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La réponse a été mise à jour le 20 août 2025.
Bonjour,
Nous vous remercions d’avoir fait appel au service Interroge, et voici le résultat de nos recherches :
Nous comprenons que vous faites référence à l'image figurant dans ce document déposé aux Archives d’Etat de Genève (AEG) :

Nous nous sommes référés à des documents illustrant les costumes, coiffes, coiffures de l’époque spécifique à cette image, soit le XVe siècle, notamment l'ouvrage Le costume historique : du monde antique au XIXe siècle : les planches complètes en couleurs d’Auguste Racinet dont vous pouvez voir des illustrations ci-dessous :


Beaucoup présentent des similitudes avec la coiffe portée par « Regina Bordelli » mais sans être exactement la même.
De plus, comme l’explique Denis Bruna dans le livre Des cheveux et des poils au sujet de cette époque historique :
« Dans l’Occident médiéval et au début de l’époque moderne, la plupart des femmes avaient la tête couverte d’un voile, d’un chaperon ou d’une coiffe lorsqu’elles sortaient de chez elles. Ce faisant, elles se conformaient au cadre normatif fixé par les textes bibliques et leurs interprètes. »
Proche de la profession et de l’époque qui vous intéresse, une autre piste serait cette « Mitre de maquerelle » ou « Mitre de la Reine des Filles publiques » conservée au Musée d'art et d'histoire (MAH) et dont la description vous informe sur les usages en vigueur de l’époque en termes de prostitution à Genève.
Fort de constater que nous ne trouvions pas de costumes exacts correspondant au portrait de « Regina Bordellis », nous avons obtenu les explications précises suivantes de la conservatrice du département Europe de notre musée :
« Cette représentation de la Reine du bordel est une esquisse issue du Registre du notaire Jean Fusier de 1413 conservée aux Archives d’État de Genève, on ne peut donc pas la considérer comme un véritable portrait de la personne et de ses atouts qui sont eux aussi à peine esquissés et pas représentés intégralement et dans les détails.
Une des caractéristiques nécessaires à l’exercice de la prostitution a toujours été, pour les professionnelles, celle de se présenter aux clients dans des accoutrements différents de ceux des femmes honnêtes. Il était essentiel de pouvoir les identifier rapidement surtout dans l’exercice de leurs fonctions.
Pour ce faire, des couleurs spécifiques ont parfois été utilisées, dans leurs vêtements, mais un rôle essentiel a toujours été joué par la chevelure, qui est considérée biologiquement comme un des caractères sexuels secondaires et culturellement comme un atout majeur de la séduction. Le petit dessin montre donc une "demi-coiffure" et pas une coiffure complète et finie, laissant imaginer que la chevelure qui se distingue sous le voile était laissée en partie libre pour qu’elle puisse fonctionner comme un attribut de séduction.
Cela étant, malgré le dessin sommaire, on peut reconnaitre dans cet accoutrement des éléments classiques de la coiffure des cours du XVe siècle qui se compose d’un « balzo » et d’un voile.
Voici la définition de ce terme selon l'encyclopédie Treccani (traduit en français) :
BALZO (lat. medievale balzum, bugulus, trochus; fr. bourrelet, bourlet, bourlée, boisseau; esp. rodete; all. Wulsthut, Wulsthaar; angl. pad). Coiffure de la tête de forme semblable au turban, utilisée par les femmes de la fin du XIVe siècle et surtout de la première moitié du XVe siècle.
Les cheveux, peignés en arrière, étaient attachés au moyen de rubans ou de fils de soie ou d’or sur une armure de métal rembourrée, formant une sorte d’oreiller (le bourrelet) s’étendant vers le haut pour donner l’illusion d’une chevelure immense. Les cheveux ainsi disposés étaient maintenant laissés visibles, mais ornés de mille manières différentes, couronnées d’un voile (comme il semblerait dans l’illustration en question) ou nattés en grosses tresses avec des rubans de soie ou de riches étoffes, avec des ornements floraux ou des plumes.
Le « balzo » était normalement porté par les femmes de bonne famille et interdit à celles aux mœurs légères.
Utilisé essentiellement en Italie, en Lombardie et dans la Vénétie (ce qui pourrait facilement expliquer son arrivée à Genève), mais il est attesté aussi à Florence. Il était généralement porté avec des robes à manches larges, à taille haute et étroite, à jupes très larges et à longues traînes, qui déformaient la personne pour en obtenir la majesté. Même les hommes de la première moitié du XVe s. ont souvent couvert leur tête avec des chapeaux rembourrés en forme de turban, du même nom et apparence, bien que moins riches que ceux utilisés par leurs élégantes compagnes.
Cesare Vecellio, auteur de De gli habiti antichi et moderni di diverse parti del mondo, paru à Venise en 1590 utilise le mot « balzo » pour indiquer, outre la forme citée ci-dessus, aussi une sorte de cercle rembourré appelé « mazzocchi » porté par les hommes et par les femmes autour de la tête, soit pris dans des nœuds, soit sur des bonnets ou des casques.
« Mazzocchi » c’est-à-dire une structure en forme d’anneau d’un chapeau florentin typique du XVe siècle, également appelé « cappuccio a foggia ». Les petits turbans, résultant précisément de l’ancien « balzo », ont continué à être portés jusqu’à la fin du XVIe siècle. Peintures et sculptures du XVe siècle nous donnent des exemples très fréquents de ce type de coiffures.
En conclusion, ici, je dirais que la dame porte un « mazzocchi » ou un demi-mazzocchi agrémenté d’un petit voile aguicheur, sans doute une coiffure assez exotique pour la Genève de l’époque.
Voici une sélection d'ouvrages sur le sujet fournies par la conservatrice pour poursuivre vos recherches :
- Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque carlovingienne à la Renaissance d'Eugène Viollet-le-Duc
- Kostümkunde de Hermann Weiss
- Glossaire archéologique du Moyen âge et de la Renaissance de Victor Gay
- Die Tracht der Kulturvölker Europas vom Zeitalter Homers bis zum Beginne des XIX. Jahrhunderts ... d'August von Heyden, pages 108 et 111
- Manuel d'archéologie française depuis les temps mérovingiens jusqu'à la Renaissance de Camille Enlart, Tome III, page 185
- Der Mensch der Renaissance und seine Kleidung, page 67
- Le vesti delle donne fiorentine nel Quattrocento de E. Polidori Calamandrei, page 82
Concernant le haut de la robe, nous vous conseillons de vous référer à l’ouvrage richement illustré d’Auguste Racinet cité plus haut ou aux ouvrages cités par la conservatrice pour trouver une robe similaire et fidèle à l’époque.
Nous espérons que ces éléments vous aideront dans votre recherche. N'hésitez pas à nous recontacter pour tout complément d'information ou toute autre question.
Cordialement,
La Bibliothèque du Musée d'ethnographie de Genève
Pour www.interroge.ch
