Dans un environnement économique particulièrement instable, le projet de budget 2026 de la Ville de Genève présente un déficit de 62,1 millions de francs. La baisse d’impôts votée en 2024 impacte fortement ses ressources financières. Le Conseil administratif a toutefois décidé de maintenir une politique de la petite enfance volontariste et des investissements importants en raison notamment de la densification de la ville.
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Alors que les incertitudes liées à la fiscalité sont nombreuses et que le contexte économique s’avère incertain, le projet de budget 2026 présente des revenus de 1'342,3 millions de francs et des charges de 1'404,4 millions. Le déficit de 62,1 millions étant supérieur de 15,8 millions au montant prévu dans le plan de retour à l’équilibre présenté au Conseil d’Etat au printemps, un nouveau plan sera proposé, conformément à la loi sur l’administration des communes (LAC).
Malgré les promesses formulées lors des votations, la baisse d’impôts sur le revenu des personnes physiques, votée l’automne passé, ampute les revenus à hauteur de 53 millions de francs et la loi sur les estimations fiscales (LFI) de 5 millions. Sans ces baisses de revenus conséquentes, le projet de budget ne serait que très légèrement déficitaire (- 4,1 millions) et aurait permis d’accélérer le retour à l’équilibre. «Le canton demande toujours plus d’efforts aux communes en procédant à des reports de charges en leur défaveur. Les décisions prises de manière unilatérale exacerbent les tensions alors que des dossiers primordiaux, comme la crise de la Genève internationale, la progression de la précarité ou encore la lutte contre le changement climatique, nécessiteraient une collaboration renforcée», soulève le Maire, Alfonso Gomez.
Des charges contraintes en augmentation
Selon les projections fournies par le canton, les impôts des personnes physiques se montent à 649,9 millions, en légère augmentation de 17,7 millions par rapport au budget 2025 qui intégrait déjà la baisse d’impôts, contre 181,1 pour les personnes morales (+11,5 millions). Les recettes liées aux centimes additionnels complémentaires, intégrés à la suite de la suppression de la taxe professionnelle, baissent quant à elles de 11,9 millions de francs. L’ensemble des mécanismes salariaux (progression annuelle des salaires et indexation au coût de la vie) augmente de 11 millions. La création de près de 70 postes, très majoritairement en faveur de la petite enfance (+52,3 ETP), représente 4,4 millions de francs.
Dans ce contexte, l’allongement de la durée du gel des postes vacants permettra de réduire les dépenses de 1,5 million tandis que l’effet de Noria (rotation et remplacement de personnes parties à la retraite par du personnel plus jeune) engendrera une économie de 8,1 millions. Les nouvelles dépenses ont été restreintes au maximum (principalement l’augmentation des licences et souscriptions informatiques et le nettoiement de l’espace public), hors charges contraintes. Ces dernières concernent en particulier les frais engendrés en 2026 par l’ouverture de nouvelles places de crèche à la rentrée 2025 (+3,6 millions), l’hébergement d’urgence relatif à la loi sur l’aide aux personnes sans abri (+1,5 million) et l’augmentation à la fois des aides financières délivrées par le service social (+0,5 million) et des effectifs du parascolaire (+0,4 million). Par ailleurs, les nouvelles directives cantonales en matière de petite enfance, liées à l’encadrement et la qualification des employé-e-s, impactent le budget à hauteur de 2,7 millions.
Développement de l’accueil préscolaire et investissements ambitieux
Malgré la situation budgétaire difficile, la politique de la petite enfance demeure une priorité pour le Conseil administratif. Celle-ci se concrétise par la création de 121 nouvelles places d’éducation préscolaire en 2026 (+3,3 millions). Le Conseil administratif entend par ailleurs maintenir une jauge d’investissements élevée, à hauteur de 180 millions, dans le but d’adapter le territoire au dérèglement climatique, de concrétiser la transition écologique et énergétique, mais également de soutenir le sport et la culture. Sur cette enveloppe, 50 millions doivent être affectés à la rénovation des immeubles de logements dont la Ville est propriétaire (rue des Grottes, rue de la Navigation, Avenue de la Roseraie…) et aux crédits d’études nécessaires à la transformation du grand ensemble de Cité-Jonction. Afin de mener les nombreux chantiers complexes en cours et à venir, le Département de l’aménagement, des constructions et de la mobilité (DACM) se voit doté de trois postes supplémentaires.
Contact
Département des finances, de l’environnement et du logement (DFEL)
M. Alfonso Gomez, Conseiller administratif
En contactant Anna Vaucher
Collaboratrice personnelle
Article modifié le 10.12.2025 à 11:56