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Quand et pourquoi la rivière la Drize avait été enterrée dans la zone de La Praille-Acacias-Vernets (PAV) ?
La réponse a été mise à jour le 11 février 2026
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Bonjour,
Nous vous remercions d'avoir fait appel au service Interroge, voici le résultat de nos recherches :
Nous apprenons dans l’article Les travaux de correction de la Drize et de l'Aire, paru dans La Tribune de Genève du 24 novembre 1935, que :
« La Drize est un ruisseau de 17 kilomètres de long qui prend sa source au pied des Pitons. Son bassin de réception a une surface de 25 kilomètres carrés, dont 16 en territoire français. En temps de pluies persistantes ce ruisseau, qui s’appelle aussi Eau-Morte, parvient à débiter 26 mètres cubes d’eau par seconde : la plaine de La Praille est inondée alors. Or, c’est précisément dans cette région que les exigences du tracé du raccordement Cornavin-Eaux-Vives ont fait placer la future gare de La Praille, d’où la nécessité d’un déplacement et d’un abaissement du cours d’eau. La Drize qui n’est nulle part encastrée dans le sol de la plaine, se jette au haut des Acacias dans l'Aire, dont le lit est lui-même si peu encaissé que cette rivière déborde fréquemment et inonde des surfaces importantes de la région de la Queue-d’Arve. Pour obvier à ces inconvénients, il fallait abaisser également le plan d’eau de l’Aire, dont le cours sinueux empêche au surplus la réalisation du port fluvial projeté à la Queue-d’Arve. La correction de ces deux cours d’eau permet donc la réalisation de la gare de La Praille, celle d’une artère toute droite allant du pont de Saint-Georges à ladite gare, celle du port fluvial et l’assainissement de toute une région privée de canalisations dégoûts et, enfin, supprime le renouvellement des dégâts aux propriétés riveraines. La Drize se corrige en emprisonnant dans un canal en béton armé, à parois verticales de 2 m10 de haut reliant un radier incurvé. »
Et dans La Tribune de Genève du 15 janvier 1938, l'article La correction de l'Aire et de la Drize ajoutait :
« La correction de l’Aire avait donc comme complément obligé la correction de la Drize. Mais, en raison du manque de pente de cette rivière dans son cours inférieur, une simple déviation n’aurait pas suffi. Il a été nécessaire d’approfondir son lit et de l'emprisonner dans un tunnel. […] Le tunnel de la Drize a 1518 mètres de longueur et il est rectiligne sur la plus grande partie de son parcours. Il commence un peu plus bas que la tuilerie de Carouge — où un déversoir très bien compris, avec tout un système de grilles, a été ménagé pour retenir cailloux et graviers — passe sous la route de Saint-Julien et à travers prés — ou plutôt sous les prés — aboutit tout près de son ancienne embouchure dans l’Aire, près des Glais. »
Comme nous pouvons le lire, dans les années 30 la Drize a, en partie, été enterrée pour mettre fin à ses nombreux débordements, notamment à la Praille et vers la Queue-d’Arve.
Dans la Capsule vidéo n° 1 du projet Renaturation des cours d'eau : La Drize en vidéos du site de l'Office cantonal de l'eau (OCEau), nous entendons le témoignage de Marco Rampini (ADR – Codirecteur architecte) :
« Ça fait plusieurs générations qu’elle a été mise sous tuyaux. Il y a eu l’extension de la Ville de Genève en rive gauche de l’Arve, donc toute la plaine qu’on appelle maintenant Praille-Acacias-Vernets (PAV) qui était planifiée depuis le début du XXe siècle avec le développement d’une zone industrielle qui était planifiée dans les années 30.[…] Ça a représenté une grande facilité pour le développement urbanistique et industriel de la ville.
Et maintenant l’enjeu de sa remise à ciel ouvert sur ce territoire est de récupérer les terrains, déplacer des réseaux, enrichir les infrastructures, créer des ponts. Et tout ça peut se faire en coordination avec le projet PAV. »
Vous pourrez également voir sur cette vidéo des images de ces travaux importants entrepris il y a bientôt 100 ans.
Enfin, un article – Et au milieu de Genève coule une nouvelle rivière – paru le 25 novembre 2025 dans la Tribune de Genève, à l’occasion de la remise à ciel ouvert de ce cours d’eau, ajoutait encore ceci :
« L’enjeu, majeur, préoccupe nombre de villes européennes qui, au XXe siècle, ont condamné des cours d’eau pour les besoins du développement. Routes, rails ont remplacé les axes bleus, lesquels ont été enfouis sous terre. À Genève et Carouge, le secteur de la Praille n’a pas échappé à cette règle. En 1940 encore, la Drize et l’Aire circulaient à l’air libre dans le secteur, un apport d’eau bénéficiant au sol et à l’agriculture. Les années 50 les ont canalisées, puis enfermées peu à peu, pour gagner du terrain dédié aux activités humaines et par commodité. En 1970, ni la Drize ni l’Aire ne voyaient plus le ciel dans ce coin de la cité. À l’heure où les villes ne respirent plus, y faire ressusciter des cours d’eau représente un sacré défi, à la hauteur de bénéfices importants. Genève l’a imaginé, Genève l’a fait. Un projet unique en Europe. "Permettre à la ville de gagner en nature, en respiration, en qualité de vie, ce n’est pas décoratif, c’est un acte fondateur", dit Nicolas Walder, le nouveau conseiller d’État chargé de l’Aménagement du territoire. "Avec ce projet, on redonne un peu à la Drize ses vertus d’autrefois", souligne de son côté, aux abords de la rivière, Kim Ehrensperger, chargé de projets du Service de l’aménagement des eaux et de la pêche à l’Office cantonal de l’eau. "Ce corridor bleu va permettre de rafraîchir la ville et d’y amener la nature. Les aménagements au bord de la rivière vont profiter aux habitants du quartier et le tracé va structurer les axes de mobilité douce."
Gérer les crues
Autre enjeu important: celui de maîtriser le risque d’inondation des nouveaux quartiers où vivront des milliers d’habitants. Techniquement, l’aménagement a été conçu pour gérer les crues. Le grand public ne le voit pas, mais la rivière est accompagnée d’une galerie permettant d’absorber le surplus en cas d’élévation du niveau des eaux. »
Et nous lisons encore au bas de l’article qu' « À l’été 2026, des autorisations de construire seront déposées pour la remise à ciel ouvert de la Drize dans le secteur du futur parc des Sports. En 2027, toujours dans le PAV, avancera aussi la planification de la renaturation de l’Aire avec un nouveau projet de loi, lequel doit permettre aussi de compléter des tronçons de la Drize. Les deux rivières devraient être entièrement libérées du béton en 2035. »
Sur le site Genève à la carte, la rubrique Mon quartier sur 200 ans vous permet de voir la Drize, portant le nom d'Eau-Morte sur la carte datant de 1835 et traversant la zone de la Praille encore vierge de toute construction. Sur la carte Siegfried de 1899, l’on aperçoit encore distinctement le cours d’eau, cette fois sous le nom de Drize. La carte de 1932 est la dernière sur laquelle on peut encore apercevoir la Drize depuis la limite de la route de Saint-Julien jusqu'à sa jonction avec l'Aire.
Enfin, sachez que la Drize a subi des dérivations à d'autres endroits, c’est notamment le cas non loin du Rondeau de Carouge, comme on peut le lire dans l’article À Carouge, un canal historique de 60 mètres de long se cache sous des maisons paru le 9 août 2025 dans la Tribune de Genève.
Nous espérons que ces éléments vous aideront dans votre recherche. N'hésitez pas à nous recontacter pour tout complément d'information ou toute autre question.
Cordialement,
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