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La réponse a été mise à jour le 8 janvier 2025.
Bonjour,
Nous vous remercions d'avoir fait appel au service Interroge, voici le résultat de nos recherches :
Dans l'Encyclopédie Universalis en ligne, l'article de Raoul Girardet sur le « Fascisme » nous apprend ce qui suit :
« Pris dans son sens littéral, le terme de fascisme désigne le mouvement fondé en Italie en 1919 et le système politique érigé en 1922 après la prise du pouvoir par le chef de ce mouvement, Benito Mussolini. Il s'applique par extension à divers partis, mouvements et organisations dont l'action s'est développée dans la quasi-totalité des pays européens entre la fin de la Première Guerre mondiale et la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Le souvenir laissé dans les esprits par le nazisme allemand et le traumatisme de la Seconde Guerre mondiale ont paradoxalement masqué certains des aspects les plus troublants du fascisme. On se contente d'y voir le plus souvent le reflet d'une mentalité très particularisée, voire d'une aberration, que l'on oppose par commodité à la volonté qu'ont ailleurs les hommes de défendre la démocratie ou les conquêtes du socialisme.
C'est oublier notamment que le fascisme, tel qu'il s'est exprimé dans plusieurs pays, témoignait au fond de bien des traits communs aux régimes et aux idéologies qui le dénonçaient : nationalisme, militarisme, culte du travail, obsession des records de production économique, souci affiché de promouvoir les réalisations "sociales", politique nataliste, volonté de "former" la jeunesse, superstition de la collectivité symbolisée par des manifestations de masse, domination d'un parti unique, admiration inconditionnelle vouée au chef national, etc. À la lumière de telles constatations, on comprend qu'une certaine forme de fascisme ait pu survivre aux régimes qui s'en sont officiellement réclamés. Le fascisme apparaît dès lors comme un phénomène beaucoup plus général qu'il n'y semble à première vue : il est même permis de penser qu'il représente une des tendances profondes de la civilisation du XXe siècle. »
Quant à l'article sur le « Nazisme » écrit par Johann Chapoutot, celui-ci indique que :
« Le terme "nazisme" s’est formé à partir de Nazi, sobriquet méprisant adopté par les sociaux-démocrates et communistes allemands pour désigner, par abréviation, de nouveaux adversaires surgis lors des élections législatives de 1928, sous la République de Weimar : les députés du N.S.D.A.P., Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei, le parti national-socialiste des travailleurs allemands. Ainsi sont nés avec ce parti le "national-socialisme", ou nazisme, termes désignant à la fois la doctrine et le programme suivis par ce nouveau mouvement politique allemand durant toute la période de sa domination, appelée IIIe Reich.
Le nazisme a pour aboutissement la Seconde Guerre mondiale qui laisse une Europe en ruines et 60 millions de morts, ainsi que le génocide contre les Juifs (plus de six millions de victimes éliminées en très peu de temps, quatre ans au plus). Sa politique a conduit à un désastre civilisationnel et moral. Les interprétations de ce phénomène historique, inédit par sa violence et son énergie, trahissent une immense perplexité face à l’intensité et à l’extension de ses crimes. Contre tous ceux qui ont adopté des lectures résolument non rationnelles le nazisme serait, au choix, la conséquence d’une pathologie mentale, d’une possession démoniaque, d’une réaction naturelle contre le péril marxiste, d’une contamination du fascisme italien, voire d’une barbarie allemande atavique, etc., les historiens privilégient la pluralité des facteurs. »
Vous pourrez lire les articles complets de l'Encyclopédie Universalis en ligne depuis les postes informatiques des bibliothèques genevoises.
Le chapitre Le nazisme est un prolongement du fascisme italien de l'ouvrage de Frédéric Sallée Anatomie du nazisme, ajoute ceci :
« Dans l’histoire comparée des totalitarismes, fascisme et nazisme se sont rejoints sur un point de convergence qui était la lutte antibolchevique puis anticommuniste. Dès lors, par un processus mental réducteur, fascisme et nazisme ne pouvaient qu’être parents face à l’ennemi stalinien. La chronologie d’enchaînement des régimes, la proximité des dirigeants (scellement de l’Axe Rome-Berlin, visite de Mussolini à Berlin en octobre 1937 puis voyage d’Hitler à Rome au printemps 1938) et l’autoritarisme qui les caractérise, ont contribué à populariser l’idée d’une descendance filiale. La logique tient dans un référent commun. Ce liant est le poids de la Grande Guerre. En Italie, comme en Allemagne, la Première Guerre mondiale fut un traumatisme durable. Bien que dans deux camps opposés, le conflit fut une déflagration contribuant à l’éclatement des deux sociétés. En Italie, la déprise économique qui suivit 1918 et la peur consécutive au Biennio Rosso (les "deux années rouges") a fait de la recherche d’un État fort capable de repousser la "contagion bolchevique" une condition de survie. Dans le même temps, l’Allemagne ne sort pas de la guerre et s’enfonce dans la crise spartakiste, à laquelle s’ajoute l’humiliation de Versailles. De cette matrice guerrière naît le fascisme, qu’il soit italien comme allemand.
L’idée d’une parenté a, par la suite, trouvé son assise dans l’évolution de la nébuleuse fasciste européenne des années 1920-1930. [...] »
Dans notre réponse du 28 mai 2021 à la question « Quelle est la différence entre le fascisme et le communisme ? » vous trouverez des sources utiles. Ainsi, dans l’entretien avec François Furet, historien, intitulé Communisme, nazisme et fascisme : ce que les mots veulent dire, publié dans la Revue des deux mondes en 1995. On peut lire ceci à la page 55, sous la question « Peut-on et doit-on distinguer fascisme et nazisme ? », à laquelle François Furet répond :
« La distinction entre fascisme et nazisme est nécessaire. Elle est d'ailleurs classique dans la littérature historique. Le fascisme italien n'a eu le caractère raciste et criminel du nazisme allemand ni dans ses intentions ni dans son développement. Bien qu'il ait été violent et répressif, et qu'il ait marqué profondément, en négatif, l'histoire italienne, il n'y a pas pris l'allure d'apocalypse qu'a eue le nazisme dans l'histoire allemande et dans celle de l'Europe. Reste que c'est Mussolini l'inventeur d'un trait fondamental du fascisme, dont Hitler fera bon usage : la récupération de l'idée de révolution au profit de la droite. Au XIXe siècle, la droite européenne est contre-révolutionnaire, et se trouve par là même prise dans la contradiction de ne pouvoir se fixer d'autre but que la restauration d'un "ancien régime" d'où la Révolution était née. Mussolini lui fait le cadeau d'un avenir, en lui apportant le bénéfice de l'idée révolutionnaire, tirée du fond socialiste, qu'il avait partagé avec Lénine. Mais si l'on cherche à comparer les régimes, c'est bien l'analogie entre URSS stalinienne et Allemagne hitlérienne qui s'impose, même si Hitler a pris pour modèle préféré Mussolini. Il n'y a rien dans l'histoire de l'Italie fasciste qui puisse être comparé à ce qui réunit les régimes d'Hitler et de Staline : les purges et la terreur à l'intérieur du parti, les camps, l'extermination de vastes populations, le contrôle absolu du pouvoir sur la société. C'est ce qu'essaie de cerner le concept de "totalitarisme", [...]. »
Et à la question « diriez-vous, comparant le régime nazi et d'autres régimes fascistes ou identifiés comme tels (franquisme, salazarisme), que le nazisme est un accident du fascisme ou qu'il peut procéder - pour tout ou pour partie - d'une autre logique ? », François Furet répond, à la page 57 :
« Je pense que le nazisme est une des formes historiques, la pire, d'un genre qu'on a appelé le fascisme, sur un mot latin réinvesti d'un sens neuf par Mussolini. Je ne suis pas sûr par contre qu'on puisse mettre dans la même famille le franquisme ou le salazarisme, car il s'agit à mes yeux de régimes dictatoriaux plus traditionnels, c'est-à-dire contre-révolutionnaires, prenant appui sur l'Eglise, les propriétaires fonciers, l'armée, les forces réactionnaires classiques de l'âge prédémocratique. Hitler, lui, se réclame beaucoup plus explicitement du précédent italien, et il est, comme Mussolini, l'homme du parti, son leader charismatique. Tous les deux sont des chefs fascistes de plein exercice, si je puis dire, c'est-à-dire des hommes d'aventure, ivres de leur pouvoir sur les masses. Pourtant, ils sont aussi très différents subjectivement, et Hitler infiniment plus démoniaque, plus mystérieux aussi. Objectivement, l'Italie d'un côté, l'Allemagne de l'autre leur font des rôles incomparables : c'est en Allemagne que se sont accumulés les matériaux explosifs du siècle, de par la culture, de par la puissance de la nation. [...] »
Enfin, le Dictionnaire historique de la langue française ajoute des éléments contextualisant également l'évolution de l'utilisation du mot « fascisme » de nos jours :
« n.m. est un emprunt (1921) à l'italien fascismo, mot dérivé de fascio "faisceau", utilisé comme symbole politique en Italie (→ faisceau), du latin fascis de même sens (→ faix). Le mot a servi à désigner d'abord le mouvement politique fondé en 1919 par B. Mussolini, établi en Italie d'octobre 1922 à juillet 1943. Il s'est employé pour tout système ou doctrine politique de totalitarisme étatique et nationaliste. - Fascisme a pris, à partir des années 1960, des valeurs affectives dans le discours politique ; il s'emploie aujourd'hui pour toute attitude politique ultra-conservatrice et autoritaire souvent réactionnaire, raciste, et, de façon polémique, pour toute doctrine ou comportement opposé à la "gauche" ; plus largement encore, hors de tout contexte politique, il s'utilise pour parler d'une autorité imposée. »
Nous espérons que ces éléments vous aideront dans votre recherche. N'hésitez pas à nous recontacter pour tout complément d'information ou toute autre question.
Cordialement,
Service de référence en ligne des bibliothèques de la Ville de Genève
