Comme pour tous les êtres vivants, les canicules successives de cet été ont été éprouvantes pour les arbres. Cette situation fait l’objet d’une attention particulière de la part du Service des espaces verts (SEVE) de la Ville de Genève, qui s’inquiète des conséquences de l’évolution du climat et de la multiplication des épisodes de fortes chaleurs et sécheresse sur les arbres.
Afin de préserver les végétaux les plus sensibles le SEVE adapte constamment ses pratiques d’entretien et d’arrosage. S’il est trop tôt pour tirer un bilan de cet été, il n’a toutefois pas été observé, à ce stade, de progression significative du nombre d’abattage d’arbres.
Des arbres face aux contraintes urbaines
La plupart des arbres urbains évoluent dans des espaces restreints et des sols contraignants. Ils sont exposés à la pollution, aux dégâts liés aux travaux, au vandalisme ainsi qu’aux effets du changement climatique. Les épisodes de chaleur et de sécheresse accentuent leur vulnérabilité. Dans ce contexte, le SEVE met en œuvre des mesures adaptées afin de leur garantir les meilleures conditions de croissance possibles.
Un arrosage adapté aux besoins des végétaux
Depuis le début de l’été, les équipes du SEVE assurent un suivi attentif de l’arrosage des espaces verts. Les interventions sont réalisées en fonction des besoins réels des végétaux, qui varient selon l’espèce, l’âge, l’emplacement et les caractéristiques du sol.
L’objectif est d’apporter la bonne quantité d’eau au bon moment, car un arrosage excessif peut fragiliser les arbres et nuire à leur développement.
Les premières années d’un jeune arbre sont particulièrement importantes pour lui permettre de développer un système racinaire profond et atteindre l’autonomie dans son approvisionnement en eau. Ainsi, les arbres plantés depuis moins de trois ans bénéficient d’un suivi régulier. Ils sont arrosés en moyenne toutes les deux à trois semaines, avec une fréquence renforcée lors des périodes de canicule. Après trois ans, si l'autonomie hydrique n'est pas atteinte pour certains arbres, l'arrosage est poursuivi jusqu’à atteindre cet objectif. En période de canicule, tous les jeunes arbres font toutefois l’objet de tournées d’observation afin d’identifier d’éventuels signes de stress hydrique et de déterminer si un arrosage complémentaire est nécessaire.
Depuis une dizaine d’années, le SEVE a également développé un suivi tensiométrique des jeunes plantations. Des sondes installées dans le sol, au pied des arbres, permettent de mesurer l’évolution de l’humidité du sol et d’évaluer les conditions favorables à l’activité racinaire. Elles contribuent à mieux cibler les besoins et à optimiser les apports en eau.
Les arbres plus anciens peuvent également être fragilisés par la répétition des épisodes de sécheresse et l’augmentation des températures moyennes. Ils bénéficient donc d’un suivi spécifique.
La première action du SEVE vise à reconstituer un sol forestier vivant par un apport de matières organiques en surface, qui protège et nourrit le sol et limite l’évaporation de l’eau. Le service peut également être amener à mettre en place un arrosage ponctuel et apporter des biostimulants pour favoriser l’activité biologique du sol.
Des essences adaptées au climat futur
Face au changement climatique, le SEVE privilégie depuis plusieurs années des essences plus résistantes à la chaleur et à la sécheresse, comme le chêne pubescent, le chêne vert ou l’érable de Montpellier.
Des pratiques d’entretien différenciées
En période de fortes chaleurs ou de sécheresse, les pratiques d’entretien sont adaptées en fonction des végétaux, des usages et des espaces. Les surfaces recouvertes de gazon et équipées d’un système d’arrosage automatique, notamment certaines pelouses centrales des parcs ou les gazons situés en bord de lac, sont maintenues vertes. Un arrosage manuel complémentaire est effectué lorsque cela s’avère nécessaire. La fréquence des tontes est également réduite afin de limiter les besoins en eau.
À l’inverse, le jaunissement des surfaces de prairies extensives est naturel. Ces espaces sont plus résistants aux périodes sèches et peuvent retrouver leur aspect verdoyant lorsque les conditions météorologiques redeviennent favorables. Ces prairies contribuent au développement de la biodiversité en ville et limitent la consommation d’eau.
Les massifs d’annuelles et de vivaces, les bacs de fleurissement, les suspensions, le jardin de roses du parc La Grange ainsi que les autres massifs emblématiques de la Ville font l’objet d’une attention particulière afin de préserver leur qualité paysagère.
Garantir les meilleures conditions aujourd’hui pour mieux résister demain
S’il est essentiel de prendre des mesures en période de canicule, l’adaptation aux hausses des températures s’inscrit toutefois dans un travail de longue durée. Pour préserver les arbres en ville et prolonger leur durée de vie, le SEVE veille à assurer et maintenir des conditions de croissance favorables et adaptées à leurs besoins.
Ainsi, tous les nouveaux projets d’aménagement développés par la Ville de Genève visent à améliorer les conditions de plantation et la qualité du sol offert aux arbres. Des sondages et analyses pédologiques sont préalablement réalisés et une attention particulière est portée au volume des fosses de plantation, à la qualité des substrats et à la récupération des eaux de surfaces.
Parallèlement aux efforts portés sur l’adaptation des pratiques d’entretien, le choix d’essences mieux adaptées, la protection des sols et la gestion raisonnée de l’eau, le SEVE assure une veille scientifique accrue ainsi qu’un recours aux nouvelles technologies et à l’expérimentation. Toutes ces mesures visent à maintenir durablement une végétation urbaine en bonne santé, capable de rafraîchir la ville, de soutenir la biodiversité et d’offrir un cadre de vie agréable.
D’où vient l’eau utilisée pour l’arrosage ?
La gestion durable de l’eau est un enjeu pour l’avenir. Les équipes du SEVE le savent et assurent un suivi précis des besoins afin de garantir la bonne santé des végétaux.
L’eau du réseau est utilisée pour l’arrosage dans la majorité des espaces. Certains sites bénéficient toutefois d’une alimentation en eau du lac provenant de stations de pompage. C’est notamment le cas du parc La Grange, du parc des Eaux-Vives, du quai Gustave-Ador et de la plage des Eaux-Vives.
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Article modifié le 27.08.2026 à 16:57