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La réponse a été mise à jour le 28 juillet 2025.
Bonjour,
Nous vous remercions d'avoir fait appel au service Interroge, voici le résultat de nos recherches :
L'article De l'émigration à l'immigration :Vivre entre deux mondes : 1803-2003, publié à l'occasion de l'exposition Vivre entre deux mondes présentée du 13 juin au 2 novembre 2003 au Musée historique de Lausanne, contextualise, à la page 7, l'apparition de ce que l'on nomme Agences d'émigration :
« L’émigration fait naître une nouvelle branche professionnelle : les agences qui organisent le voyage, souvent en exploitant la situation sociale difficile des émigrants. Ces agences, qui jouissent du soutien de personnalités politiques et économiques, vont se multiplier à partir de 1850. Prenant un tour de plus en plus spéculatif, on en comptera jusqu’à 300 sur le seul territoire de la Confédération. »
On peut également lire l'extrait d'une Lettre du consul de Suisse au Havre Friedrich Wanner au Conseil fédéral, le 19 mai 1849 dans ce document :
« L’existence des agents est la véritable plaie de l’émigration; et il faut extirper ou du moins arracher à ces agents autant de victimes que possible. Car l’émigrant est en général ignorant et insouciant, c’est un mineur qui devient dupe ou victime dès qu’il agit sans son tuteur. Inscrit et embarqué sur son navire, il en ignore le nom, et que de fois il s’embarque indifféremment pour New York ou pour la Nouvelle Orléans sans se douter de l’énorme distance qui sépare ces deux villes. Arrivé à New York, il s’est laissé voler sa malle, soit à bord, soit au débarquement, et par malheur, sa malle contenait une lettre de change sur New York. Il va chez son consul lui conter son malheur. – Par quel navire êtes-vous arrivé? – Je ne sais pas. – Sur quelle maison la lettre de change est-elle tirée? – Je ne sais pas. – Par qui, et d’où était-elle tirée? Le pauvre diable n’en sait pas davantage. »
La page La Suisse, pays d’émigration sur le site des Archives fédérales suisses, fournit de nombreuses informations sur le sujet qui vous intéresse :
« Les flux migratoires hors de Suisse et vers la Suisse existaient déjà avant 1800. L’engagement de mercenaires dans des armées étrangères a longtemps constitué la forme essentielle de l’émigration. Ce n’est toutefois qu’au 19e siècle que la Suisse est réellement devenue un pays d’émigration. Beaucoup quittaient la Suisse pour échapper à la pauvreté. Des agences d’émigration les mettaient alors le plus souvent en contact avec des colonies suisses, tandis que l’Office de l’émigration de la Confédération surveillait cette émigration. [...]
Jusque dans les années 1870, les autorités fédérales se sont peu occupées de l’émigration. Ce n’est qu’avec les grosses vagues d’émigration des années 1880 en direction d’outremer et des pays européens que la Confédération a commencé à organiser l’émigration. Une loi promulguée en 1880 visait à protéger les émigrés, tandis que la création en 1888 d’un Office fédéral de l'émigration (1876-1953) était destinée à surveiller l’activité des agences d’émigration. Ces agences mettaient les émigrants en relation avec des projets économiques de colonisation, essentiellement en Amérique du Nord et du Sud. Le "fichier des émigrés" de l’Office de l’émigration a enregistré de 1910 à 1953 les nom, date de naissance, commune d’origine, port de départ et de destination des émigrés. »
Le 22 mars 1888, la Confédération promulgue la Loi fédérale concernant les opérations des agences d'émigration. Et le document L'émigration suisse et la loi fédérale sur les opérations des agences d'émigration établi par le Conseiller national Ludwig Karrer en 1887 pourrait également vous intéresser.
Au bas de la page des Archives fédérales suisses, vous trouverez des liens vers des documents utiles rédigés en partie par Gérald Arlettaz, qui indique notamment dans son document L'émigration suisse outre-mer de 1815 à 1920 ce qui suit : « Avant 1880, sous le régime de la législation cantonale, les agences d'émigration se multiplient. »
Le document de Gérald Arlettaz L'émigration : un enjeu politique cantonal et national (1848-1888) précise encore, au chapitre La gestion cantonale de l'émigration (1848-1874) :
« La Constitution fédérale de 1848 institue un Etat fédératif doté d'une administration centrale. Cependant, la question de l'émigration n'est pas abordée dans la Constitution; elle continue de relever de la compétence cantonale. De ce fait, avant 1874, 16 cantons et demi-cantons adoptent des dispositions législatives en matière de réglementation et de contrôle. Il s'agit surtout de mesures de police, cherchant à soumettre à des patentes et au dépôt de cautions les agences qui font commerce de l'émigration. »
D'après les informations récoltées, nous comprenons que ces agences commencent donc à apparaitre dans la première moitié du XIXe siècle dans un contexte peu contrôlé pour peu à peu décliner au début du XXe siècle avec le ralentissement de l'émigration.
Le chapitre 2 L'émigration de peuplement de l'entrée « Emigration » du Dictionnaire historique de la Suisse (DHS) ajoute et confirme encore :
« Avec l'exacerbation conjoncturelle du milieu du XIXe s., l'émigration outre-Atlantique, vers l'Amérique du Nord surtout (presque 90% des migrants à la fin du XIXe s.), l'Amérique du Sud et, de manière plus limitée, vers les autres continents, prend une nouvelle dimension, facilitée par le développement des transports et l'activité des agences d'émigration. On comptait quelque 50 000 émigrants pour l'outre-mer dans la décennie 1851-1860, 35 000 dans les deux suivantes, plus de 90 000 de 1881 à 1890. Leur nombre se stabilise ensuite entre 40 000 et 50 000 émigrants par décennie jusqu'à 1930. Il tombe à quelques milliers dans les années 1930. En outre, les Suisses établis dans les pays européens (émigrants et deuxième génération) se comptent par dizaines de milliers, environ 68 000 en 1850, 170 000 en 1900, dont 87 000 en France (Suisses de l'étranger). »
Le chapitre 4 sur la Politique gouvernementale poursuit :
« Les attitudes des autorités cantonales ont été très variées selon les régions et les périodes, couvrant un large spectre allant de l'émigration tacitement tolérée à l'interdit; de l'intervention positive de l'Etat avec aide à l'émigration à l'expulsion forcée des pauvres que certains cantons appliquent sur une grande échelle et qui a parfois pris, à l'instar de ce qui se pratiquait dans d'autres pays européens, la forme d'une déportation. Le cumul d'un certain nombre de dysfonctionnements et d'abus dans la politique émigratoire et dans celle des agences d'émigration a eu pour effet la création d'un article constitutionnel en 1874, qui a donné au gouvernement fédéral la compétence d'intervenir en cas de nécessité et d'une loi fédérale en 1880 qui a confié la surveillance des agences d'émigration à la Confédération. »
Dans la presse numérisée, les journaux locaux mentionnent les « agences d'émigration » sont mentionnées dès les années 1850.
Enfin, l'ouvrage Les agences d'émigration en Suisse du XIXème au début du XXème siècle d'Annick Marti pourrait compléter ces informations.
Nous espérons que ces éléments vous aideront dans votre recherche. N'hésitez pas à nous recontacter pour tout complément d'information ou toute autre question.
Cordialement,
Service de référence en ligne des bibliothèques de la Ville de Genève
