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La réponse a été mise à jour le 31 mars 2026.
Bonjour,
Nous vous remercions d'avoir fait appel au service Interroge, voici le résultat de nos recherches :
Tiziano Teti de l'Atelier d'architecture Tiziano Teti (ADATT), en charge de la rénovation du bâtiment de l'université-Bastion, nous a fourni la réponse suivante :
« L’ensemble des pierres de façades a fait l’objet d’une restauration par un tailleur de pierre qualifié, sous la supervision d’un expert. Les éléments lithiques présentant un état de dégradation incompatible avec une conservation in situ ont été déposés et remplacés.
A tire d'information, l’édifice, construit entre 1868 et 1873 est constitué majoritairement de molasse, à l’exception du soubassement réalisé en pierre calcaire. En raison de la forte friabilité de la molasse et de la raréfaction progressive des gisements exploitables, des campagnes de restauration (1899-1900, 1927-1932 et 1986-1987) ont conduit au remplacement ponctuel d’élément en molasse par la pierre de Savonnières.
Conformément aux prescriptions de l’Office cantonal du patrimoine et des sites (OPS), les pierres de substitution ont été choisies dans des matériaux de nature équivalente, à savoir molasse pour la molasse et pierre de Savonnières pour la Savonnière. L’aspect *pixel* découlant de cette démarche est donc admis et de ce fait assumé. »
David Ripoll, spécialisé dans l'architecture et l'urbanisme du XIXe siècle, et qui a travaillé à l'Unité conservation du patrimoine de la Ville de Genève, nous a apporté la réponse suivante :
« Dans le cas des Bastions comme d’autres exemples, les blocs de pierre d’une couleur claire (ce n’est pas de la mollasse) ont remplacé les blocs de mollasse d’origine, reconnaissable à sa couleur vert-gris, qui avaient subi des altérations avec le temps. Ce n’est pas un choix esthétique. Si les réparations avaient pu se faire avec des pierres provenant de la même carrière que la pierre d’origine, le choix n’aurait pas été le même. »
Roberta Zaccara, architecte-conservatrice au Service des monuments et des sites du Canton de Genève, nous a expliqué par téléphone que ces pierres visibles sur l’immeuble de l’Université de Bastions étaient déjà présentes avant les travaux. Vous ne les avez probablement pas remarquées avant puisqu’elles étaient cachées derrière les échafaudages. Historiquement, on n’avait plus accès aux pierres d’origine, la molasse verte, car le niveau du lac est monté et on n’avait plus accès à ces pierres vers la fin du 19e siècle. On utilisait des pierres de remplacement, soit de type Pierre de Morley, soit de type Pierre de Savonnières, qui sont plus claires. La Pierre de Savonnière a été également utilisée dans la construction de nombreux bâtiments à Genève comme la gare de Cornavin ou le Musée d’art et d’histoire. Ces mélanges de pierre donnent un effet « pixel » qu’on peut voir sur de nombreux immeubles à Genève (comme à la Promenade St. Antoine). Roberta Zaccara mentionne par ailleurs qu’on ne mettait pas de la peinture sur les pierres de différents types, car elle se dégrade aussi au fil du temps et ne mettrait plus en valeur les pierres.
Nous vous invitons à consulter l’étude historique Université Bastions, Genève : bâtiment central, aile Jura : étude historique et architecturale de Catherine Courtiau et qui retrace les différentes transformations du bâtiment à travers le temps. Sur le site de l'UNIGE, vous trouverez un aperçu détaillé du projet de rénovation du bâtiment universitaire des Bastions.
Nos recherches sur les molasses ont abouti à plusieurs références qui pourraient éventuellement vous être utiles afin d’approfondir le sujet :
De manière générale sur la molasse, le chapitre 1.2.3.1 de l'ouvrage La construction monumentale en Haute-Savoie du XIIᵉ au XVIIᵉ siècle : de la carrière au bâti d'Anne Baud et Anne Schmitt (disponible en ligne sur OpenEdition Books) nous apprend ceci :
« D’un point de vue pétrographique, c’est un grès constitué de grains de quartz subarrondis et de feldspaths altérés liés par un ciment calcaro-argileux micritique fréquemment teinté en vert par la présence de glauconie et de chlorite. Selon le degré d’oxydation la roche peut apparaître verte, grise, jaune ou même rougeâtre. La couleur est assez variable selon les lieux : molasse rouge (Genève, mont de Boisy), verte (Chéran), bigarrée, grise (Lausanne). Du fait de la variabilité de la granulométrie, de la porosité, du degré de cristallisation du ciment calcaire et du litage plus ou moins prononcé, la qualité de la molasse est très variable selon les carrières. »
Dans la conclusion, à propos de L’usage des roches tendres au Moyen Âge, on peut lire ceci :
« Malgré ses défauts (porosité, gélivité, fragilité, faible résistance à la compression) la molasse était appréciée des constructeurs car elle est disponible en grande quantité dans le sillon molassique, et relativement facile à extraire et à tailler. Elle est employée en tout-venant ou en pierre de taille pour les parements et pour l’ossature des bâtiments. Elle est également utilisée pour la sculpture pour la finesse de son grain. Enfin, les conduits de cheminées sont construits en molasse qui comporte des propriétés réfractaires. Connaissant la nature poreuse et gélive de cette roche, les maçons utilisent systématiquement des calcaires durs dans les fondations et les soubassements des élévations en molasse (murs, contreforts, piliers) pour empêcher les remontées d’eau par capillarité. »
Pour poursuivre, un article publié le 26 janvier 2022 par le géologue indépendant genevois Thierry Basset sur son site GEOL, présente les Carrières de molasse sous-lacustre à Genève.
Nous espérons que ces éléments vous aideront dans votre recherche. N'hésitez pas à nous recontacter pour tout complément d'information ou toute autre question.
Cordialement,
La Bibliothèque d'art et d'archéologie
Pour www.interroge.ch
