En septembre 2025, le Muséum d’histoire naturelle de Genève, fermé au public pour travaux, détecte une infestation par un insectes ravageur qui menace ses collections, un patrimoine d'importance internationale. La Ville de Genève présente sa stratégie de sortie de crise pour sauvegarder ses collections, assainir durablement le bâtiment des expositions et permettre une ouverture au public aussi vite que possible.
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Au Muséum d’histoire naturelle de Genève, une opération de sauvegarde hors du commun s’engage face à l’infestation par la Vrillette du pain (Stegobium paniceum).
La cellule de crise de la Ville a mené depuis l’automne 2025 des analyses scientifiques, techniques et patrimoniales afin de développer un plan pour sauvegarder les collections en péril.
Le Conseil administratif valide le dépôt en urgence au Conseil municipal d’une proposition de crédits (PR-1760) destinée à financer ce programme de sauvegarde des collections et d’assainissement du bâtiment des expositions d’une ampleur exceptionnelle.
Patrimoine scientifique d’importance internationale menacé
Le Muséum d’histoire naturelle de Genève, inscrit à l’inventaire fédéral des biens culturels d’importance nationale, conserve plus de 15 millions de spécimens, dont 50’000 pièces uniques de référence mondiale (spécimens “types”).
La vrillette du pain (Stegobium paniceum) repérée dans la galerie "Faune de Suisse" s'est révélée plus tenace que prévu. Discret et redoutable, ce minuscule coléoptère s'attaque aux peaux, aux plumes, au bois et aux herbiers, et peut causer des dégâts irréversibles avant même d'être détecté. Depuis l’automne 2025, les inspections menées au Muséum ont confirmé la présence du ravageur à différents niveaux du bâtiment des expositions.
Mobilisation exceptionnelle des équipes
Dès la découverte du foyer, une cellule de crise réunissant le Département de la culture et de la transition numérique (DCTN), le Muséum (MHNG), le Département de l’aménagement, des constructions et de la mobilité (DACM), la Direction du patrimoine bâti (DPBA), ainsi que le Département des finances, de l’environnement et du logement (DFEL) a été activée. Des mesures d’urgence ont immédiatement été déployées:
- confinement des zones touchées;
- renforcement massif du monitoring des insectes ravageurs;
- installation de dispositifs de congélation et d’anoxie;
- traitements curatifs ciblés;
- sécurisation des espaces et adaptation des chantiers en cours.
Parallèlement, un important travail d’expertise scientifique et logistique a été conduit avec l’appui de plusieurs institutions patrimoniales européennes de référence, notamment le Muséum national d’histoire naturelle à Paris, le Musée du quai Branly – Jacques Chirac et le Centre de recherche et de restauration des musées de France.
Stratégie de désinfestation progressive
Plusieurs scénarii de sortie de crise ont été étudiés avec comme priorités la sauvegarde des collections et l’assainissement durable du bâtiment concerné. La variante retenue privilégie une ouverture dès 2028 plutôt que de rester fermé jusqu’en 2034 (variante écartée). Cette variante, d’une grande complexité logistique et technique, prévoit un traitement par étapes des niveaux du bâtiment des expositions pour un assainissement complet prévu en 2036.
Un investissement majeur pour la sauvegarde des collections
La proposition de crédits soumise au Conseil municipal prévoit un investissement exceptionnel à engager sur dix ans. L'ampleur des opérations à conduire est à la mesure de la gravité de la crise patrimoniale que traverse le Muséum. Le Conseil administratif de la Ville de Genève entend assumer pleinement ses responsabilités à l'égard de ce patrimoine d'importance nationale et internationale.
Article modifié le 09.06.2026 à 14:09