Budget 2027: des incertitudes et des besoins croissants

Le projet de budget 2027 de la Ville de Genève présente des revenus nets de 1'349 millions de francs et des charges nettes de 1’418 millions. Le déficit atteint un montant proche de celui de 2026, à savoir 69,2 millions. Face à la réduction des revenus due aux récentes baisses d’impôts, des coupes dans les frais de fonctionnement et certaines subventions sont envisagées.

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Alors que les revenus de la ville stagnent (1'349 millions de francs) et que les besoins de la population ne cessent d’augmenter (charges de 1'418 millions), le Conseil administratif a dû procéder à plus de 13 millions d’économies afin de contenir le déficit en vue d’un retour à l’équilibre en 2033. En procédant à des coupes dans les frais de fonctionnement et en réduisant certaines subventions, il a réussi à limiter le déficit en dessous de 70 millions.

L’élaboration du projet de budget s’inscrit à nouveau dans un contexte économique mondial marqué par de fortes incertitudes. Les baisses d’impôts cantonaux et communaux successives pèsent sur les recettes fiscales, alors que les difficultés économiques d’une partie de la population et les disparités sociales augmentent. La nécessité de réduire les émissions de CO₂ de la Ville tout en lui donnant les moyens de s’adapter aux effets du dérèglement climatique constitue également un défi majeur.

Pour la seconde année consécutive, les prévisions fiscales transmises par l’administration cantonale au mois d’août sont moins bonnes que celles du mois de mai, obligeant le Conseil administratif à procéder à des coupes afin de limiter le déficit et de préparer le retour à l’équilibre en 2033. Il présente ainsi un budget déficitaire de 69,2 millions de francs. Pour Alfonso Gomez, Conseiller administratif en charge des finances, «les multiples baisses fiscales du Canton nous empêchent de maintenir les prestations. Par ailleurs, la volonté du Conseil d’Etat de procéder à des transferts de charges constitue une menace supplémentaire que nous n’avons pas les moyens d’assumer en l’état.»

Une augmentation des revenus comparable à celle des charges

Les revenus nets atteignent 1'349 millions, en augmentation de 35,4 millions par rapport au budget 2026. Les impôts des personnes physiques sont en progression très modeste (+5,4 millions) alors que les impôts des personnes morales sont en baisse d’un montant similaire (-5,5 millions). Après avoir fortement chuté en 2026, les revenus projetés des centimes additionnels complémentaires (ex TPC) remontent légèrement à 118 millions (+2,2 millions). Cette progression provient de la moyenne des correctifs des années antérieures constatés et de la variation du fonds de péréquation intercommunal. Ainsi, ce budget repose sur des hypothèses plus réalistes et prudentes dans un contexte économique encore incertain.

Les charges nettes augmentent de 34,2 millions. Ce montant se répartit de la manière suivante: 16 millions sont dévolus aux salaires, 9 millions aux charges de transfert (petite enfance, parascolaire, animation socio-culturelle), 4 millions aux amortissements, 7 millions aux charges financières et une diminution de 2,7 millions de francs dans les biens, services et autres.

Des places de crèches supplémentaires

Priorité de l’exécutif, la politique de la petite enfance continue à être renforcée par la création de 118 places de crèches supplémentaires. Trois nouvelles structures ouvriront en 2027 (Rue de l’Avenir, Aïre, la Collective) et davantage de places seront disponibles dans deux institutions existantes. Des réformes cantonales, qui visent à renforcer la stabilité des équipes et à garantir la qualité de l’accueil proposé aux enfants, entraînent toutefois des conséquences financières et nécessitent une augmentation des budgets consacrés aux structures d’accueil de la petite enfance. Ainsi, 45,3 nouveaux postes sont prévus dans les crèches municipalisées.

Au total, 68,8 postes sont créés dont un poste pour l’entretien de la Campagne Masset, un poste pour le chantier de la gare Cornavin, 2,2 ETP pour les patrouilles scolaires, 2 ETP pour la police municipale, 3,2 ETP pour des accueillants sociaux, 1,2 ETP de médiateur culturel, 3,8 ETP pour des agents d’entretien au service de l’enfance.

Afin de financer ces nouvelles prestations et postes, répondre aux besoins sociaux croissants de la population tout en allant de l’avant dans la construction de nouveaux quartiers, des économies ont été trouvées dans plusieurs secteurs (subventions, achats de biens et services, suppression de postes vacants, harmonisation des horaires des crèches).

Conséquente, l’enveloppe des investissements reste la même que ces dernières années. 180 millions de francs sont ainsi prévus afin d’adapter le territoire, lutter contre le changement climatique, poursuivre la transition numérique de l’administration et soutenir le sport et la culture.

Contact pour les médias

Alfonso Gomez, Conseiller administratif en charge du Département des finances, de l’environnement et du logement (DFEL), en contactant Caroline Zumbach, collaboratrice personnelle, @email ou +41 76 693 78 33.

Article modifié le 23.09.2026 à 16:37