Le Conseil administratif de la Ville de Genève salue la décision du Conseil fédéral de se joindre à la déclaration commune du 21 juillet, signée par 28 ministres des affaires étrangères, appelant à mettre fin immédiatement au conflit dans la bande de Gaza et à la famine qui y sévit. Mais cet engagement doit désormais se concrétiser : les mots ne suffisent plus.
La mort de plus d’un millier de civils lors de distributions alimentaires depuis le mois de mai, les décès insoutenables d’enfants affamés, les bombardements incessants sur Gaza City et sur des camps de personnes déplacées, les hôpitaux dévastés, illustrent une stratégie d’anéantissement qui ne saurait être tolérée par la communauté internationale. L’Exécutif de la Ville de Genève exhorte le Conseil fédéral à adopter des mesures fortes et claires pour protéger un peuple tout entier, menacé d’extermination.
Aujourd’hui, un tiers de la population gazaouie, y compris des enfants, n’a pas mangé depuis plusieurs jours, et un quart de cette population est déjà en situation de famine. L’armée israélienne confine désormais les deux millions de Gazaouis dans 12 % de leur territoire d’origine. Pire : dans la ville de Deir Al-Balah, l’un des cinq lieux de vie où se trouvent d’ailleurs les dernières organisations humanitaires présentes sur place, des bombardements ont eu lieu pour la première fois et font fuir les civils, qui s’entassent dans des conditions inhumaines. Il s’agit d’un nettoyage ethnique en cours, sous les yeux du monde ; personne ne pourra dire qu’il ne savait pas.
La Suisse, gardienne des Conventions de Genève, a une responsabilité historique et morale. Elle doit tout de suite :
- Intensifier son action diplomatique et économique pour faire pression sur Israël afin de faire respecter le droit international humanitaire en mettant en place un embargo sur tous les produits provenant des Colonies et sur l’importation et l’exportation d’armement.
- Exiger la protection de la population civile et des acteurs humanitaires présents sur le terrain et œuvrer pour que l’ensemble de l’aide humanitaire puissent avoir un accès immédiat auprès de toutes les victimes.
- Se positionner comme médiatrice, afin de travailler à une sortie de crise durable et que cessent les violations incessantes et répétées du droit international humanitaire y compris en Cisjordanie et Jérusalem-Est où les exactions des colons se déroulent dans la plus grande impunité.
- Entamer le processus de reconnaissance de l’Etat de Palestine.
Le Conseil administratif en appelle également aux autres villes suisses qui se sont récemment associées à la déclaration conjointe des villes de Lausanne et de Genève à engager le Conseil fédéral dans cette voie. Chaque voix compte pour faire cesser les atrocités.
Contact
Yannick Richter
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Article modifié le 08.08.2025 à 13:36