Vous visualisez une version traduite automatiquement de notre site. Certaines traductions peuvent contenir des erreurs et la version française du site fait foi. Nous vous remercions de votre indulgence et vous souhaitons une bonne visite.
La réponse a été mise à jour le 10 décembre 2025.
Bonjour,
Nous vous remercions d'avoir fait appel au service Interroge, voici le résultat de nos recherches :
Un communiqué de presse daté du 27 janvier 2016 A l'occasion de la Journée internationale de la mémoire de l'Holocauste et de la prévention des crimes contre l'Humanité, la Ville de Genève inaugure la plaque commémorative qui rappelle le rôle du bâtiment scolaire durant la Seconde guerre mondiale, émanant du Département de l’aménagement, des constructions et de la mobilité, nous apprend ce qui suit :
« A l'occasion de la Journée internationale de la mémoire de l'Holocauste et de la prévention des crimes contre l'Humanité, la Ville de Genève inaugure la plaque commémorative qui rappelle le rôle du bâtiment scolaire durant la Seconde guerre mondiale.
L'école des Cropettes, comme d'autres lieux à Genève, a servi durant la Seconde guerre mondiale de camp de triage de l'armée pour les réfugiés passés clandestinement en Suisse. Parmi les centaines de juifs qui ont transité dans cette école, certains ont été refoulés à la frontière. Une partie d'entre eux ont ensuite été arrêtés et déportés vers les camps de la mort.
Durant la seconde guerre mondiale, l’ancienne école des Cropettes a été réquisitionnée par les autorités militaires, à l’instar d’autres locaux, propriétés des collectivités publiques, notamment aux Charmilles, à Champel, à Varembé, à Claparède et à la Plaine. Ces bâtiments ont été utilisés comme camps de triage pour les réfugiés passés clandestinement en Suisse.
D’après l’examen des dossiers relatifs au camp de triage des Cropettes, ce dernier a vu transiter 2’526 personnes dont au moins 1’622 étaient juifs. Près de 80 réfugiés juifs ont été refoulés après être passés par ce camp, dont 17 ont été déportés.
Ce lieu demeure significatif de la mémoire de cet épisode sombre de notre histoire et revêt une dimension symbolique car il est clairement identifié, ce qui n’est pas le cas des autres sites mentionnés.
Avec la pose de cette plaque commémorative, la Ville de Genève réaffirme son devoir de mémoire envers les victimes des conflits armés. […] »
Plusieurs articles de presse, parus à la même date ou le jour suivant, complètent ce qui précède.
Publié le 27 janvier 2016 par le service international en ligne de la Société suisse de radiodiffusion et télévision (SSR) SWI swissinfo.ch, l’article Plaque commémorant un camp de triage à l’école des Cropettes (GE) contient les informations suivantes :
« Le bâtiment récemment transformé a été utilisé de mars 1943 à mai 1944 comme camp de triage pour les réfugiés passés clandestinement en Suisse, a rappelé mercredi lors de l’inauguration de la plaque Claire Luchetta-Rentchnik, initiatrice du projet et ancienne élève de l’école. L’armée avait réquisitionné d’autres locaux dans le canton – aux Charmilles, à Champel, Varembé, Claparède et La Plaine – qui ont disparu depuis.
"Parmi les centaines de juifs qui y transitèrent, certains, hommes, femmes et enfants, furent refoulés à la frontière. Une partie d’entre eux furent ensuite arrêtés, déportés puis assassinés dans les camps de la mort", indique la plaque. Sur les 2526 personnes qui sont passées par ce centre, au moins 1622 étaient juifs. Plus de 50 d’entre eux sont morts déportés, selon Mme Luchetta-Rentchnik. »
L’article Quand des écoles servaient de camps pour trier les réfugiés publié le 28 janvier 2016 sur le site de la Tribune de Genève nous apprend quant à lui ce qui suit :
« Genève, zone de transit
A Genève, la politique d'accueil des réfugiés n'a cessé de fluctuer pendant la guerre. Elle n'était pas du ressort des autorités cantonales, explique Pierre Flückiger, archiviste d'Etat. "Le Département fédéral de justice et police fixait les règles d'accueil et l'armée se chargeait de les faire appliquer. Qui étaient ces réfugiés ? "Des juifs, des Français qui fuyaient la domination allemande et le STO (ndlr : Service du travail obligatoire, créé pour réquisitionner de force de la main-d'œuvre pour les Allemands), des résistants, des déserteurs." Lorsqu'un réfugié était arrêté à la frontière, il subissait un interrogatoire et était envoyé dans un centre d'accueil aux Charmilles, à Varembé ou encore au Bout-du-Monde. Les réfugiés refoulés étaient ramenés à la frontière. "Les autres partaient dans un camp de quarantaine, avant d'être mutés hors de Genève dans des camps de travail, chez des agriculteurs ou dans un hébergement privé s'ils en avaient les moyens, tout en restant surveillés. Le canton était une zone de transit et la Confédération refusait que les réfugiés accueillis restent près des frontières."
Qui pouvait espérer obtenir l'asile ? "Les enfants, les familles avec enfants de moins de 16 ans, les seniors, les réfugiés politiques, ceux qui avaient des parents en Suisse, les militaires, entre autres. Mais les règles évoluaient sans cesse, selon ce qui se passait à l'extérieur de la Suisse et selon les réactions à l'intérieur du pays."
L'arbitraire qui dirigeait
Un premier durcissement de la politique d'accueil intervient en décembre 1940 : la Confédération ordonne la fermeture partielle de ses frontières. Durant l'été 1942, les rafles de juifs s'enchaînent en France, Berne craint alors un afflux massif de réfugiés. Ses directives précisent qu'il faudra dorénavant "refouler plus souvent les réfugiés, même s'il peut en résulter pour eux des inconvénients sérieux, de type mise en péril de la vie ou de l'intégrité corporelle…". Quelques jours plus tard, la frontière est fermée, Berne explique que "la barque est pleine". Mais sur le terrain, les directives ne sont pas forcément appliquées à la lettre, comme l'explique Pierre Flückiger : "C'était souvent l'arbitraire qui dirigeait. On constate des appréciations au cas par cas selon si le réfugié peut subvenir à ses besoins, s'il a des proches en Suisse. Certains ont été accueillis alors qu'ils n'auraient pas dû l'être et vice versa." Ce n'est qu'après le débarquement de Normandie que Berne décrète que ceux dont la vie est menacée seront accueillis. Les persécutions raciales justifient enfin l'asile.
Entre 1942 et 1945, près de 86% des réfugiés civils étrangers arrêtés à la frontière franco-genevoise ont été accueillis, selon un rapport de chercheurs genevois paru en 2000. 14% ont été rejetés, avec des destins souvent tragiques. […] »
Publié le 28 janvier 2016 sur le site du quotidien Le Dauphiné Libéré, l’article Ces juifs que Genève a renvoyés vers les camps de la mort ajoute ce qui suit :
« À l’échelle de Genève, qui a vu passer 42% des juifs qui ont fui vers la Suisse grâce à ses 100 kilomètres de frontières avec l’Hexagone (contre à peine 5 avec le reste de la Confédération), 850 réfugiés ont été reconduits vers la France occupée, dont 117 "qui ont été déportés, fusillés ou portés disparus" aussitôt après. Ce n’était pas une politique d’État puisque 25 000 autres réfugiés ont été accueillis dans la Confédération helvétique qui avait fermé ses frontières, mais acceptait dans la plupart des cas ceux qui l’avaient franchie.
"Il y avait trois Suisses à l’époque. L’officielle qui était fermée, l’officieuse qui était bien plus ouverte. Et puis une Suisse ultra, qui comprenait une partie des gardes-frontières et de l’armée, ouvertement antisémites" rappelait Claire Luchetta-Rentchnik, initiatrice du projet concrétisé par la Ville hier. C’est cette Suisse "ultra" qui gérait les Cropettes. "Les conditions étaient très dures. Les réfugiés dormaient sur des châlits en bois avec un peu de paille. Tous leurs biens étaient confisqués et ils n’avaient pas de contact avec l’extérieur." […] »
Le site des Archives d’Etat de Genève (AEG) contient une page sur les Réfugiés 1939-1945 qui propose des informations pour approfondir le sujet. Vous y trouverez le rapport Les réfugiés civils et la frontière genevoise durant la Deuxième Guerre mondiale. Fichiers et archives de Pierre Flückiger et Gérard Bagnoud ou encore le document Fonds conservés aux Archives d’Etat de Genève : limites et complémentarités de Pierre Flückiger, accompagnant probablement un débat à l’occasion de l’exposition Résistance à nos portes aux AEG qui se trouve sur la page de l’événement Les réfugiés aux portes de Genève.
Pour aller plus loin, nous vous recommandons la lecture des documents suivants :
- Nouvel éclairage sur la fuite des juifs en Suisse, article publié en mars 2018 dans le magazine scientifique de l’Université de Genève (UNIGE) Campus
- La fuite en Suisse : migrations, stratégies, fuite, accueil, refoulement et destin des réfugiés juifs venus de France durant la Seconde Guerre mondiale, thèse de doctorat de Ruth Fivaz-Silbermann de 2017
- Réfugiés à Genève, un article publié en 2022 sur le blog du Musée national suisse, qui rapporte deux témoignages de réfugiées
- La Suisse et les réfugiés à l’époque du national-socialisme, rapport de la Commission Indépendante d’Experts Suisse – Seconde Guerre Mondiale, également connue sous le nom de Commission Bergier, première publication datée de 1999.
- Deuxième Guerre mondiale : Aide aux réfugiés sur le site de la Fédération suisse des communautés israélites FSCI, qui fait état des œuvres d’entraide organisées par les communautés juives de Suisse avant et lors de la Deuxième Guerre mondiale.
Nous espérons que ces éléments vous aideront dans votre recherche. N'hésitez pas à nous recontacter pour tout complément d'information ou toute autre question.
Cordialement,
Les Bibliothèques municipales de la Ville de Genève
Pour www.interroge.ch
