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La réponse a été mise à jour le 10 décembre 2025.
Bonjour,
Nous vous remercions d'avoir fait appel au service Interroge.
Il ne semble pas y avoir de réponse définitive à cette question. Voici le résultat de nos recherches :
Dans son Histoire et évolution des armoiries de Genève, Catherine Santschi, alors archiviste d’Etat, montre (aux p. 3-4) que les armes de Genève sont, selon les sources conservées, d’abord celle de Jacques de Faucigny, prévôt de l’Eglise de Genève mais qu’elles figurent aussi par la suite sur les anciens sceaux de la communauté des citoyens :
« La plus ancienne représentation des armes actuelles de Genève semble être un sceau datant de 1342, aujourd’hui conservé au Musée d’art et d’Histoire, portant l’inscription : (SIGILLUM I) ACOBI DE FOUCHINIACO PREPOSITI ECCLESIAE GEBENNENSIS, c’est-à-dire "Sceau de Jacques de Faucigny, prévôt de l’Eglise de Genève". Ce sceau porte l’effigie de saint Pierre tenant deux clefs en sautoir. […] Mais à ce moment-là, ces armoiries sont apparemment celles de l’Eglise, et non celles de la communauté, qui avait pour emblème, selon les chroniqueurs, une croix tréflée de pourpre sur champ de sable. […]
Les anciens sceaux de la communauté des citoyens, cités dans les documents dès la fin du XIIIe siècle, employés d’abord sans autorisation de l’évêque, ne sont pas conservés. Le plus ancien exemple que nous possédions est apposé à une lettre de bourgeoisie de 1447. Il s’agit d’une empreinte ronde, de 27 mm de diamètre, où figurent l’aigle et la clef entourées d’un cercle, sans légende. Les contours de la tête, et donc de la couronne, sont imperceptibles.
Dès lors, le motif paraît fixé dans ses grandes lignes : dans le livre des Franchises de 1451, plusieurs représentations coloriées des armoiries de la communauté portent, sur un champ d’or, une demi-aigle impériale de sable, avec langue, bec, pattes et couronne couverte de gueules ; la clef dont la poignée est incomplète, comme si elle était engagée sous le trait du parti, est d’or sur champ de gueules. […]
Les origines de ces armoiries apparaissent clairement sur un dessin qui figure dans diverses productions de l’imprimeur Jean Belot, notamment en frontispice de la traduction des Franchises d’Adhémar Fabri publiées en 1507. […] En haut, un écu de l’Empire avec une aigle bicéphale dont les têtes ne portent pas couronne. Cette aigle symbolise l’immédiateté impériale de l’évêque de Genève. En haut, également, sur une autre branche, l’écu du Chapitre, portant les deux clés en sautoir, emblème de l’apôtre Pierre, patron de l’Eglise de Genève. […] L’écu de la communauté des citoyens placé sur le dessin de Belot au-dessous des deux autres, au centre sur le tronc d’arbre, apparaît ainsi comme le résultat de la combinaison entre les armes de l’Empire (ou de l’évêque ?) et celles de l’Eglise de Genève : une demi-aigle, couronnée cette fois, et une seule clef, qui paraît tenue par une pièce de métal au trait du parti. »
Nous pouvons observer ce dessin (ci-dessous) publié en 1507 par l'imprimeur Jean Belot sur le site du musée digital de la Ville de Genève Mirabilia. Il est extrait de l'ouvrage Libertés et franchises genevoises également disponible en ligne sur le portail pour les imprimés numérisés des institutions suisses e-rara.

Dans son Histoire de Genève, l’historien Paul Guichonnet souligne :
« Les Franchises de 1387 furent imprimées pour la première fois en 1507, non dans le texte original latin, mais dans une traduction française. Le frontispice de cette édition illustre l’origine des armoiries genevoises. Elles sont formées de la combinaison des armes de l’Empire (l’aigle à deux têtes), dont le prince-évêque, seigneur de la ville, dépendait directement, et des armes de l’évêché (deux clés croisées). Ce blason qui apparaît pour la première fois au milieu du XVe siècle fut celui de la communauté jusqu’à la Réforme, puis celui de la République de Genève indépendante et du canton actuel. »
Le site de la Ville de Genève résume cette évolution et en souligne l’enjeu politique sur sa page Armoiries de Genève : « Elles représentent la réunion des symboles de l'Empire (l'aigle à tête couronnée), auquel Genève a été rattachée au XIe siècle, et de l'évêque (la clef d'or) dont les citoyens tiennent leurs libertés et franchises depuis 1387. »
Ainsi, avant la Réforme, les armoiries de Genève renvoient déjà à l’exercice du pouvoir municipal et à l’indépendance de Genève.
A ce propos, Paul Guichonnet rappelle aux pages 112-113 dans son ouvrage que Genève est une principauté épiscopale mais que la commune participe de manière importante à la bonne gestion municipale, en particulier à partir du XIVe siècle suite au droit de l’exercice de la justice criminelle (sauf les petites causes) concédé par l’évêque :
« Genève est une principauté épiscopale. L’évêque est le seigneur de la cité. Il ne reconnaît au-dessus de lui que la seule autorité de l’empereur, souverain lointain […]. [la commune] a bien d’autres attributions. Elle a la charge des travaux publics et de l’entretien des fortifications. Elle s’occupe du ravitaillement. Elle peut fixer les prix et les salaires. Elle prend toute mesure concernant la sécurité et l’ordre public. Elle a le souci des affaires militaires et de la défense de la ville. Elle dit son mot dans les affaires scolaires. Plus on avance, plus la commune s’immisce dans les affaires religieuses en dépit des immunités protégeant le spirituel de l’ingérence laïque. Ce n’est pas là une tendance spécifiquement genevoise, annonciatrice de la Réforme. Les autres municipalités européennes n’agissent pas autrement. »
Soulignons encore à la suite de Corinne Walker dans le tome 3 de l’Histoire de Genève, De cité de Calvin à la ville française (1530-1813), aux pages 12-13, qu’après avoir chassé le prince-évêque les citoyens de Genève ont repris à leur compte les droits régaliens exercés par celui-ci :
« Un pas décisif vers l’indépendance de Genève avait été franchi par la signature de la combourgeoisie avec Berne et Fribourg en 1526. Outre qu’il donnait de nouveaux alliés à la communauté, ce rapprochement introduisait de profondes transformations dans les institutions politiques et judiciaires de la cité. […] Confronté à ces innovations, le prince-évêque Pierre de La Baume se contente de protester, ne répondant que mollement aux interventions de plus en plus fréquentes du Conseil dans les conflits religieux qui entraînent la progression du parti évangélique. Lorsqu’en 1533, venu à Genève pour exercer son droit de justice lors du meurtre d’un chanoine de la cathédrale, il voit son pouvoir contesté par les Conseils, il manifeste son désaccord en quittant la ville. Il n’y reviendra jamais. Désormais rangé aux côtés du duc de Savoie, l’évêque lance en 1534 une excommunication contre Genève. En octobre, les syndics et les conseils [de Genève] déclarent le siège épiscopal vacant et s’attribuent les droits régaliens seigneuriaux – droits d’édicter les lois, de faire la guerre et la paix, de battre la monnaie, etc. »
Au regard de ce qui précède, on pourrait considérer qu’il n’a pas été nécessaire de changer les armoiries de Genève au lendemain de la Réforme car celles-ci renvoient depuis la fin du Moyen Âge à la communauté des citoyens de Genève, à leur exercice du pouvoir municipal et, enfin, à l’histoire de l’indépendance de Genève. A la Réforme, selon la formule de Paul Guichonnet (p. 113) « le seigneur [le prince-évêque] dut céder totalement sa place et laisser le gouvernement à la commune ».
Ainsi que le rappelle la page Armoiries de Genève de la Ville de Genève, la devise « Post tenebrax lux » date quant à elle de la Réforme : « La devise de Genève, "Post tenebras lux" (Après les ténèbres la lumière), date du milieu du XVIe siècle. Elle fait référence à la Réforme. »
Vous trouverez des précisions détaillées à ce sujet ainsi que des références bibliographiques utiles dans une réponse d’Interroge à une précédente question : « Quelle est l'origine de la devise "Post tenebras lux" sur les armoiries de Genève ? »
Deux autres réponses pourraient également vous être utiles pour poursuivre vos recherches au sujet des armoiries de Genève :
- « Genève a-t-elle toujours eu les armoiries qu'elle a actuellement ? »
Nous espérons que ces éléments vous aideront dans votre recherche. N'hésitez pas à nous recontacter pour tout complément d'information ou toute autre question.
Cordialement,
Pour www.interroge.ch
