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La réponse a été mise à jour le 3 décembre 2025.
Bonjour,
Nous vous remercions d'avoir fait appel au service Interroge, voici le résultat de nos recherches :
Dans le document La Suisse pendant les deux Guerres mondiales (1914-1945) réalisé par Présence Suisse, service du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), nous apprenons ceci concernant la stratégie de défense de la Suisse suite au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale :
« La Suisse a initialement organisé sa défense nationale pour parer à une attaque de la France par les Allemands cherchant à contourner la ligne Maginot par le sud. Une ligne de défense a ainsi été mise en place. Les positions défensives ont alors été principalement érigées en 1939 à la frontière nord, le long de la ligne de la Limmat. »
À l’ouest de la Suisse, nous trouvons notamment la ligne fortifiée de la Promenthouse. Aujourd’hui une association maintient en état ce qui subsiste des ouvrages défensifs et notamment les « toblerones » anti-chars. Un sentier permet de suivre cette ligne et d’observer ces vestiges.
Sur le site de l’association, nous trouvons des documents et particulièrement cette carte de l’armée suisse qui vous permet de visualiser les lignes de fortifications (en rouge) et surtout à l’ouest la ligne fortifiée de la Promenthouse. Comme on peut le constater, cette ligne se trouve donc à l'est de Genève et ne la protège pas d'une invasion étrangère.
Le document de Présence Suisse ajoute ensuite qu’« Après la surprenante défaite éclair de la France en juin 1940, la Suisse s’est retrouvée dans une position difficile, car elle était désormais complètement encerclée par les forces de l’Axe allemandes et italiennes, à l’exception d’une petite zone à Genève en regard de la frontière avec la France de Vichy.
Lors de la campagne de France, les Forces aériennes suisses se sont retrouvées mêlées à certaines attaques aériennes avec des avions allemands qui ont entraîné des pertes matérielles et humaines. Le général Guisan a alors ordonné d’éviter le combat pour ne pas provoquer inutilement Hitler. [...] »
C’est à ce moment qu’apparait le concept de « Réduit national » : « Le discours tenu le 25 juillet 1940 sur la prairie du Grütli par le général Guisan devant ses officiers supérieurs avait pour but d’expliquer le repli dans le réduit national: le gros de l’armée devait se replier dans les Alpes et renoncer à défendre le plateau abritant la majeure partie de la population suisse. Il s’agissait d’assurer le trafic de marchandises à travers les Alpes, important pour les forces de l’Axe, en échange de la tranquillité de la Suisse. En cas d’attaque, l’armée suisse aurait interrompu durablement les voies de communication entre l’Allemagne et l’Italie. »
Pour en savoir plus à ce sujet, vous pouvez consulter l’article sur le « Réduit national » dans le Dictionnaire historique de la Suisse (DHS). On y lit notamment ceci :
« Vu l'encerclement qui menaçait la Suisse, le colonel Oscar Adolf Germann proposa un retrait préventif des unités de façon à sécuriser un réduit dans les Alpes et le colonel Hans Frick approuva une concentration de l'armée autour du Gothard, selon la tactique du hérisson. La nouveauté du plan consistait à engager les troupes en priorité dans l'espace alpin et non plus sur le Plateau ou à la frontière.
Guisan prôna tout d'abord un réduit centré sur le Plateau, ancré dans le Jura et les Alpes et situé entre la Limmat et la ligne Napf-Hauenstein. Après en avoir discuté à la commission de défense nationale, conscient des conséquences psychologiques de cette mesure sur la population civile et du manque de provisions dans l'espace alpin, le général se décida pour une solution médiane, soit des troupes à la frontière, des avant-postes dans le Jura et des troupes sur le Plateau à partir de la Limmat et de la Sarine pour retarder l'avance ennemie et, dans les Alpes, cinq (puis six) divisions et trois brigades de montagne dans le réduit national, où le Conseil fédéral se serait également retiré en cas d'attaque. La création du réduit fut combinée avec une mobilisation partielle et l'introduction d'une relève périodique des troupes. »
Le document "Au Rütli, 25 juillet 1940" Le discours du général Guisan: nouveaux aspects par Oscar Gauye, mis en ligne par les Archives fédérales suisses, vous donnera un aperçu du discours de ce fameux discours du général Guisan.
L’article du DHS nous apprend encore que « Le réduit national impliquait de longs combats en montagne et la destruction des transversales alpines, ce qui devait lui conférer un effet dissuasif. Le 25 juillet 1940, jour du rapport du Grütli, le regroupement était achevé. En mai 1941, Guisan déplaça aussi dans le réduit les trois divisions restées dans le Jura et sur le Plateau. A fin 1942, l'approvisionnement dans le réduit (population et troupes) pouvait être assuré pour six mois et les fortifications principales étaient presque achevées. Dans les services de relève, l'accent fut mis sur l'instruction au combat. Dans sa grande majorité, la population accepta ce transfert dans les Alpes de la défense principale, confiante dans l'effet dissuasif recherché. Toutefois, certaines voix critiques firent remarquer que les puissances de l'Axe pouvaient facilement envahir le Plateau, riche en ressources, puis affamer l'armée coincée dans le réduit. »
Puis le DHS conclu ainsi : « Le réduit déploya en 1942 son plein effet, grâce à la diminution de la menace du côté des puissances de l'Axe, de l'achèvement des fortifications et de la coopération économique avec l'Allemagne et l'Italie. Il semblait désormais qu'une Suisse indépendante, assurant le trafic de marchandises à travers les Alpes, serait plus utile à l'Axe qu'un pays conquis avec des installations de production détruites. »
Comme on peut le lire, Genève, mais aussi le plateau suisse dans son ensemble, n'aurait été défendue que par des troupes aux frontières mais ceci jusqu'en 1941 seulement.
Le document Monuments militaires dans les cantons de Vaud et Genève : inventaire des ouvrages de combat et de commandement publié par le Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS) répond précisément à votre question. Sabine Nemec-Piguet, dans son article Genève et la défense des valeurs humanitaires (page 12), écrit ceci à ce sujet :
« La modestie des installations militaires de défense édifiées sur son territoire lors de la Seconde Guerre mondiale distingue Genève du reste de la Suisse. Elle révèle la particularité géographique d’un canton indéfendable car délimité à 98% par une frontière avec la France, occupée, dès 1940, dans sa moitié nord, par les troupes allemandes. Seize fortins forment la ligne de la Versoix, qui en est le seul dispositif ! Genève est déclarée "ville ouverte".
Construite entre 1940 et 1942, cette ligne constitue le premier échelon du système de défense répondant à la doctrine du Réduit national. Elle a pour unique fonction de ralentir l’avancée de l’ennemi, afin de protéger le repli des troupes genevoises sur la gare de Versoix, lieu de leur embarquement. La paire de petits fortins élevés à l’entrée sud du bourg, dont un seul subsiste aujourd’hui, assurait deux positions de tir flanquant qui avaient les ponts routier et ferroviaire en ligne de mire depuis la rive gauche du cours d’eau. »
L’article Position de barrage Versoix (pages 42-43) confirme ces informations :
« Avec l’ordre d’opération Nr. 10 du Général Guisan, daté de juin 1940, une défense à 360°- degré est prévue pour le territoire suisse. La garnison de Genève assurera le maintien de l’ordre jusqu’à l’ouverture des hostilités. Genève sera alors déclarée ville ouverte et la garnison se repliera vers l’intérieur du pays. Mais le problème de la couverture de l’évacuation des troupes mobilisant à Genève subsiste. On développe donc le projet "couloir". Un groupe d’une quinzaine de fortins placés sur une ligne Bellevue – La Bâtie et le long du cours de la Versoix ainsi que 25 barricades anti-chars pour protéger la gare de Versoix, lieu d’embarquement des troupes. Si pratiquement aucune barricade n’a survécu au développement urbanistique de Genève, une dizaine de fortins sont aujourd’hui le témoignage de cette période fort peu connue des fortifications de Genève. »
L'article Ligne de la Versoix 1940-1945 : un leurre dangereux ! de Benedikt Cordt-Møller, paru en mai 2019 dans le Bulletin de l’Association du musée militaire genevois Le Brécaillon, revient en détail sur le système de défense de Genève durant la Seconde Guerre mondiale. Au point 9.2 Sur le fond, l'auteur pose des questions qui rejoignent votre interrogation. Il écrit notamment ceci : « Nous ne sommes pas à même de répondre à ce stade aux questions suivantes de manière absolue. Mais le serons-nous un jour pour certaines d’entre elles ? »
Pour en savoir plus sur cette période et l’état d’esprit de la population et de l’armée suisse durant la guerre, vous pouvez consulter l’ouvrage de Jean-Jacques Langendorf et Pierre Streit : Face à la guerre : l'armée et le peuple suisses 1914-1918, 1939-1945
Nous espérons que ces éléments vous aideront dans votre recherche. N'hésitez pas à nous recontacter pour tout complément d'information ou toute autre question.
Cordialement,
Service de référence en ligne des bibliothèques de la Ville de Genève
