Abattages de dix arbres devenus dangereux et travaux annuels de régénération des forêts

Alors que le Service des espaces verts (SEVE) prévoit de planter plus de 350 arbres d’ici le mois d’avril, des abattages sont également programmés en ce début d’année. Parmi ceux-ci, dix spécimens emblématiques situés au centre-ville doivent être coupés afin d’assurer la sécurité publique. La saison hivernale, synonyme de repos végétatif, est aussi celle des élagages, tailles et autres travaux de régénération dans les forêts.

En milieu urbain, la gestion du patrimoine arboré devient de plus en plus complexe: pollution, manque d’espace, vandalisme et changements climatiques engendrent le dépérissement prématuré de nombreux arbres. Le SEVE entreprend diverses démarches (haubanage, paillage, taille, installation de barrières…) et suit minutieusement l’évolution des arbres pour les préserver aussi longtemps que possible et retarder au maximum les coupes. L'abattage reste une mesure prise en dernier ressort lorsqu’aucune autre intervention ne permet d’assurer la viabilité de l’arbre et qu'il y a un danger pour les usagères et usagers de l’espace public.

Un risque pour la sécurité publique 

Un hêtre pleureur de la promenade de Saint-Jean devra être abattu pour des raisons de sécurité publique. Le 30 avril 2025, cet arbre remarquable a été victime d’un acte de vandalisme, identifié comme un incendie criminel, ayant provoqué d’importantes brûlures au niveau du tronc et des principales branches charpentières. Lors d’un des contrôles de suivi de son état, l’apparition de fissurations au niveau de l’embranchement principal, révélant une fragilisation structurelle majeure, a été constatée. Un diagnostic sanitaire approfondi a été effectué par un bureau indépendant afin d’évaluer le niveau de risque pour les usagères et usagers du parc. Les conclusions de l’expertise sont sans appel: «il n’existe pas de possibilité technique permettant de maintenir cet arbre à court terme avec un risque de dommage acceptable».

Le SEVE rappelle son attachement à la préservation du patrimoine arboré, et souligne que cette décision, difficile, résulte de comportements malveillants qui sont en augmentation depuis plusieurs années. Pour rappel, un platane à Baby-Plage a également dû être abattu à la fin du mois de janvier pour les mêmes raisons.

Sur la place de la Navigation, un tilleul argenté présente un fort dépérissement irréversible. La réduction de certaines branches avait permis de réduire le risque de rupture de ses axes principaux, mais la dernière expertise montre que la qualité du bois s'est altérée rapidement, nécessitant une intervention urgente.

Dans le quartier de la gare, huit platanes, six situés le long du boulevard James-Fazy et deux sur la place Issac-Mercier, devront être abattus. Attaqués par un champignon, ils ont fait l’objet d’une expertise externe qui a conclu à la nécessité d’une intervention. Leur fort état de dépérissement représente un risque pour la sécurité du public, présent en nombre dans cette zone très fréquentée.

Des interventions responsables et tournées vers l’avenir

Afin d’assurer la pérennité du patrimoine arboré, la Ville s’engage à replanter les six arbres du boulevard James-Fazy avant la prochaine saison estivale et les platanes de la place Issac-Mercier à l’occasion de la requalification du site. Le tilleul de la place de la Navigation sera remplacé ce printemps et le hêtre de la promenade de Saint-Jean l’hiver suivant. Ces nouvelles plantations, adaptées aux conditions actuelles et à venir en milieu urbain, permettront de maintenir un niveau de canopée satisfaisant afin d’améliorer les services écosystémiques rendus par les arbres (rafraichissement, production d’oxygène, stockage du carbone, biodiversité) et de renforcer la résilience du territoire face aux enjeux climatiques.

Travaux annuels de régénération des forêts

Comme chaque année durant la période de repos végétatif des arbres, le SEVE réalise les travaux nécessaires à la régénération des 70 hectares de forêts appartenant à la Ville de Genève. Ces interventions, inscrites dans le cycle naturel de reproduction des arbres, contribuent au renforcement des forêts tout en garantissant la sécurité des promeneuses et promeneurs. Ces 70 hectares, soit l’équivalent de 140 terrains de football, se répartissent principalement sur trois sites: le Bois des Frères, le Bois de la Bâtie et le Nant-de-Châtillon.

Au Bois de la Bâtie, des arbres morts seront enlevés pour sécuriser les cheminements et des chênes atteints par un champignon lignivore, la collybie à pied en fuseau, seront éliminés. Ces interventions font suite à un rapport sanitaire établi en 2025 par un bureau indépendant.

La Ville remercie les riverains et riveraines pour leur compréhension face aux désagréments temporaires liés à ces travaux, réalisés dans un souci constant de sécurité, de durabilité et de qualité du cadre de vie.

Pour rappel, depuis le milieu du XXᵉ siècle, la forêt genevoise n’est plus exploitée en taillis, mais en futaie : des arbres de différentes générations y cohabitent, et les plus anciens, aujourd’hui centenaires, sont particulièrement imposants. Ces milieux forestiers constituent des refuges essentiels pour de nombreuses espèces animales et végétales, contribuant activement à la biodiversité. Comme l’ensemble des espaces verts de la Ville de Genève, les forêts sont entretenues de manière écologique, sans recours aux produits chimiques, et bénéficient du label FSC depuis 2018. Ce label, reconnu internationalement, garantit une gestion durable et responsable des forêts certifiées.

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Article modifié le 09.02.2026 à 15:35