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Quelle est l'origine du mot « thune » que l'on utilise pour désigner une pièce de 5 francs ?
La réponse a été mise à jour le 30 octobre 2024
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Bonjour,
Nous vous remercions d'avoir fait appel au service Interroge, voici le résultat de nos recherches :
Voici ce que nous apprend le Dictionnaire suisse romand :
« Le mot thune au sens de "pièce de cinq francs" est attesté en France dp. 1828-29 (v. TLF) mais ce sens est donné comme marqué dans les dictionnaires les plus récents ("pop." Robert 1964 ; "arg." Lar 1964 ; "par ext. et pop., vieilli" GLLF 1978 ; "pop., vieilli" GR 1985, 2001 ; "arg., pop., vieilli" TLF). Le mot est cependant encore courant en France, mais pour désigner l’argent d’une manière générale, et plus nécessairement une pièce de monnaie en particulier. En Suisse romande en revanche, thune continue de s’employer avec le sens spécifique de "pièce de cinq francs" (bien que le sens français y soit aussi connu sporadiquement, v. Manno 1994, p. 212). »
La page des Questions fréquentes du site Swissmint, chargé « de frapper les monnaies courantes de la Suisse destinées aux opérations de paiement quotidiennes », a répondu à la question « D’où vient le terme de "thune" utilisé en Romandie pour la pièce de cinq francs ? » :
« Au 17e siècle, la notion française de "thune" signifiait "aumône". Après la Révolution française, la nouvelle pièce d’argent de cinq francs a été baptisée "thune" car elle servait à l’aumône. Ce premier sens s’est aujourd’hui perdu. »
Concernant l'étymologie du mot « thune », le Dictionnaire historique de la langue française indique ceci :
« THUNE n. f. (1628) est d’origine obscure. L’hypothèse la plus répandue, mais qui n’a pas de fondement, y voit le souvenir du roi de Thunes (Tunis), un des noms du roi des gueux. P. Guiraud, pour lequel le nom du roi des gueux réalise lui-même un jeu de mots avec tune "aumone", prend en considération les homonymes dialectaux tuner "boire abondamment" (franco-provençal) et tuno "tanière", trou de renard, de serpent, etc. (franco-provençal et provençal). L’origine la plus probable, selon lui est tutina, dérivé gallo-roman hypothétique de tutari "protéger" et se protéger (d’un danger, de la faim)". Cette dernière acception, fréquente en latin, pourrait être à l’origine de l’acception "aumone" qui consistait essentiellement en du pain. Le mot serait alors à rattacher à la famille de tuer, tutelle, tuteur.
- Thune, écrit aussi tune, s’est d’abord employé en argot pour "argent reçu en aumône" (enregistré par Chéreau, 1628), puis a désigné par métonymie une pièce de monnaie (1800, tune, tunne), spécialement l’ancienne pièce d’argent de cinq francs (1829 en argot) en usage jusque vers 1920, et une somme de cinq francs (fin XIXe s.) ; ces derniers emplois ont vieilli.
Le mot reste dans l’usage très familier (v. 1960 Mets deux thunes dans l'bastringue, titre de chanson) pour désigner une pièce de monnaie, puis en général, comme collectif, pour "argent" (attesté 1954, Colette ; de la thune), cet emploi est devenu, d’abord dans l’usage des jeunes, aussi courant que fric ou blé (marqués comme un peu désuets). »
Nous espérons que ces éléments vous aideront dans votre recherche. N'hésitez pas à nous recontacter pour tout complément d'information ou toute autre question.
Cordialement,
Les Bibliothèques municipales de la Ville de Genève
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