Vous visualisez une version traduite automatiquement de notre site. Certaines traductions peuvent contenir des erreurs et la version française du site fait foi. Nous vous remercions de votre indulgence et vous souhaitons une bonne visite.
Je cherche des informations sur l'évolution historique du quartier de Plainpalais en lien avec sa culture maraîchère
La réponse a été mise à jour le 17 octobre 2025
Les informations présentées sur cette page peuvent ne plus être à jour au moment de votre lecture. Vérifiez la date de publication.
Bonjour,
Nous vous remercions d'avoir fait appel au service Interroge, voici le résultat de nos recherches :
À travers la description ci-après, Pierre Bertrand introduit le cadre géographique et historique de Plainpalais, aux pages 14-15 de son ouvrage Plainpalais : son passé, son avenir : notes d’histoire et reportages :
« Plana palus, la plaine marécageuse : C’est ainsi qu’on explique l’étymologie du mot Plainpalais donné à l’espace pierreux compris entre le Rhône et l’Arve, au pied de la colline de Genève, et souvent ravagé par leurs eaux débordantes. Du temps des légions romaines, et peut-être même jusque vers l’an 1000, un bras de l’Arve venait se jeter dans le Rhône à la Coulouvrenière. Ce fut l’œuvre lente et tenace des générations, de planter des rangées de pieux, des palées, dans ce sol mouvant, pour le consolider et repousser les eaux le plus à l’occident possible. Longtemps, ces landes conquises demeurèrent des arénières, des bancs de gravier impropres à la culture, parsemées de buissons et d’herbes folles. La vie et l’habitat restèrent localisés sur les atterrissements les plus anciens de l’Arve, au pied de Champel. »
Armand Brulhart et Erica Deuber-Pauli expliquent dans leur ouvrage Ville et canton de Genève, aux pages 174-175 :
« A l’époque romaine, l’Arve, en se jetant dans le Rhône, formait toujours un delta qui s’étendait de l’actuelle place Bel-Air à la Jonction. Ces terres alluvionnaires, périodiquement inondées, devaient repousser pendant longtemps l’habitation. […] Il faut attendre l’essor des derniers siècles du Moyen Âge pour voir s’amorcer son développement. Promoteurs : les Dominicains […] qui achetèrent les terres et endiguèrent progressivement les eaux, repoussant le delta vers la pointe de la Jonction, contre les falaises de la Bâtie, au détriment de la seigneurie de la Bâtie-Meillé. L’Arve n’occupa son lit actuel que vers le milieu du XVIIe siècle et continua jusqu’au XVIIIe siècle d’inonder périodiquement Plainpalais. Mais ces terres fertiles se prêtèrent à la culture maraîchère. […] Le centre de Plainpalais, liaison entre la zone alluvionnaire agricole et le faubourg de Saint-Léger, était formé par les communs de Palais, autrement dit la plaine de Plainpalais, beaucoup plus vaste, mais de la même forme de parallélogramme qu’aujourd’hui. […] Elle appartenait à l’évêque, toutefois la communauté en disposait pour le bien commun. Elle servait aux fêtes religieuses, aux foires régionales de bestiaux, aux "entrées" dans la ville, aux manifestations publiques. »
Gérald Berlie raconte dans son livre Plainpalais : plaine de mémoire, aux pages 10 et 11 :
« Dès 1685, aux lendemains de la révocation de l’Edit de Nantes, par Louis XIV, de nombreux huguenots en provenance du midi et des Cévennes prennent possession des terrains fournis par les autorités locales pour les cultiver. Durs à la besogne, ces réfugiés travaillent la terre de ces "Jardins de Plainpalais" et nourrissent ainsi nos ancêtres. Il faut savoir, qu’à l’origine, la partie plate de la commune de Plainpalais - plaine alluvionnaire de l’Arve – était une zone marécageuse et sablonneuse où étaient implantées des cultures maraîchères. Les plantaporrêts (planteurs de porreaux dans le parler genevois) y cultivaient toutes sortes de légumes. »
Dans l’Encyclopédie de Genève en ligne, l’article sur La culture maraîchère ajoute encore :
« […] dès le Moyen Age, la culture maraîchère a trouvé à Genève, et plus particulièrement à Plainpalais, une terre d'élection.
Les jardins de Plainpalais
Maraîcher, étymologiquement, vient de marais. Or les terrains de Plainpalais (de palus = marais) en amont de la Jonction ont été gagnés sur le delta de l'Arve, qui formait à l'origine des îles boisées, des bancs de gravier et des marais, et couvrait encore vers l'an mille, d'après Louis Blondel, presque tout l'espace compris entre la colline de la ville et la terrasse d'alluvions du Bois de la Bâtie. Ce sont les dominicains du couvent de Palais qui ont été les premiers à défricher ces terrains et à endiguer le cours de l'Arve. Les "Plantaporrêts" (de plante-poireaux) genevois s'y sont mis à leur tour. Au XVIe siècle, des réfugiés huguenots de la région de Toulouse auraient introduit la culture du cardon et de l'artichaut, de même que les "puiserandes", pompes à godets mues par des manèges à chevaux qui puisaient l'eau de la nappe souterraine, comme le font les norias espagnoles et nord-africaines. Certains auteurs font remonter cet apport huguenot à la Révocation de l'Edit de Nantes, en 1685, mais les documents du XVIe siècle font déjà état d'un grand développement du jardinage dans ce secteur.
Les jardins de Plainpalais, restés légendaires, ont disparu en grande partie à la fin du siècle dernier, notamment lors de la préparation de l'Exposition nationale de 1896. Les maraîchers de l'époque trouvèrent, non loin de là, sur les plaines situées aux bords de l'Aire et de la Drize, connues sous le nom de La Praille et des Acacias, un terrain propice à de belles cultures, formé d'alluvions mêlées aux terres fertiles. Mais ces plaines ne résistèrent pas longtemps à l'expansion de la ville. Dès les années vingt, les maraîchers durent à nouveau laisser la place aux constructions d'immeubles et de complexes industriels. Les bonnes terres étant rares, ils entreprirent d'assainir les grands marécages situés à Troinex, Sionnet et Certoux. »
Aujourd’hui encore, le quartier de Plainpalais conserve de nombreuses rues dont les noms rappellent son passé maraîcher : la rue des Jardins, la rue de la Ferme, la rue des Maraîchers ou encore la rue des Plantaporrêts. Le site des Noms géographiques du canton de Genève fournit pour chacune de ces rues des explications à la fois historiques, géographiques ou étymologiques. Vous trouverez sur le site de la Ville de Genève, une page consacrée à l'Histoire et développement du quartier de Plainpalais Jonction.
L'article « Plainpalais » du Dictionnaire historique de la Suisse (DHS) indique que cette ancienne commune fut « rattachée à Genève en 1931. Formée des faubourgs de Palais, plaine marécageuse (plana palus), de Saint-Léger et de Saint-Victor, entre le Rhône et l'Arve. Son territoire couvrait les quartiers actuels de Plainpalais, la Jonction, la Cluse, les Tranchées, Champel et le Bout-du-Monde, les Acacias et une bande de terre sur la rive gauche de l'Arve, les Vernets. Elle s'est appelée aussi banlieue de Neuve, du nom d'une des portes de Genève. »
Les Archives de l’Etat de Genève (AEG) ont également un fonds sur la Commune de Plainpalais à cette période de l’histoire de Genève.
Pour prolonger votre recherche, plusieurs ouvrages pourront être consultés :
- La "grande Genève" : ville - Plainpalais - Petit-Saconnex - Eaux-Vives : notes d'histoire d'Edmond Barde
- Le paysan et la terre : agriculture et structure agraire à Genève au XVIIIe siècle de Dominique Zumkeller
- Le développement urbain de Genève à travers les siècles de Louis Blondel
- L’ouvrage de Jean-Claude Mayor Genève : Vieille Ville et Plainpalais à la Belle Epoque présente un panorama très complet à travers la reproduction de cartes postales.
- Une recherche dans les archives de l’hebdomadaire L’Echo de Plainpalais pourrait par ailleurs fournir des pistes de recherche.
Le Centre d’iconographie de notre bibliothèque conserve par ailleurs de nombreuses peintures, lithogravures, photographies, comme ce dessin Genève, plaine de Plainpalais qui illustre bien le sujet de la question.
Le Musée du Vieux Plainpalais pourra aussi fournir des informations utiles, telles que celles que vous pourrez rechercher directement dans les bulletins d'information en ligne.
Nous espérons que ces éléments vous aideront dans votre recherche. N'hésitez pas à nous recontacter pour tout complément d'information ou toute autre question.
Cordialement,
Pour www.interroge.ch
Poser une question à Interroge
- Recevez gratuitement une réponse fiable et personnalisée
- Des spécialistes de la recherche d'information vous répondent dans les 72 heures