), René Ecuyer (Député),
Nils de Dardel (ancien avocat ASLOCA), Yves Mesot
(MPF), Pierre Fuchs (MPF).
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