Quatre législatures pour l'Ariana.
Christiane Marfurt a siégé pendant presque vingt ans au Conseil municipal de la Ville de Genève. Une carrière vouée à promouvoir le patrimoine culturel.
Née le 1er août 1937, décédée le 20 février 2026, Christiane Marfurt siège au Conseil municipal, dans les rangs du Parti Libéral, de novembre 1971 à mai 1991. Présidente de l'association des intérêts de Saint-Jean-Charmilles en 1970, elle est la première femme élue à la présidence d'une association de quartier genevoise.
Dès son entrée au parlement de la Ville, Christiane Marfurt s'investit dans la commission des pétitions, dont elle est la présidente en 1973/1974 et en 1979/1980, mais surtout elle prend toute sa place dans la commission des beaux-arts, de la culture et du tourisme, où elle est active pendant dix-neuf ans. On ne lui connaît qu'une infidélité, en 1976-1977 quand elle siège au bureau avec le rang de secrétaire (photo, 2 mai 1977). Elle préside la commission des beaux-arts une seule fois, en 1984/1985, mais la lecture du Mémorial du Conseil municipal (MCM) montre qu'elle y porte pendant quatre législatures le dossier du musée Ariana.
L'Ariana: "patience et longueur de temps"
Légué à la Ville de Genève à la fin du XIXe siècle par le riche collectionneur et philanthrope genevois Gustave Revilliod, l'Ariana est, dans les années 1970, une dépendance excentrée du Musée d'art et d'histoire. L'un des seuls musées de la Ville situés sur la rive droite, souvent fermé l'hiver à cause du froid.
En 1973, Christiane Marfurt plaide en plénière pour la valeur culturelle des porcelaines léguées par Revilliod (MCM, 5 juin 1973). Sous son impulsion, la commission des beaux-arts se lance dans l'étude des conditions de conservation des collections de l'Ariana et de leur présentation au public. Pendant ce temps, le Conseil administratif nomme la première vraie conservatrice du site, l'historienne de l'art Marie-Thérèse Coullery.
Avec un coup de pouce décisif de l'élue du Parti du Travail Hasmig Trub, qui s'inquiète des conditions de travail dans le musée et de l'état des collections (1977), le Conseil municipal se rallie à Christiane Marfurt et à la commission des beaux-arts, pour enjoindre l'exécutif de la Ville de présenter un projet de réfection et d'amélioration du bâtiment (MCM, 14 mars 1978). Dans le but que l'Ariana se conforme aux critères de la "muséologie moderne" et assure de bonnes conditions d'accueil au public et à son personnel.
Un premier projet de restauration est rejeté en référendum populaire en 1981, puis un deuxième passe la rampe sans opposition, en 1984. Lors du vote final au Conseil municipal, Christiane Marfurt ne dissimule pas son émotion en reprenant une morale de Lafontaine: "Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage" (MCM, 21 février 1984). Fermé depuis 1981, le musée rouvre au public en 1993 après douze ans de travaux.
L'engagement durable de Christiane Marfurt dans la culture aura été déterminant pour décider la Ville à valoriser l'un de ses plus beaux musées.
Article modifié le 12.03.2026 à 10:40