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Interroge a répondu à la question "Pourquoi les gens sont-ils méchants ?"
La réponse a été mise à jour le 3 mars 2023.
Bonjour,
Nous vous remercions d'avoir fait appel au service Interroge, voici le résultat de nos recherches :
Michel Fize, dans son essai Mais qu’est-ce qui passe par la tête des méchants ? explique dans son introduction que « Deux grandes philosophies se disputent sur ce sujet. Suivant la première, que l’on pourrait nommer "philosophie de la bonté", l’homme n’est pas naturellement méchant, c’est la société qui l’entraîne à se mal comporter. Platon et Rousseau incarnent évidemment cette philosophie. […] Selon la seconde philosophie, que l’on pourrait qualifier de "philosophie pessimiste", l’homme est méchant, et même foncièrement. Hobbes et Nietzsche représentent ce courant de pensée. »
L'auteur ajoute que « C’est peut-être, après tout, parce que l’homme, à la différence de l’animal, est doué de raison et de liberté qu’il peut vouloir le mal de son prochain. Avec sa liberté […] l’homme peut faire, ou s’abstenir de faire, n’importe quoi. Il peut donc faire le mal comme ne pas le faire. Il peut aussi se faire du mal à lui-même. »
Le chapitre 3 de cet essai, traite des origines de la méchanceté. Michel Fize se pose la question de savoir si la méchanceté est « naturelle » et répond que « nous pouvons dire qu’il n’existe pas actuellement de données scientifiques suffisantes pour valider la thèse d’une méchanceté constitutionnelle. »
« La méchanceté est-elle alors l’expression d’une pulsion particulière ? » se demande-t-il. Pour Freud, « l’homme vit toute frustration comme une menace et qu’il va s’efforcer, pour s’en défendre, de libérer ses pulsions agressives, contre autrui généralement. Cela lui permet effectivement, tout en conjurant sa propre angoisse, de se prémunir d’une tension à venir qui serait encore plus grande et dont l’intensité lui serait proprement insupportable. » Avant d’ajouter que « C’est tout un environnement qui favorise la méchanceté, telles des maltraitances familiales, ou des mauvaises fréquentations. Ce sont aussi certains événements douloureux, comme la mort d’un proche que l’on ne parvient pas à surmonter. »
Enfin, Michel Fize, dans le chapitre 6 « A quoi sert la méchanceté ? », écrit que « la méchanceté […] procure d’abord un soulagement au méchant : elle le libère de ses frustrations, le délivre du mal qu’il dit subir. Elle lui permet de "se défouler", d’évacuer des peurs : de l’inconnu, de l’avenir. En s’en prenant à l’autre, le méchant élimine sa propre détresse. »
Ces concepts sont également cités dans l’article La méchanceté, mode d’emploi paru le 11 novembre 2012 sur le site du Journal du dimanche.
On y retrouve Michel Fize, ainsi que d’autres scientifiques dont le psychiatre Jean-Albert Meynard, auteur de l’ouvrage Le complexe de Barbe-Bleue : psychologie de la méchanceté et de la haine pour qui, « la méchanceté est instinctuelle, elle n’est donc pas contrôlable par la volonté. Il l’explique par le fonctionnement du cerveau : "Nous avons trois cerveaux : le cerveau reptilien, celui de l’instinct, là où va se jouer la méchanceté. Le cerveau limbique, celui de l’émotion, et le cerveau néocortical, celui de la raison qui réprime nos instincts. Entrent également en ligne de compte des hormones comme l’ocytocine, qui vont satisfaire à la répression des instincts, hormones dont le degré de développement dépend par exemple des caresses que l’on va recevoir. Si je vis dans un monde qui ne me caresse pas, j’aurai plus tendance à exprimer ma méchanceté parce que je serai en manque de neuromédiateurs." »
Ce médecin « affirme "qu’il y a des gens constitutionnellement méchants, parce qu’ils manquent de médiateurs cérébraux comme l’ocytocine. Ce sont des impulsifs nés" » et il ajoute que « "La satisfaction des instincts apporte un degré de plaisir archaïque qui, dans un deuxième temps, apporte soit de la jouissance soit de la culpabilisation. En clair, si cela choque l’organisation éthique et morale dirigée par mon néocortex, je vais culpabiliser, si je ne suis pas très corticalisé, je vais éprouver de la jouissance à faire mal." »
Dans La psychologie du bien et du mal de Laurent Bègue, vous découvrirez enfin à travers de nombreux exemples, un panorama de la nature humaine. Nous attirons votre attention sur le passage suivant en page 18 :
« L'une des idées centrales [...] est que notre propre personne nous amène à faire preuve d'optimisme excessif quant à nos qualités personnelles et à nous penser très souvent supérieurs aux autres. Une autre idée importante sera que dans certaines circonstances, notre compas moral peut être brouillé et qu'ainsi nos normes morales perdent partiellement leur capacité à influencer notre comportement. »
L'auteur développe sur environ 300 pages les diverses circonstances atténuantes pour « expliquer » certains comportements humains, en terme de méchanceté.
Pour compléter ces lectures, ou pour commencer à réfléchir directement à la question depuis chez vous, l'émission Specimen de la Radio télévision suisse (RTS) a traité de cette thématique en mai 2013 dans un sujet intitulé Ce qui nous rend méchant.
Nous espérons que ces éléments vous aideront dans votre recherche. N'hésitez pas à nous recontacter pour tout complément d'information ou toute autre question.
Cordialement,
Service de référence en ligne des bibliothèques de la Ville de Genève
