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La réponse a été mise à jour le 26 novembre 2025.
Bonjour,
Nous vous remercions d'avoir fait appel au service Interroge, voici le résultat de nos recherches :
Dans le Dictionnaire historique de la Suisse (DHS), nous trouvons une notice biographique consacrée à Jean-Jacques Challet-Venel (1811-1893) qui fourni des informations utiles. Elle précise en effet que le pensionnat Venel était situé à Champel (commune de Genève) et que Jean-Jacques Challet-Venel y avait été professeur de français puis directeur après son mariage avec Antoinette Venel, la fille du fondateur.
Un chemin de Genève porte le nom de Venel et vous pourrez voir en ligne sa localisation. D’autres renseignements sont donnés, notamment que le fondateur de l’établissement est Jean-François Venel (1780-1855), géographe et cartographe originaire d’Orbe (VD).
Toutefois, dans une recherche très complète intitulée Beau-séjour avant la lettre – Du domaine agricole au pensionnat pour jeunes gens de Christine Amsler, qui est publiée dans l'ouvrage Champel-les-Bains, on apprend (à la page 30) que le fondateur de l'institut ou pensionnat est Henri Venel :
« La propriété fut rachetée en août 1831 par le pédagogue et directeur d’institution Henri Venel (1780-1855) dans le dessein d’y transférer et d’y développer, au contact d’une cité de la taille et du rayonnement de Genève, l’internat pour garçons de familles aisées qu’il avait fondé dans sa ville natale d’Orbe, près d’Yverdon. Jeune homme, ce fils de médecin décédé prématurément [Jean-André Venel-Jaccard], s’était découvert des aptitudes et un intérêt profond pour l’enseignement et la pédagogie durant ses nombreuses années passées en Saxe comme précepteur. […]
L’internat créé par Henri Venel participait de ces nombreuses initiatives privées – éphémères ou durables, modestes ou ambitieuses – qui allaient forger la réputation de la Suisse en la matière.
L’idée d’établir une telle structure dans une campagne patricienne n’était alors pas nouvelle. Elle s’inscrivait dans la mouvance des Lumières et répondait à l’objectif d’offrir aux jeunes pensionnaires les conditions cadres les meilleures à un épanouissement aussi intégral que possible. Fonctionnant en autarcie, ces propriétés en campagne permettaient non seulement de tenir les élèves à l’écart des villes et de leurs futiles distractions. Mais encore, elles se prêtaient particulièrement bien à leur éveil au contact de la nature et au développement d’une pédagogie axée sur l’expérience personnelle des choses, maître mot des préceptes éducatifs de Rousseau qui revient à plusieurs reprises dans les notes de Henri Venel. […]
Formé de deux ailes inégales, dont l’une ferma presque entièrement la cour agricole par le nord, il ["l’Institut"] se composait de deux étages sur rez-de-chaussée […]. A l’intérieur devait prédominer une typologie des grands espaces polyvalents, divisibles au gré des besoins et destinés à servir de dortoirs, de réfectoires ou de salles de classes. Le bâtiment disposait de sa propre cuisine et comportait une infirmerie, une lingerie, des toilettes, un garde-meubles ainsi que les chambre des maîtres et des sous-maîtres. »
Les débuts du pensionnat, le nombre des élèves et le tournus des maîtres sont détaillés (à la page 32) et notamment l’engagement d’un enseignant de mathématiques, d’un autre en charge du français, de la rhétorique et du latin de l’Académie de Genève […]. L’historienne de l’art souligne encore (à la page 32) les principes pédagogiques du fondateur:
« Dans l’esprit d’Henri Venel, l’encadrement pédagogique reposait sur trois piliers : "l’Instruction, l’Education et l’Hygiène." Lui-même enseignant la langue et la littérature françaises, l’histoire et probablement aussi la géographie. »
Plus loin (toujours à la page 32), Christine Amsler met en évidence une reconnaissance internationale de l’institut suivie de difficultés financières qui ont entrainé sa fermeture :
« Une comtesse Mocenigo, originaire de Corfou, avait légué – encouragée en cela par Capodistrias (1776-1831), son compatriote devenu gouverneur de Grèce – son immense fortune aux Iles ioniennes, sa patrie, aux fins de promouvoir l’instruction "morale, littéraire et scientifique" de la jeunesse locale et de permettre à une partie d’entre elle de bénéficier d’une formation adéquate à l’étranger. Lors du repérage d’un établissement à même de répondre aux objectifs de la donatrice, le choix se porta sur l’institut de Champel en raison de son implantation en Suisse romande et de son enseignement varié intégrant à son programme les langues vivantes telles que le français, l’allemand et l’anglais. […]
Au décès de son fondateur [en 1855], l’institut était loin de présenter une situation financière enviable. […] Quant à Jean-Jacques Challet, il avait amorcé une carrière politique qui allait l’amener à devenir le premier Genevois à occuper la fonction de conseiller fédéral en 1864. Le domaine de Champel avec son institut fut donc repris par les Olivier-Venel. Ces derniers menèrent le pensionnat pendant une vingtaine d’années encore, au sujet desquelles on ne dispose d’aucun renseignement. De cette période subsistent en revanche quelques photographies (reproduites à la page 33) montrant la maison de maître dans sa volumétrie de 1787-1789, la "maison longue" édifiée en 1831-1832 par Vaucher-Ferrier et, côté jardin, la salle des marronniers […]. Endetté, l’institut ferma ses portes en 1873, après plus de cinquante années d’existence, dont quarante passées à Champel, - une longévité respectable pour l’époque. »
Dans son ouvrage Maisons de campagne genevoises du XVIIIe siècle, Edmond Barde consacre quelques pages à cette demeure et au domaine, précisant notamment qu’« En 1874, le domaine entier fut acquis par la Société qui créa l’Hôtel-pension Beau-séjour, Une clientèle nombreuse et de choix put ainsi bénéficier tant des bienfaits de l’hydrothérapie que d’ombrages magnifiques. »
Vous pourrez voir également en ligne plusieurs images représentant l’institut Venel conservées par notre Centre d’Iconographie. Notamment, deux gravures colorées de Jean-Jacques Challet-Venel réalisées vers 1837 montrent des garçons jouant dans la cour de l’établissement et d’autres faisant des exercices de gymnastique en plein air.
Dans la presse genevoise numérisée et consultable en ligne, nous avons trouvé encore des informations à propos de ce pensionnat. Dans La Tribune de Genève du 4 juillet 1953, rubrique Il y a cinquante ans. Ce qu’on pouvait lire dans la « Tribune de Genève », nous apprenons notamment à quelle période Pierre Karageorgevitch, futur roi de Serbie sous le nom de Pierre Ier, a été l’un des élèves du pensionnat :
« Pierre Karageorgevitch avait passé plusieurs années de sa jeunesse (de 1658 [1856] à 1863) au pensionnat Venel, à Champel (emplacement actuel des bains). Il y avait contracté de solides amitiés et renoua les relations lorsqu’il revint à Genève en 1891. »
Pour poursuivre vos recherches, vous pourrez lire la réponse à une précédente question Interroge : « En 1832, l'institut créé par la famille Venel s'installe à Champel. Je cherche des informations sur la généalogie d'Edouard Olivier et Henri Venel ».
Vous pourrez consulter également en archives les documents de :
- Henri Venel à la Bibliothèque cantonale et universitaire de Lausanne (BCUL), notamment les pièces citées par Christine Amsler : BCU/Dorigny, IS 1945/3 et IS 1945/4.
- La famille Venel, de Jean-Jacques Challet-Venel et d’Olivier Venel aux Archives de l’Etat de Genève (AEG).
Nous vous signalons encore que notre service Manuscrits et archives privées conserve en particulier une lettre d’Olivier-Venel à Théodore Claparède.
Nous espérons que ces éléments vous aideront dans votre recherche. N'hésitez pas à nous recontacter pour tout complément d'information ou toute autre question.
Cordialement,
Pour www.interroge.ch
