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La réponse a été mise à jour le 2 avril 2026.
Bonjour,
Nous vous remercions d'avoir fait appel au service Interroge, voici le résultat de nos recherches :
Waldemar Deonna écrit dans son article Le mobilier de la Cathédrale Saint-Pierre à Genève, paru en 1950 dans la revue d'histoire de l'art et d'archéologie Genava, que les stalles, datant d’avant la Réforme, sont l’œuvre du sculpteur bruxellois Jean Prindal. Toutefois, celle-ci furent plusieurs fois remaniées et restaurées suite à un incendie et des actes de vandalisme après la Réforme :
« La suppression des galeries, faite en 1847, dont l’installation au XVIIe siècle avait entraîné la mutilation des stalles du collatéral Sud, nécessita la restauration de celles-ci. Elle fut exécutée en 1847 par Blavignac ; il leur apporta — ainsi qu'aux stalles du choeur — de nombreuses modifications. [...]. La balustrade devant la rangée de stalles basses, à panneaux décorés de serviettes gothiques, et à dragons en ronde bosse tenant un écu aux armes de Genève, à chaque extrémité, est une création de Blavignac. »
Corinne Charles, dans son livre Stalles sculptées du XVe siècle : Genève et le duché de Savoie, revient en détail sur la restauration des stalles de la cathédrale Saint-Pierre. On trouve notamment plusieurs images représentant les stalles du collatéral Sud, que l'autrice nomme « Stalles au double Credo ». Il est confirmé encore que leur forme actuelle est l’œuvre de Blavignac en page 93 : « A l’exception du projet de onze mitres, non retenu, tous les éléments de restauration projetés par Blavignac furent réalisés et correspondent à la disposition actuelle des stalles hautes de Saint-Pierre. »
Malgré son apparence de griffon, Corinne Charles, tout comme Waldemar Deonna, le désignent comme étant un dragon. L'ouvrage cité ci-dessus ajoute : « […] L’écran en noyer qui complète les stalles basses du collatéral sud remonte à cette seconde campagne de travaux, ainsi que les dragons polychromés qui en décorent les extrémités […] Pour les dragons-griffons qui ornent cet écran, Blavignac s’est inspiré des dragons en ronde-bosse qui somment les jouées basses d’autres stalles de Suisse romande, comme à Moudon ou à Estavayer. En effet, à l’occasion des voyages qu’il entreprit pour la préparation de son Histoire de l’architecture sacrée, il visita en 1848 les églises de Moudon et d’Estavayer. Par conséquent, il put observer leurs stalles peu avant la restauration des stalles basses de Saint-Pierre. […] »
Jean-Daniel Blavignac revient sur ces restaurations dans son article Restauration des stalles hautes de l'ancienne cathédrale de Genève, paru en 1848 dans le tome 6 de Mémoires et documents de la Société d’histoire et d’archéologie de Genève, pages 142 à 152. À propos des stalles du collatéral sud, il indique à la page 149, qu’avant la restauration : « […] Les faces latérales des stalles basses sont décorées de figures et surmontées de lions en ronde bosse. […] ».
Quant à savoir de quel animal héraldique il s'agit, Waldemar Deonna décrit les thèmes qu’on retrouve dans les sculptures de la Cathédrale Saint-Pierre dans l'article La sculpture monumentale de la Cathédrale Saint-Pierre à Genève paru en 1949 dans la revue Genava :
« Les thèmes peuvent être groupés en quatre catégories : figures humaines, animaux, végétaux, motifs géométriques […]. Blavignac supposait que la décoration de Saint-Pierre révèle un plan général préconçu, voulant surtout illustrer par la diversité des motifs symboliques la lutte et la victoire du christianisme sur la paganisme. […] Quant aux animaux – et c’est en général sur la faune des cathédrales que porte la discussion – leur interprétation est plus délicate, et l’on ne saurait formuler à leur égard une règle générale. La plupart, assurément, n’apparaissent qu’à titre d’ornements : lions, griffons, dragons, sirènes-poissons, sirènes-oiseaux, harpies, etc. qui abondent sur les chapiteaux de Saint-Pierre. […] Mais ailleurs, les animaux et souvent les mêmes, prennent un sens précis dans la composition où ils sont engagés. […] »
Comme vous pouvez le lire, il n'est donc pas clairement définit de quel animal il s'agit. Blavignac ne les nomme pas, dans son article de 1848. Waldemar Deonna parle de dragons en ronde bosse et Corinne Charles de dragons-griffons.
D’un point de vue symbolique, le dragon est généralement représenté dans les églises et ailleurs comme le dit Michel Pastoureau dans ses Bestiaires du Moyen Âge :
« À certains égards, il fait partie de la vie quotidienne. Dans les églises, comme le lion, et peut-être plus encore, il est présent partout, peint, sculpté, modelé, tissé, brodé, raconté, commenté. Ailleurs on en parle tout le temps et on craint de le rencontrer, bien plus qu’on redoute de rencontrer le loup : le dragon, c’est le diable. »
Le Dictionnaire des symboles de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant indique quant à lui que « Le dragon nous apparait essentiellement comme un gardien sévère ou comme un symbole du mal et des tendances démoniaques. Il est en effet le gardien des trésors cachés, et comme tel l’adversaire qui doit être vaincu pour y avoir accès. » Ce qui fait d'autant plus de sens puisqu’il tient entre ses serres l’emblème genevois comme s’il en était le gardien.
Nous espérons que ces éléments vous aideront dans votre recherche. N'hésitez pas à nous recontacter pour tout complément d'information ou toute autre question.
Cordialement,
La Bibliothèque d'art et d'archéologie
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