Vous visualisez une version traduite automatiquement de notre site. Certaines traductions peuvent contenir des erreurs et la version française du site fait foi. Nous vous remercions de votre indulgence et vous souhaitons une bonne visite.
L'histoire du château de Tournay et de la Tour aux Moines/Île Calvin – en distinguant clairement ces deux sites de Pregny, et mise en lumière de la propriété rurale d’Antoine Calvin, des conditions de son acquisition, de ses ressources et de sa place dans la Genève du XVIᵉ siècle.
La réponse a été mise à jour le 10 juin 2026
Les informations présentées sur cette page peuvent ne plus être à jour au moment de votre lecture. Vérifiez la date de publication.
Bonjour,
Nous vous remercions d'avoir fait appel au service Interroge, voici le résultat de nos recherches :
A propos du Château de Tournay, Guillaume Fatio écrit dans Pregny-Chambésy : commune genevoise, aux pages 41 et 42 :
« Enfoui dans la verdure au centre de la Commune de Pregny, l’antique château de Tournay en constitue comme le cœur. Grâce à un ancien dessin, nous pouvons nous représenter son aspect primitif. Malgré les restaurations de ses vieilles murailles, il a conservé son aspect féodal. Le fief et la maison forte de Tournay, au pays de Gex, appartenaient, dès la fin du XIIIe siècle, aux nobles d’Aguières ou Anières. Ces seigneurs devaient reconnaître l’autorité de l’évêque de Genève tandis qu’ils recevaient, à leur tour, l’hommage et la dîme des habitants de l’endroit.
Par le mariage d’Isabelle, fille de feu Etienne d’Anières avec Aymon de Genthod, la propriété du fief de Tournay passa vers 1384 à la famille des de Genthod. Celle-ci la conserva jusqu’à son extinction en 1536. […] Après la mort d’Amédée, le dernier représentant de la famille des de Genthod, le fief de Tournay passa en diverses mains et subit de nombreuses mutations et divisions. Louise, la veuve d’Amédée de Genthod, avait épousé, en secondes noces, un de Crescherel. Leur fille céda ses biens à Jaques de Viry, son mari, qualifié, en 1541, du titre de seigneur de Tournay. Ce de Viry vendit à son tour ses droits en 1546, à Nicolas Le Fert [beau-père d’Antoine Calvin] et à Antoine Calvin et consorts.
Ces biens ont été ensuite vendus à Adrien de Pregrimand (Briquemanet), seigneur de Villemongis. La femme d’Adrien de Briquemanet les vend, vers 1558, à Noble François Moncel et ce dernier à François Lullin, en 1562, qui achète aussi des terres appartenant aux de Viry.
Noble Antoine Lullin, fils de feu François, revend à son tour, en 1573, la moitié de la maison forte de Tournay à Noble Jean de Brosses tandis que l’autre moitié dépend des fils de Pierre Lullin, ses cousins germains. En 1583, Claude de Crose, baron de la Bastie sur Versoix, vendit à Jean de Brosses ses droits de seigneurie sur les villages de Pregny et Chambesy. Réunies à Tournay, ces terres constitueront le comté, dont les limites correspondront à ce qui devint plus tard le territoire de la Commune de Pregny. »
Ce passage retrace l’histoire du domaine depuis son appartenance à la famille d’Anières jusqu’à la constitution du comté de Tournay à la fin du XVIe siècle.
Dans son mémoire de licence Le Château de Tournay à Pregny, Hélène Petrovic revient sur l’acquisition du château par la famille de Brosses et sur les liens de cette dernière avec Voltaire (p. 30-34) : « Après une longue succession de propriétaires, nous arrivons à un acte de vente, daté de 1573 passé entre le noble Antoine Lullin et qui vend la maison forte de Tournay à noble Jean de Brosses. A partir de cette date, le château va rester entre les mains de la famille de Brosses pendant près de trois siècles. […]
Charles de Brosses (1709-1777), hérita du comté et du château de Tournay en 1741. […] Il céda son château à Voltaire, le 11 décembre 1758, sous condition qu’à la mort de celui-ci, le domaine retourne à la famille. »
Edmond Barde, dans son ouvrage Anciennes maisons de campagne genevoises, nous apprend (p. 218) que « selon M. Louis Blondel (D.H.B.S.) la métairie d’Antoine Calvin s’élevait à Pregny, le village autrefois riche en vignes et hutins, sur l’une des parcelles qui composent actuellement le parc Rothschild. Le réformateur n’aurait donc pas séjourné, comme on l’avait cru, dans le domaine qui porte son nom depuis quelque deux cents ans. En Pré Calvin puis l’Ile Calvin, a été la maison forte, dite la Tour aux moines, des Anières puis des Genthod. »
Le Dictionnaire historique et biographique de la Suisse (DHBS) (disponible en ligne), à la page 341 du tome 5, confirme ces informations : « Un grand nombre de belles propriétés entourent le village. Le château de Tournay, qui appartenait au président de Brosses, du parlement de Dion, fut loué pour sa vie durant à Voltaire en 1759. L’Ile Calvin est sur l’emplacement d’une ancienne maison-forte dite La Tour aux Moines, qui appartint au XIVe s. aux d’Anières, puis aux Genthod. La métairie où Jean Calvin a habité et qui appartenait à son frère Antoine, se trouvait dans la même région (campagne Rothschild). »
Guillaume Fatio, dans ouvrage Pregny : commune genevoise et coteau des altesses (p. 184), apporte des précisions complémentaires : « La maison forte de la Tour aux Moines, faisait partie d’un fief appartenant aux nobles d’Anières. Nous voyons qu’en 1286, Guillaume d’Anières possédait un fief dépendant du vidomne de Divonne qui devait comprendre une partie de Pregny, soit la maison forte qui nous intéresse et Tournay. Comme son nom l’indique, cette famille féodale provenait de la rive gauche du lac où elle avait son berceau. La petite fille de Guillaume d’Anières, Isabelle, fille d’Etienne d’Anières, ayant épousé Aymon de Genthod à la fin du XIVe siècle, la maison forte passe à la famille des Genthod. […] Après Jean de Genthod, le domaine fut acquis en 1540 et 1548 par Antoine Calvin, qui, est-il dit, le possédait "avec une maison chosal, curtines et fossés y existant." »
Le Château de Tournay est décrit ainsi par Pierre Bertrand, dans sa brochure Châteaux, bourgs-fortifiés et maisons-fortes du canton de Genève : « Deux maisons-fortes existaient autrefois à Pregny. L’une, la "Tour aux Moines", appartint au XIVe siècle aux d’Anières, puis aux Genthod ; elle se trouvait au lieu dit actuel l’île Calvin. L’autre, à la même époque, fut la résidence des chevaliers de Pregny, puis appartint aux Saconnex ; c’est aujourd’hui le moderne château de Penthes. »
Concernant Antoine Calvin, le DHBS le présente en ces termes, à la page 390 du tome 2 : « ANTOINE, frère du réformateur Jean Calvin, suivit à Strasbourg, puis à Genève lors de son retour en 1541, reçu bourgeois gratis le 3 août 1546. Il prit part à diverses affaires d’édition, en particulier à l’impression de l’Institution chrétienne en 1559, entra au Conseil des Deux-Cents en 1558 et au Conseil des Soixante en 1569. Décède en 1573. »
Ces informations sont développées davantage dans l’ouvrage de Guillaume Fatio (p. 184) : « Voyons maintenant ce que nous savons sur cet Antoine Calvin, l’acquéreur de la Tour aux Moines, dont le nom est resté attaché à cette propriété appelée dès lors En Pré Calvin ou Ile Calvin.
Antoine Calvin était le plus intime ami de son frère Jean, le réformateur. Après son retour de Ferrare, Jean Calvin avait mis de l’ordre dans ses affaires à Noyon et, voulant se retirer à Bâle et à Strasbourg, il prit avec lui son frère cadet Antoine. »
Poursuivant son récit, l'auteur explique que les deux frères séjournèrent à Strasbourg avant de revenir à Genève en 1541. Il ajoute :
« Une fois fixé à Genève, Antoine fit plusieurs voyages au cours desquels il s’occupa de diverses affaires ecclésiastiques. En 1557, il retourna à Strasbourg chargé de la mission d’acheter du blé pour la ville de Genève.
Le 3 août 1546, Antoine avait été reçu bourgeois gratis "en contemplation que M. Jehan Calvin, ministre de Genève, prend grande peine à l’avancement de la parole de Dieu et à maintenir l’honneur de la Cité." Comme presque tous les autres réfugiés, Antoine Calvin se créa une occupation ; il choisit une des plus répandues à cette époque : celle d’imprimeur et de libraire, car Genève était alors le centre de l’édition des livres d’édification et de controverse de la Réforme calviniste. En 1559, il présenta une demande au Conseil pour obtenir le privilège, pendant trois ans, "d’imprimer l’Institution de Monsieur Calvin, son frère, tant en latin qu’en français" […].
Antoine Calvin habitait souvent sa propriété de campagne de Pregny. Il avait épousé la fille de sire Nicolas Le Fert, négociant réfugié. […] Celui-ci [Antoine] paraît avoir été dans une situation pécuniaire peu florissante. Son frère Jean dut lui venir en aide et la Seigneurie lui envoya à ce propos vingt-cinq écus, mais Calvin les refusa. Cette gêne provenait peut-être d’acquisitions démesurées de terrains. En effet, Antoine Calvin avait augmenté sa métairie de Pregny par plusieurs achats successifs. Le 14 octobre 1553, nous relevons l’acquisition pour honorable Antoine Calvin, bourgeois de Genève, de Jean Galloys… une maison sise à Pregny, contenant "un réduit, un poêle, une chambre avec une place". Le 16 mars 1569, il achète de François de Chavallete "une pièce de terre et de vigne, le tout contigu, contenant quatre bonnes poses ou environ, située au territoire de Pregny, lieu dit de Morillon, derrière les Franchises de cette cité." Sur les anciens plans de cette région, on trouve le nom de Tattes de Calvin. […] Après Antoine Calvin, de nombreux propriétaires se succédèrent dans ce domaine, entre autres les nobles Jean d’Yverdon, Pierre Chaloux, de Livron et spécialement la famille Moine, de laquelle est venu le nom de Tour aux Moines. »
Enfin, au sujet des revenus et de l’entourage familial d’Antoine Calvin, Jean-François Gilmont relève, dans son article Les amis de Calvin originaires des XVII Provinces de Charles Quint, paru en 2009 dans le Bulletin de la Société de l'histoire du protestantisme français, que son beau-père, « Nicolas Le Fer est le premier riche marchand des Pays-Bas dont le nom apparaît dans la correspondance de Calvin. »
Comme cité plus haut, Guillaume Fatio parle de l’association de Nicolas Le Fer avec Antoine Calvin et d’autres personnes (« et consorts ») dans l’achat du fief de Tournay.
Pour poursuivre la recherche sur Antoine Calvin, nous suggérons la consultation de biographies sur Jean Calvin, les deux frères étant très liés. A titre d’exemple, Jean Rilliet le décrit en ces termes, à la page 250 de Calvin : 1509-1564 : « Brave homme, semble-t-il, mais d’une intelligence limitée, le cadet du Réformateur avait mené plutôt mal que bien ses affaires. Relieur, imprimeur, il se serait aussi occupé d’un commerce de chaussures. »
De nombreuses autres références sont accessibles par une recherche par mots-clés dans le catalogue Swisscovery Ville de Genève.
Nous espérons que ces éléments vous aideront dans votre recherche. N'hésitez pas à nous recontacter pour tout complément d'information ou toute autre question.
Cordialement,
Pour www.interroge.ch
Poser une question à Interroge
- Recevez gratuitement une réponse fiable et personnalisée
- Des spécialistes de la recherche d'information vous répondent dans les 72 heures